samedi 17 décembre 2022

Contre Proust

 

Les fastidieux développements proustiens sur le « temps perdu » et le « temps retrouvé » ont tout des divagations d'un maniaque. Cette madeleine ! Ce dallage inégal ! Qui peut croire à de telles billevesées ? Et puis, toute cette histoire traîne en longueur. L'intrigue aurait gagné à être resserrée. Deux mille quatre cents pages ! Sommes-nous des bêtes pour être traités ainsi ? Si vous nous piquez, est-ce que nous ne saignons pas ? Si vous nous chatouillez, est-ce que nous ne rions pas ? Allons !

(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

Exagération salomonienne

 

Dans le Livre de la Sagesse, Salomon dit du pachynihil que « ceux qui sont ses amis goûtent de pures délices » (VIII, 18). Mais n'y a-t-il pas là quelque exagération ?

(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

Capitons

 

Il n'y a pas que les calcéolaires et la pensée de l'homicide de soi-même qui constituent des capitons de la vie. Il y a aussi certains vocables, au premier rang desquels strapontin.

(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

Activités propitiatoires

 

C'est souvent « en s'occupant de numismatique » que venaient à Rozanov les pensées les plus bizarres (sur la causa formalis d'Aristote, le positivisme comtien, les hésitations d'Abraham, les « demi-talents » de Marie Bashkirtseff, et cætera). Pour le nihilique, c'est un peu différent. La pensée d'ingurgiter du taupicide ou de se pendre avec ses bretelles lui vient ordinairement « en allant chercher les journaux le matin ».

(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)