mercredi 7 janvier 2026

Sans pourquoi

 

Angelus Silesius dit que la rose est sans pourquoi, qu'elle fleurit parce qu'elle fleurit. Mais c'est vrai de tout, quand on y pense, même d'un panaris — si l'on peut parler de fleurir pour un panaris.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

Réduction au silence des négateurs

 

Thomas Bernhard est mort à seulement cinquante-huit ans, Émile Cioran à seulement quatre-vingt-quatre. Non seulement la mort n'épargne pas les négateurs, mais elle semble s'acharner sur eux. Les élimine-t-elle parce qu'ils en savent trop long sur ses combines ? Parce qu'elle a peur qu'ils ne fassent les « poucaves » ?
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

Pterois volitans

 

Il est à regretter que le poisson-scorpion dont parle Nicolas Bouvier ne lui ait pas piqué le fiacre, cela nous aurait débarrassé d'un auteur que sa manie du voyage rend particulièrement horripilant. Ce poisson possède en effet des épines venimeuses dont la piqûre, extrêmement douloureuse, peut dans certains cas provoquer la mort.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

Désordre asiatique

 

Avec ses lunettes rondes, sa coupe au bol et ses pinceaux, le peintre Foujita incarnait parfaitement ce « désordre asiatique du monde réel » dont parle Borges.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)