vendredi 19 juin 2026

Quel remède à l'existentialisme danois

 

À une poule dont les ailes sont pendantes et les plumes hérissées, on donne de l'eau dans laquelle on a fait bouillir des orties-grièches, ou bien de l'orge mêlée d'un peu de coing haché. Mais à un homme tourmenté par le « vertige du possible » et par la « suspension téléologique de l'éthique » ? Que donne-t-on ?
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Chance abusive des ascètes

 

Il est notoire qu'à la suite de longues abstinences, les brachmanes, les disciples de Zoroastre, les anachorètes de la Thébaïde connaissaient des extases où ils voyaient ou entendaient des choses miraculeuses. Ils conversaient avec des anges ; ils participaient aux jouissances célestes dans le monde des invisibles ; ils apercevaient des météores enflammés, des êtres mystérieux, des animaux emblématiques. Ils avaient « trop de la chance » — comme Claudel.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Et on suppliciera tous les affreux

 

Jadis, en France, les parricides étaient condamnés à la question extraordinaire, à avoir le poing droit coupé et à être rompus vifs sur la roue. On brûlait ensuite leur corps et l'on en jetait la cendre au vent. Bien qu'ils ne fussent pas à proprement parler des parricides, nous aimerions faire subir ce supplice aux chanteurs Gilbert Bécaud — pour avoir dit que « la solitude, ça n'existe pas » — et Gérard Lenorman — pour être venu nous chanter la « ballade des gens heureux ». Et tant qu'on y est, aussi au chanteur Claude François pour avoir affirmé que le lundi au soleil, « c'est une chose qu'on n'aura jamais ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Nouvelles expériences sur le vide

 

On place un philosophe dans un récipient qui communique avec une pompe à vide constituée d'un cylindre de cuivre dans lequel glisse un piston. Le récipient est posé sur une platine. Après qu'on a élevé plusieurs fois le piston et fait échapper l'air par un pertuis qu'on a pratiqué à cet effet dans le robinet situé entre le fond de la pompe et la platine, on constate que le philosophe ne produit plus aucun concept. On est soulagé.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)