lundi 8 janvier 2024

Bardo Thödol

 

Chez les bouddhistes thibétains, la mort est organisée au quart de poil. Après le « clameçage » proprement dit, la première étape ou premier « bardo » est un profond sommeil qui dure quatre jours ; surgit ensuite une lumière resplendissante qui, éblouissant l'âme, lui fait comprendre qu'elle est morte. Les défunts ont donc seulement quatre jours de « pépère ». Après ça, commence le deuxième « bardo », avec des visites de divinités bienveillantes, puis de divinités malveillantes, mais c'est compliqué à expliquer.
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Démolition impossible (ou presque)

 

Le philosophe Diodore Cronos nie qu'un mur puisse être démoli. En effet, quand les briques sont jointes, le mur est debout, quand elles ne le sont plus, le mur n'existe pas. Il tempère toutefois son affirmation en disant qu'« avec un puissant bulldozer, ça peut marcher, mais il faut mettre la gomme ».
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Bruit inquiétant

 

Quand votre cœur fait « boum », c'est mauvais signe, c'est signe que vous êtes mort ou près de l'être. Parfois, bien sûr, c'est simplement l'amour qui s'éveille, mais le cas est rare voire très rare.
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Mise au pas de la douleur

 

Si vos adjurations restent vaines, si votre douleur refuse d'être sage et de se tenir plus tranquille, menacez-la de lui coller un « bourre-pif » ou de la transférer dans un « centre éducatif fermé », où elle sera encadrée par d'anciens militaires très à cheval sur la discipline.
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)