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lundi 25 mai 2026

Jacques est mon Bergier

 

Quand Louis Pauwels marchait dans la vallée de l'ombre de la mort, il ne craignait aucun mal, car il avait avec lui son ami Jacques Bergier dont la houlette et le bâton le rassuraient et avec qui il pouvait discuter de Bender et de Hörbiger.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Un mystérieux concert

 

Quel peut bien être ce « solitaire tacite concert » dont Mallarmé nous dit qu'il se donne, par la lecture, à l'esprit qui regagne, sur une sonorité moindre, la signification ? Un concert des Martin Circus ? C'est possible. Un complot ? Nous verrons.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Archipel du goulache

 

Parce qu'il avait épousé une Hongroise, Alexandre Soljenitsyne fut condamné à dix ans de goulache et cinq ans de silure au paprika. Son expérience du goulache, qui fut à coup sûr la plus marquante, constitue la matière première de son œuvre.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Wagon Stolypine

 

L'homme parcourt le monde, oui, mais dans un wagon Stolypine.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

dimanche 24 mai 2026

Académiciens en goguette

 

Jean d'Ormesson de lâcher un bon mot et Michel Mohrt de rire. Puis les deux d'aller casser une bonne graine et faire une ribouldingue à tout casser.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Imposture littéraire

 

Le livre dans lequel l'oulipiste Bénabou explique pourquoi il n'a écrit aucun de ses livres serait en fait l'œuvre d'un certain Papavoine.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Mal au fiacre

 

Hanuš de Lipa était un chef militaire de Bohême. Il fut seigneur par intérim de Rataje nad Sázavou avant que l'héritier Jan Ptáček de Pirkstein n'atteigne sa majorité. Dans sa Chronica Boemorum, Johannes Marignola dit qu'il était sujet aux hémorroïdes.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Cinq pour Josèphe

 

Quand Macrobe lui demanda combien de cartes il voulait, Quinte-Curce répondit « aucune », comme on pouvait s'y attendre. Polybe en demanda deux, ayant en main un brelan. Josèphe en réclama cinq car il n'avait, dit-il, « que de la daube ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

samedi 23 mai 2026

Saucisses à la pragoise

 

De novembre 1938 à mars 1939, c'est une demi-tonne de viande de porc que le président tchécoslovaque Emil Hácha. Pas moins.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Vieux motard que Jammes hait

 

Le poëte Francis Jammes poursuivait un motocycliste de sa détestation, un motocycliste assez âgé. C'est Paul-Jean Toulet qui le raconte.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Un gland

 

Maurice Barrès vouait au Moi un véritable culte. Il lui arrivait de rester pendant des heures sous la pluie pour simplement le voir passer. Mais il était trop timide pour l'aborder et se contentait de l'observer de loin avec des jumelles de théâtre. Anna de Noailles en faisait des gorges chaudes et lui disait qu'il était « un gland ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Hanussen préfère les loochs

 

Le mage Hanussen n'était pas fanatique des suppositoires, qu'il accusait de nuire à son dynamisme fluidique.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

vendredi 22 mai 2026

Discours de réception de Roger Caillois à l'Académie française et réponse de René Huyghe

 

Chez nous, à la maison, c'est moi le grand garçon. J'aime toucher à tout. Je m'appelle Caillois. Même si je suis grand, je pleure de temps en temps, mais ça ne dure jamais longtemps. J'ai écrit des livres sur les pierres, sur le mimétisme animal, sur la dissymétrie. J'ai traduit Borges. Je m'appelle Caillois. Caillois c'est moi. Voilà.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Pastis à l'Académie

 

Persuadé — bien à tort — que l'auteur morlaisien l'avait mal regardé, Jean d'Ormesson lui lança « tête de Mohrt » et lui demanda s'il avait un souci.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Écrasement par Borges du Port-Salut de l'existence

 

Quoiqu'il s'en défendît, sa cécité avait rendu Borges amer et il lui arrivait de trop écraser le Port-Salut de l'existence — au grand dam de Victoria Ocampo, de sa sœur Silvina et du peintre Xul Solar. Il faisait des sorties grinçantes telles que : « Cet exercice continuel, impossible à ajourner, qui s'appelle vivre ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Max fait le pet

 

C'est Heisenberg qui l'affirme (et il dit en avoir la quasi certitude) : quand Schrödinger faisait ses expériences avec des chats, son ami Max planquait — au cas où la police aurait été alertée par des voisins choqués du traitement infligé aux félins. Chez Max, c'était comme qui dirait une constante de planquer.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

jeudi 21 mai 2026

Un disciple idéal

 

On appelle pongistes les disciples de Francis Ponge. Comme leur maître, ils prennent le parti des choses. Jacques Secrétin, au sourire si doux, montra une fidélité si parfaite à l'auteur des Proêmes qu'il fut élu « meilleur pongiste français du siècle ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Fuite à mobylette du vocable homard

 

L'ignominie de ce mot-là : homard. Traqué par les Américains à Baghran, il réussit in extremis à s'enfuir à mobylette.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Projet de décret

 

Si nous étions Président de la République, nous prendrions un décret interdisant de dire : premièrement, qu'un homme ça s'empêche ; deuxièmement, qu'il faut que tout change pour que rien ne change ; troisièmement, qu'il ne suffit pas de dire ce l'on voit mais qu'il faut encore voir ce que l'on voit ; quatrièmement, que mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. Sous peine de recevoir un certain nombre de coups de chicote.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Coulage latéral des livres et de la solitude

 

Seuls les solitaires lisent véritablement. Le choix de la solitude s'explique d'ailleurs souvent par le désir de lire tranquille. Mais ça ne sert à rien, c'est un leurre. Car aussi bien les livres que la solitude coulent par les côtés.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)