jeudi 15 juin 2023

Pauvre Leopardi

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la vie n'a pas été tendre avec le poëte Leopardi. Il était bossu, souffreteux, et personne n'en avait rien à foutre de ses poëmes. Souventes fois, il était complètement découragé et il disait qu'il était « mûr pour la mort ». Ce qu'il lui aurait fallu pour supporter tout ça, il n'y a pas de doute, c'est un petit coup de « vermouth des intrépides », mais dans la maison familiale de Recanati, il n'y avait pas plus de Vulcani que de beurre au prose. Le poëte a quand même réussi à tenir jusqu'à trente-huit ans, on se demande comment. Sombre amant de la mort, pauvre Leopardi !
 
(Rémi Tripatala, Pensées de Pascal)

Le recours aux Mahatmas

 

Perclus de solitude, incapable de « trouver le joint » avec ses congénères qui tous croient dur comme fer au « quelque chose » —, le nihilique fait comme Madame Blavatsky : il entretient des communications avec des Mahatmas plus ou moins invisibles.
 
(Rémi Tripatala, Pensées de Pascal)

Une pensée familière

 

Deux ou trois fois par semaine, l'idée de l'homicide de soi-même, sympathique et fraîche comme une barrique de muscadet, surgit dans notre « conscient intérieur ». Au début on est un peu décontenancé, puis on s'y fait, puis on l'attend comme une vieille amie.
 
(Rémi Tripatala, Pensées de Pascal)

Un odoriférant cachot

 

Au dire du Dante, la deuxième bolge de l'enfer se signalait par une odeur excrémement désagréable car les adulateurs et les flatteurs y étaient plongés dans un fleuve de révérence parler merde.
 
(Rémi Tripatala, Pensées de Pascal)