vendredi 20 février 2026

Timbres

 

Au dramaturge Ionesco, le sévère et le grave suffisaient, mais son ami Cioran ne se sentait à l'aise que dans le sépulcral et le caverneux. Quand Ionesco se contentait du cor et du trombone, il fallait à Cioran la plainte mugissante et voilée du basson.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Kitsch universel

 

Par quelque étrange fatalité, tout ce que nous faisons, tout ce que nous disons se transforme en kitsch, en poncif, devient piteusement ridicule. Schopenhauer et son pendule, Cioran et ses robinets, Thomas Bernhard, l'Homme qui marche de Giacometti, le bateau ivre de Rimbaud : grotesques. Une unique exception : l'astucieux calembour « le maire d'Eu (Seine-Maritime) ».
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Céviennes

 

Considérons un triangle ABC et trois céviennes de ce triangle concourantes en un point P. Dans son ouvrage Voyage avec un cercle pédal dans les céviennes, publié en 1829, le mathématicien Olry Terquem fait une révélation fracassante : le cercle pédal de P, passant par les pieds de ces céviennes, détermine trois autres points sur les côtés du triangle qui sont également les pieds de céviennes concourantes !
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Ouvert rilkien

 

Chez Rilke, l'Ouvert n'est pas un sous-ensemble d'un espace topologique qui ne contient aucun point de sa frontière, mais « l'espace pur dans lequel infiniment fleurissent et se perdent les fleurs ». Quand le poëte proposa sa définition, les mathématiciens furent déconcertés — des fleurs ? dans un espace topologique ? —, mais la princesse von Thurn und Taxis leur offrit des petits gâteaux et tout se passa bien.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)