samedi 18 avril 2026

Pourquoi on écrit chacun de ses livres


Chaque aphorisme est un message que l'on jette à la mer en espérant qu'il arrivera jusque dans les mains du Président de la République et que celui-ci, ému par notre détresse, nous procurera argent, santé, ainsi qu'une femme pourvue de volumineux « biberons Robert » qui nous aimera malgré notre mauvais caractère.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Descente aux enfers

 

Triste destinée que celle de Régine Olsen. Après avoir été « l'écharde dans la chair » du philosophe Kierkegaard, elle devint une « milf » puis une « mature woman » et finalement... fut restituée au néant.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Étranger tu parles

 

Chez Camus, le gars Meursault a l'air un peu trop détaché de tout pour être honnête. Sa comédie est assez au point, mais quand même, on n'est pas né d'hier.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Bove, Bove, Bove

 

Il n'y a pas que l'œuvre de Bove : la nôtre aussi, si nous en avions une et qu'elle eût été oubliée pendant quelques années, resurgirait sûrement « intacte, sans une ride, avec la perfection insolite d'un codicille ». Bove, Bove, il n'y en a que pour Bove.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

vendredi 17 avril 2026

Penseurs

 

Les personnes assez outrecuidantes pour « concevoir des pensées » pourraient au moins avoir la décence de les garder pour elles.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Arrivée du printemps

 

Ça y est. C'est le temps des horribles queues-de-rat et des touchantes véroniques. Oh, bon Dieu !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Origine impure des sonates

 

Tous ces romans, toutes ces sonates, tous ces tableaux de peinture, à quelle fin ont-ils été créés ? À une seule et unique fin : promouvoir le Moi de leur auteur.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Vivants

 

Les énergumènes qui aiment la vie s'exclament chaque matin en s'éveillant : « Ô joie suprême ! Ô bonheur ineffable ! Nous sommes vivants ! » Et en effet ils sont vivants, les monstres.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

jeudi 16 avril 2026

Raccourci

 

« Oublie tes soucis et viens faire la folie ; on t'invite à la magie, y a pas de raccourci », entend-on parfois dire. Mais si ! Il y a un raccourci ! Et ce raccourci s'appelle : l'homicide de soi-même.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

D'intéressants quidams

 

On croise un quidam dans la rue et l'on se demande : « Est-il possible que ce quidam présente de l'intérêt pour quelqu'un ? Manquerait-il à quelqu'un s'il disparaissait ? » La réponse est oui, presque toujours, mais cela ne nous empêchera pas de continuer à nous poser la question.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Oignons de l'insurrection


Interroger le partisan de l'Algérie française Pierre Lagaillarde à propos de bottes d'oignons (pour voir ce qu'il peut en dire en rapport avec les événements).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Ultime soubresaut

 

L'achat d'un plan de Zurich constitue le dernier soubresaut de l'âme fatiguée (de se perdre dans les rues de Zurich).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mercredi 15 avril 2026

Tortillard de l'existence

 

En sortant de l'école, âgés de dix ans à peine, nous rencontrons un grand chemin de fer qui nous emporte, lentement mais sûrement, au pays des « vieux jetons ». Après moult péripéties, nous arrivons à destination, et là, on n'a plus qu'une chose à faire : attendre de clamecer.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Le piège

 

La Nature utilise la femme comme un genre d'appeau de Malaparte. L'homme accourt et c'en en fait de lui.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Gambades nihiliques

 

Dès qu'on l'orientait sur le Rien, la conversation d'Émile Cioran gambadait « tel un veau marin apprivoisé » (au dire du professeur Basile Munteanu).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Pensée calcifiée

 

À force d'élaguer, de décanter, de quintessencier sa pensée, on obtient quelque chose qui ressemble à un os de seiche — un os qui resplendit non dans la cage d'un serin mais dans le silence rutilant du vide.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mardi 14 avril 2026

Phénoménologie de l'esprit

 

Chez Hegel, la raison forme le rationnel comme objet de pensée, contrecarrant incessamment les initiatives de l'infini infundibuliforme. Cela, pensons-nous, doit s'arrêter, et le plus tôt sera le mieux.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

O death

 

Il est déprimant de penser que les « jeunes filles en fleur » de Proust sont toutes, après quelques années, devenues des « milfs ». O death !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Un complot ?


Quel est ce mystérieux « institut d'Angers qui opère sans danger des plus jeunes aux plus âgés on peut presque tout changer excepté ce qu'on ne peut pas » ? Un piège ? C'est possible. Un complot ? Nous verrons.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Démoralisation express

 

On entre dans la vie en fanfare, mais très vite, on est démoralisé par la lecture de Georges Perec.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)