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lundi 12 janvier 2026

Coup du baron

 

Faire d'une pierre deux coups, commettre à la fois un suicide et un « suissecide », c'est ce que parvinrent à accomplir Edmond-Henri Crisinel, Francis Giauque, Jean-Pierre Schlunegger et le « héron mélancolique » Roland Jaccard.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

dimanche 27 avril 2025

Enfants du laboureur et homicide de soi-même

 

« Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'oût », conseille le laboureur à ses enfants. Et ces derniers creusent, fouillent et bêchent, comme de parfaits crétins. On lit cette grinçante fable, et le peu de foi qu'on avait en l'être humain s'évapore. On a envie de faire comme le poëte Jean-Pierre Schlunegger : sauter d'un pont et se fracasser sur les rochers de la rivière Veveyse. « La rouille du rasoir, dentelle du suicide, se défait dans la brume errante du matin », avait d'ailleurs écrit le barde de façon prémonitoire.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

lundi 31 octobre 2022

Les oubliés

 

Personne n'a pris la peine d'organiser une marche blanche à la mémoire d'Edmond-Henri Crisinel. Ni à celle de Francis Giauque. Ni à celle de Jean-Pierre Schlunegger. Les poëtes maudits de Suisse romande, tout le monde s'en fout.

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)

vendredi 22 mars 2019

Pas d'entraves pour le génie


Comme l'art poëtique (selon Victor Hugo), l'homicide de soi-même « n'a que faire des lisières, des menottes et des bâillons ». Voilà pourquoi on y voit le triomphe de l'enjambement (Jean-Pierre Schlunegger, du parapet d'un pont) et de la césure libre (Adalbert Stifter, du gosier, à l'aide d'un rasoir, dans la salle de billard).

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

samedi 2 juin 2018

L'obsession de durer


Selon le philosophe Albert Camus, l'homme doit avoir pour unique préoccupation de durer. Et il conseille de prendre exemple sur la carpe, dont la vie séculaire, attestée par Buffon, est effectivement un fait physiologique très remarquable.

Cette argumentation fut toutefois jugée peu convaincante par l'écrivain et poëte vaudois Jean-Pierre Schlunegger dont la poésie, marquée par l'influence de Hölderlin, se caractérise par une oscillation perpétuelle entre la joie et la douleur, entre le bonheur et le malheur. Ce mouvement de balancier s'avérant à la longue trop dur à supporter, le barde, alors âgé de trente-neuf ans, procéda à son propre anéantissement le 23 janvier 1964 à Saint-Légier (canton de Vaud).


(Robert Férillet, Nostalgie de l'infundibuliforme)