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vendredi 16 janvier 2026

Né trop tard

 

Être reconnu comme « le chantre de l'absence douloureuse », cela aurait flatté notre ego, mais pas de chance, c'était déjà pris (par Georges Perec).
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

mardi 6 janvier 2026

Où es-tu, Li Po ?

 

Chaque fois que Georges Perec lui rendait visite, le poëte Li Po se cachait dans un placard, sous un lit ou derrière un paravent. Il était allergique aux tautogrammes et aux palindromes.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

samedi 23 août 2025

Perec se souvient des pétaux

 

« Je me souviens, en sciences naturelles, avoir étudié les pétaux et les sépaux. Il y avait aussi les étamines et le pistil. » (Georges Perec, Je me souviens)
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

dimanche 10 août 2025

Palindrome

 

Et Georges Perec colporte trop l'occulte. Cette phrase est le plus long palindrome de la langue française.
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

lundi 28 juillet 2025

Un obsédant tam o' shanta

 

Ce tam o' shanta dont parle Perec... Porté par un marin en chandail jaune vif... Il nous aura poursuivi. Peut-être pas à mobylette, mais il nous aura poursuivi.
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

mardi 8 juillet 2025

La Patate fait chou blanc

 

La tentative que fit Georges Perec dit la Patate d'épuiser un lieu parisien était vouée à l'échec. On n'épuise pas un lieu parisien avec des palindromes, des lipogrammes et des bicarrés latins orthogonaux d'ordre dix. Et cette barbiche ! Seigneur, ayez pitié de nous !
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

jeudi 10 avril 2025

Tentative de calembour (d'un lieu parisien)

 

Quelqu'un qui n'a dans sa bibliothèque ni Les Histoires extraordinaires, ni Eureka, ni Les Aventures d'Arthur Gordon Pym, parlez d'un manque de Poe !
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

samedi 8 février 2025

Quel petit vélo à guidon chromé ?

 

Edmond Husserl ressemblait un peu au capitaine Chester. Alors quand il le croisait dans un couloir de l'Université de Fribourg, Heidegger se mettait en position de haka — cette danse rituelle pratiquée par les Maoris — et beuglait : « Fidji ! Fidji ! Fidji !... Bouldou ! Bouldou ! Bouldou !... Aya ! Aya ! Ayayaaaa !... » Le phénoménologue en restait chaque fois « comme deux ronds de frite ». Il essayait d'en extraire un schéma abstrait, une idée pure, une essence, mais rien à faire. La seule conclusion qu'il pût en tirer était que Heidegger avait « un petit vélo ».
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

jeudi 16 janvier 2025

Pipettisme aggravé

 

Georges Perec se souviendrait de Lee Harvey Oswald et de son fusil Mannlicher-Carcano s'il s'intéressait un tant soit peu à l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Il se souviendrait de l'officier J.D. Tippit et du teckel de Jack Ruby, mais pensez-vous... Il n'en tient que pour Puig-Aubert dit Pipette !
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

dimanche 12 janvier 2025

Mémoire sélective de Perec

 

Georges Perec se souvient de Puig-Aubert dit Pipette, mais bizarrement, il ne se souvient pas du gardien de but Dino Zoff dont le nom évoque pourtant celui d'un grand saurien du Mésozoïque. Il a la mémoire sélective, à ce qu'il paraît.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

lundi 30 décembre 2024

Hypermnésie

 

L'écrivain Georges Perec dit La Patate avait le don de se souvenir que Michel Butor était né à Mons-en-Barœul. Quand l'occasion se présentait, il faisait usage de ce don pour divertir ses amis.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

mercredi 25 décembre 2024

Décanat de Magris

 

Le décanat est la dignité ou la fonction de doyen. Si l'écrivain Claudio Magris avait été doyen, on aurait pu parler du décanat de Magris, mais il ne l'a pas été, pour autant que nous sachions.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

samedi 15 juin 2024

Allergie à l'oulipisme

 

Quelqu'un qui n'aime ni soi-même ni les autres, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il aime non plus les petits jeux littéraires d'un Georges Perec. Au contraire, ces singeries oulipiennes le courroucent au suprême. Les enchevêtrements de contraintes ordonnées selon un bicarré latin orthogonal d'ordre dix, ça lui donne envie de cogner.
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

mercredi 14 septembre 2022

Asthénie benthique

 

Est-ce parce qu'ils ont lu certain livre de Georges Perec ? Toujours est-il que les pleuronectiformes (plies, soles, flets, flétans, cardeaux, limandes, turbots, carlottins, barbues, cardines) cessent très jeunes de nager et se couchent sur le fond marin. La face tournée vers le fond se décolore, l'œil qu'elle portait émigre sur la face supérieure, qui se pigmente, le « poiscaille » se laisse envahir par la torpeur et fait l'expérience de l'indifférence absolue.

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)

jeudi 8 septembre 2022

Meurtre phantasmé de Perec

 

Parfois, pas très souvent, le nihilique rêve de noyer l'écrivain Georges Perec dans une bassine de matière plastique rose. Son côté hircin l'a toujours irrité (la petite barbiche). Et il fait un peu trop « monsieur le malin ». Oui, enfin... ça ou autre chose...

