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dimanche 30 novembre 2025

Lassitude d'hippopotame

 

Comme Théophile Gautier selon les Goncourt, nous sommes en proie à une « lassitude d'hippopotame ». 
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

vendredi 7 novembre 2025

Un gautiériste


« Alors ? T'es mallarméen, il paraît ?
— Non, je suis gautiériste. Depuis que j'ai lu le Capitaine Fracasse, je ne jure plus que par Gautier. Je trouve que l’écriture gautiériste, tel un mécanisme en marche vers l’épiphanie poétique, tend à rendre l’art immanent à elle-même (à l'écriture gautiériste, c'est-à-dire). Jusqu’à l’effacement des sutures, mon vieux ! Jusqu’à ce que soient à la fois dépassés et effacés les artifices et instruments qui servaient jusqu’alors cette immixtion, jusqu’au point où “la sphère de la littérature renferme la sphère de l’art.”
— Bon diousse.
— Nous nous interrogerons ici sur le rôle de cette nostalgie picturale dans l’écriture : l’art de l’écrivain ne doit-il pas reconnaître une forte dépendance à cette nostalgie ?
— Ah, je ne sais pas, gars. J'avoue que je n'y ai jamais réfléchi. Bon, il faut que j'y aille. Alors ciao, hein ! Arrivederci !
— Ouais, aux fines herbes. » 
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

dimanche 17 août 2025

Mais les vers souverains demeurent

 

De tout l'œuvre d'un poëte, ne restent souvent que quelques vers, ou même quelques mots. Lait noir de l'aube pour Celan, métaplaques métalliques pour Ghérasim Luca... Toute une vie pour quelques mots, est-on tenté de dire. Mais ça valait le coup. Ça valait le coup — sûrement.
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

jeudi 27 février 2025

Et l'avare silence et la massive nuit


On peut dire du réel ce que dit Mallarmé du tombeau de Théophile Gautier, à savoir que c'est « un sépulcre solide ou gît tout ce qui nuit ». Et dans « tout ce qui nuit », il ne faut surtout pas oublier d'inclure les grosses dondons — au premier rang, même.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

jeudi 13 février 2025

Aux chiottes Glenn Gould

 

Glenn Gould ne se débrouillait pas mal au piano. Il tapait la plupart du temps sur les bonnes touches. Mais il est responsable du naufrage de Wertheimer, qu'il a écrasé de sa personnalité au point de le faire ressembler à une mouche sur laquelle se serait assis un éléphant. Ayant perdu tout espoir d'accéder à une carrière de virtuose, Wertheimer a fait comme Phil Ochs, il s'est pendu dans la maison de sa sœur Sonny. Alors Glenn Gould... Non. Aux chiottes, Glenn Gould. Pauvre Wertheimer !...
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

samedi 16 mars 2024

Un original

 

Théophile Gautier disait, il disait comme ça que tout passe ; que l'art robuste seul a l'éternité ; que le buste survit à la cité. C'était un original fieffé.
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

mardi 27 février 2024

Gérard et les mots-valises

 

« Arrivé sur la place de la Concorde, ma pensée était que la mort est un alicament (puisqu'elle nourrit et guérit tout à la fois). Puis me vint l'idée que Théophile Gautier était un rurbain et Pétrus Borel un adulescent. J'étais, il m'est douloureux de l'avouer, à fond dans les mots-valises. » (Gérard de Nerval, Aurélia)
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

jeudi 30 août 2018

Regrets tardifs


Le 26 janvier 1855, Gérard de Nerval qui, d'après ses amis Théophile Gautier et Arsène Houssaye, « en avait soupé de l'haeccéité » se pend aux barreaux d'une grille qui fermait un égout de la rue de la Vieille-Lanterne (voie aujourd'hui disparue, qui était parallèle au quai de Gesvres et aboutissait place du Châtelet).

Au moment du trépas, le poëte fait l'expérience du phénomène appelé dédoublement astral ou sortie du corps, et peut contempler pendant quelques instants son Moi défunt, expérience qu'il décrit ainsi dans son journal demeuré inédit : « Son visage immobile et qui semblait devenu tout petit, ses yeux fermés, ses mains maigres évoquant des serres de gerfaut moderato, toute cette chose si insupportablement funèbre, si inexplicablement douloureuse qu'est un cadavre, même un cadavre de chien ou de rat, oui, tout cela qui allait bientôt se diluer, tout cela fit que j'eus le cœur serré, comme si je venais de perdre, au lieu de mon odieux Moi, quelqu'un de très cher et de très beau... Sans savoir pourquoi, sans chercher à raisonner cette impression soudaine, rien que parce qu'il n'était plus, parce qu'il ne se livrait plus à ses horripilantes singeries, je découvris en lui d'émouvantes vertus et des beautés prodigieuses... Et je pleurai sur lui, je pleurai abondamment... ».


(Léon Glapusz, Mélancolie bourboulienne)

vendredi 20 juillet 2018

Humilité du suicidé philosophique


Comme le Tiburce de Théophile Gautier, le suicidé philosophique ne se croit pas le pivot de la création, et comprend fort bien que la terre puisse tourner sans qu'il s'en mêle. Il « ne s'estime pas beaucoup plus que l'acarus du fromage ou les anguilles du vinaigre ».

(Raymond Doppelchor, Océanographie du Rien)