mercredi 13 mars 2019

Interlude

Jeune femme lisant l'Appel du nihil de Martial Pollosson

Sous le soleil de Satan


Certains ont pu dire, en prenant la Grèce à témoin, que le royaume du visible et de la lumière était celui de la mesure et de l'ordre. Mais on peut être atrocement constipé sous un ciel serein et un soleil de plomb! Où est l'ordre, alors? Où, la mesure?

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Socrate est un homme


Le syllogisme ulcérant de ma propre mortalité me donne la nostalgie d'une indicible rémoulade : je suis un dinosaure cum grano salis.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Gros dada


1er mars. — Pollion affirme que les juments celtiques étaient fort renommées ; elles accompagnaient leurs maîtres, ainsi que les bœufs et les moutons, dans l'invasion des contrées où les Gaulois allaient au loin porter la guerre.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant les Exercices de lypémanie de Marcel Banquine

L'étrange fascination du Rien


Le pachynihil irrite en nous une attente sans nom. La fascination du Rien nous persuade, pour lui appartenir, de quitter jusqu'au souci de notre vie. Elle nous dépouille par la seule promesse de nous combler ; et si, pour commencer, nous avons pu rêver de dompter le néant, les rôles ont tôt fait de s'inverser : nous voici passifs et paralysés, ayant renoncé à notre volonté propre pour nous laisser habiter par l'impérieux appel du taupicide — et de l'absence.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

mardi 12 mars 2019

Tétrodon


Le tétrodon du Nil, qui augmente de volume à volonté, est aussi appelé coffre.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer; Dégoût)

Mort du cruel Dèce


28 février. — En juin 251, Dèce, le cruel Dèce, meurt percé de traits et enfoncé dans les boues d'un marais, en compagnie de son fils aîné Herennius Etruscus.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeunes femmes cherchant la Nostalgie de l'infundibuliforme de Robert Férillet

Ivresse du born again


Chez le constipé qui, grâce au jus de pruneau, a enfin brisé ses chaînes, l'acte défécatoire ne s'épuise pas sur place : il comporte un élan persévérant, une reprise obstinée, comme s'il était animé par l'espoir d'accroître sa découverte ou de reconquérir ce qui est en train de lui échapper.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Grouillement insectoïde


Sur le sol où grouille l'arthropode, dans la poussière antique des momies, la hideur le dispute à la férocité. Qui de l'yponomeute ou du puceron lanigère, du bostryche qui vit dans le bois mort ou de l'anodin criocère à la carapace bariolée l'emporte en infamie ?

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Virgilomancie


26 février. — Au dire de Spartien, l'empereur Hadrien augurait quelquefois de l'avenir par le premier vers qu'il rencontrait à l'ouverture des poésies de Virgile.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

lundi 11 mars 2019

Interlude

Jeune fille lisant Prière d'incinérer. Dégoût de Luc Pulflop

Puissance oppressive du fécal


Dans son Journal d'un cénobite mondain, Gragerfis, parlant de l'excrément, dit que la figure hostile du « Suisse » est peut-être née de l'interprétation que nous faisons de nos états d'impuissance. Mais il évoque aussi une autre hypothèse : la figure du « cas », dit-il, pourrait être formée par notre désir pervers de nous livrer à plus fort que nous, de nous remettre à une force étrangère, fût-elle maléfique, et de précipiter notre perte en laissant advenir le pire.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Péripate


Petit animal mou des forêts vierges d'Asie, aux mœurs nocturnes, qui capture ses proies en les engluant, intéressant par son aspect intermédiaire entre une annélide et un arthropode, le péripate ressent un plaisir suspect à manipuler, à toucher, à sentir les produits excrémenteux. Les péripates forment une classe, heureusement très peu nombreuse.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Aux frontières du possible


24 février. — Polybe raconte encore qu'il naît dans les Alpes un animal d'une forme singulière ; il ressemble à un cerf, si ce n'est que par le cou et le poil il tient du sanglier. Il porte sous le menton une caroncule de la forme d'un cône, velue à son extrémité, longue à peu près d'un empan et aussi grosse que la queue d'un cheval.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant l'Océanographie du Rien de Raymond Doppelchor

Contribution au Grand Œuvre


Le suicidé philosophique dévoue toute sa ferveur à constituer quelque communion avec le Rien. Il ne dépend pas de sa volonté ni même de son talent de conférer à son œuvre la grâce ultime d'un style ; ce n'est pas là l'affaire d'une ardeur isolée, mais le fruit d'une obstination unanime. Cependant, eût-il entrepris sans espérer, qu'il n'aurait pas perdu sa peine. Il a travaillé pour sa part à rapprocher tant soit peu l'imprévisible accomplissement de la merveille : l'extinction du « monstre bipède ».

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

dimanche 10 mars 2019

C'est cela, oui


Vivre dans l'intimité roborative du chaos.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Page de journal


23 février. — Hercule furieux est une imitation d'Euripide. On la croit de Sénèque le Rhéteur.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant les Pensées rancies et cramoisies de J. Zimmerschmühl

Voile de Poppée


Le pouvoir du Rien, si nous tentons de le décrire, nous ramène au pouvoir que détiennent, de façon assez inégale, certains objets réels (presse-purée, chambre à air de vélocipède, griffe de zingueur, etc.): ils désignent, derrière eux, un espace magique ; ils sont l'indice de quelque chose qu'ils ne sont pas. Apparaît ainsi, en vertu de l'interdiction opposée par l'obstacle, toute une profondeur essentielle, celle du pachynihil. Le regard est entraîné par le vide vertigineux qui se forme dans l'objet fascinant : un infini se creuse, dévorant l'objet réel par lequel il s'est rendu sensible et pour finir l'opérateur lui-même.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Carcinome syntagmatique


Végétation fongueuse des mots ! La pâleur rosâtre, maladive et obscène du langage désespère le népenthès et jusqu'aux orchidées obscènes d'un des Esseintes.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Un goinfre


25 février. — « Albin, qui disputa l'empire à Sévère, avait la voracité des fruits. Dans une matinée, il avalait cinq cents figues sèches, cent pêches de Campanie, dix melons d'Ostie, vingt livres de raisin, cent bec-figues et quatre cents huîtres. ». (Louis Nicolardot, Histoire de la table : curiosités gastronomiques de tous les temps et de tous les pays, Paris, Dentu, 1868)

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

samedi 9 mars 2019

Interlude

Jeune fille lisant Georges Sim et le Dasein de Maurice Cucq

Vain bavardage


Lorsque l'évêque Alexandre et le prêtre Arius commencèrent à disputer sur la manière dont la réalité empirique pouvait être vue comme une trompeuse émanation du pachynihil, l'empereur Constantin leur écrivit ces paroles rapportées par Eusèbe et par Socrate 1 : Vous êtes de grands fous de disputer sur des choses que vous ne pouvez entendre.

1. Eusèbe de Nicomédie et Socrate le Scolastique.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Vivre et penser comme un boa


Reptations autour du vocable.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Clausule didactylique


27 février. — Il semble que Théodore le Syncelle emploie avec prédilection la clausule didactylique qu'on retrouve souvent encore dans les œuvres de Théophylacte Simocatès et de Jean l'Aumônier.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant le Monocle du colonel Sponsz de Hermann von Trobben