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)

samedi 23 mars 2019

Musset dépassé


Énervé par l'idéalisme fichtéen, démoralisé par la lecture de Georges Perec, glacé par le doute, l'homme du nihil en arrive à envier la froideur et l'impassibilité du cadavre. C'est aller plus loin encore que Musset dans le désabusement : il n'était pas descendu jusqu'à ces fatales profondeurs, le chantre malheureux de Rolla !

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

vendredi 7 septembre 2018

Enfance et jeunesse du suicidé philosophique


« Dès l'âge de dix à onze ans, il s'adonna avec passion à la lecture des romans de Georges Perec, qui ne tardèrent pas à accroître cette susceptibilité nerveuse qui s'était annoncée dès sa première enfance. À douze ans, il avait déjà conçu une forte haine de l'haeccéité, et une inclination non moins forte pour le Rien. À treize ans, cette inclination, que le temps n'avait fait que fortifier, fut enfin contrariée par ses parents. Dès lors, taciturnité, morosité, fuite de la société, recherche de la solitude, goût plus passionné encore pour les romans de Georges Perec, et pour finir, recherche fébrile d'un puits busé, d'une corde de violoncelle, d'un flacon de taupicide, d'une falaise du haut de laquelle se jeter, ou d'un petit pan de mur jaune sur quoi se fracasser. »

(Robert Férillet, Nostalgie de l'infundibuliforme)

lundi 27 août 2018

Une créature des ténèbres


Si Rastapopoulos est un médiocrement convaincant « génie du Mal », il n'en va pas de même du diabolique docteur Müller. Assisté de ses deux complices, l'exubérant Wronzoff à la barbe interminable et le chauffeur Ivan, ce presque sosie de Vladimir Oulianov s'applique à  démontrer que « rien de ce qui est inhumain ne lui est étranger ». Avec un sadisme consommé, il enferme ses ennemis dans l'asile d'aliénés qu'il dirige, pour leur fait subir le terrifiant « traitement B » qui les laisse à l'état de légume.

Avec le docteur Müller, Hergé a créé l'une des figures les plus inquiétantes et antipathiques de la littérature universelle, qui surpasse dans la frénésie maléfique le Dimanche de Chesterton, l'Andrew Lumley de John Buchan, et le Percival Bartlebooth de Georges Perec.

(Hermann von Trobben, Le Monocle du colonel Sponsz)

dimanche 22 juillet 2018

Je me souviens


Dans son Journal d'un cénobite mondain, Gragerfis dépeint en ces termes la douloureuse vie du romancier Georges Perec : « À l'adolescence, ses jambes se brisent dans une chute de cheval et, les os ne cicatrisant pas, elles cessent de grandir. Seuls son tronc, ses cheveux et sa barbiche poursuivent leur croissance, de sorte qu'il reste nain et son corps atrophié. À plusieurs reprises, victime de la faiblesse de ses "guizots", il échappe de peu à la mort en voulant attraper l'autobus. Persuadé d'avoir été envoûté lors d'un séjour au Mexique, il lutte jour et nuit contre des démons et persécuteurs de toutes sortes. Il passe plusieurs années dans des asiles d'aliénés, où il subit de pénibles électrochocs. Ces atroces expériences le conduisent jusqu'aux "confins de la vie" et lui font écrire : "Dans le monde où je suis, il n'y a ni dessus ni dessous : il y a le Rien qui est horriblement cruel, c'est tout". L'excès de boisson contribue à détruire sa santé, il est frappé de paralysie et meurt à trente-sept ans sans avoir rien créé de mémorable si ce n'est quelques palindromes et, chez ses proches, l'envie d'échapper à ses fatigantes singeries langagières ».

Quelque temps après la parution de son journal, Gragerfis reconnut sa terrible méprise : il avait confondu le « chantre de l'absence douloureuse » avec le philosophe Jean Grenier 1 !

1. Qui ne portait pourtant pas de barbiche !

(Johannes Zimmerschmühl, Pensées rancies et cramoisies)

mardi 10 juillet 2018

Qui croire ?


Karl Löwith, l'ancien banjoïste du groupe Swinging Dasein qui avait mal digéré la dissolution du jazz band par Heidegger, rapportera qu'en 1933, ce dernier ne faisait pas mystère de sa foi en Hitler. Cependant, Heidegger affirmera après la guerre « qu'il a interdit les affiches antisémites ainsi que les manifestations visant les professeurs juifs », et a prévenu en outre les étudiants que le Dasein « ne peut se comprendre qu'à travers tel ou tel projet de soi et est tenu, en quelque sorte, de répondre à la célèbre alternative de Kierkegaard Ou bien... ou bien, c'est-à-dire de renoncer à l'une des options qui se présentent, ajoutant ainsi une négativité supplémentaire à celle de l'origine irrécupérable ».

Selon le témoignage du philosophe italien Ernesto Grassi rapporté par Hugo Ott, l'autodafé des livres juifs et marxistes a bien eu lieu à l'université de Fribourg sous le rectorat de Heidegger : « le feu crépitait devant la bibliothèque universitaire » écrit ainsi Grassi. Mais il précise toutefois que, quand les SA ont voulu jeter dans le brasier les livres de Georges Perec, Heidegger s'y est énergiquement opposé et les a traités de « rustauds incapables de percevoir la beauté tragique de l'œuvre du "chantre de l'absence douloureuse" ».


(Jean-René Vif, Scènes de la vie de Heidegger)