« Quand j'entends le mot vivre, je sors mon revolver ou du poison. » (Luc Pulflop)
mercredi 9 janvier 2019
Points de vue
Les philosophes, de Çankara à Pascal et à Leibniz, ont défini volontiers la réalité comme un ensemble de rêves bien liés. L'homme du nihil, lui, la voit plutôt comme une « tourte » nauséabonde abandonnée au pied d'un mur par un malotru, dans laquelle il doit faire très attention de ne pas poser le pied.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Peisithanatos
Doutant que l'homme puisse atteindre le bonheur, le philosophe Hégésias préconisait, dit-on, le suicide. Cette glorification passionnée de la mort lui aurait même valu, selon Gragerfis, le sobriquet de « celui qui persuade de mourir ».
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Évasion manquée
Excédé par la « réalité empirique » qui le cerne de toute part, l'homme du nihil ferme les yeux, scrute l'obscurité et y suscite une image simple : celle d'un papillon Apollo sur un chardon de montagne. À Gèdre, dans les Pyrénées, il en a observé souvent. Il s'applique à voir leur corps lourd, annelé et velu, la trompe à demi déroulée, le dessin des ailes blanches, presque diaphanes, la disposition des taches noires et des lunules rouges, la tige de la plante agitée par le vent, les efforts de l'insecte pour ne pas s'envoler, les mouvements réprimés de ses ailes. Mais pendant qu'il s'obstine dans cette évocation, un garçon de café s'approche et lui demande d'une voix bourrue : « Vous prendrez autre chose ? » Il rouvre les yeux, et de nouveau c'est le magma fangeux du réel, le fibrociment nauséeux de l'étant, le mufle répulsif du « monstre bipède »...
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Puceron
Puceron est le terme sous lequel on désigne les insectes hémiptères qui vivent sur les plantes dont ils pompent les sucs et dont le type est le puceron du rosier. Les pucerons causent parfois de sérieux dégâts aux plantations sur lesquelles ils s'abattent, comme le phylloxéra par exemple. Pour détruire les pucerons des rosiers, on emploie la fumée du soufre, du tabac, ou des jus de tabac.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
mardi 8 janvier 2019
Calcination du réel perçu
« Dans l'Idaho (Nord-Ouest des États-Unis), un cycliste amateur pris d'un besoin pressant a causé un important incendie en mettant le feu au papier toilette qu'il avait utilisé pour se torcher le "fondement de l'historialité du Dasein". Plusieurs centaines d'hectares de réalité empirique ont ainsi été détruits par les flammes. » (La Libre Belgique, 26 juillet 2015)
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Forcipressure
Il est admissible de se représenter la forcipressure sous la forme non-risible d'une pince à deux branches servant à comprimer un conduit, une cavité ou des tissus qui saignent.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Concept abstrait
Moins heureux que Descartes qui, de son doute, tirait du moins la certitude de son existence, l'homme du nihil ne peut tirer du sien une preuve suffisante qu'il n'est pas un pur et simple « concept abstrait » et qu'il ne va pas, dans un instant, être dissous par un disciple de Hegel en proie au « moment dialectique ».
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
lundi 7 janvier 2019
Apparence trompeuse
Comme l'a bien vu Gragerfis, Zénon ne voulait pas prouver que le mouvement n'existe pas. Il entendait démontrer qu'il est inintelligible, que l'esprit ne saurait l'accepter autrement que comme une apparence menteuse. Mais ne peut-on en dire autant de la « réalité empirique » en général — et de l'« autrui » du philosophe Levinas en particulier ?
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Radotage sénile
« blablabla... haeccéité... blablabla... homme du nihil... blablabla... homicide de soi-même... blablabla... selon Gragerfis... blablabla... matière fécale... blablabla... production de concept... blablabla...
— Il faut être bien sage, Monsieur Férillet. Ça va être l'heure de dormir. Vous avez pris vos comprimés ?
— Je ne m'en mêle plus. »
(Robert Férillet, Voyage autour de Montcuq (Lot))
dimanche 6 janvier 2019
Antihumain
Si le vocable reginglette attire tant le nihilique, ce n'est pas tellement parce qu'il est plaisant à prononcer : c'est surtout parce qu'il est situé aux antipodes de la pensée et de la vie ; en particulier à l'opposé de l'homme et des creuses vicissitudes de son agitation.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Moutarde noire
Espèce de cruciféracée antiscorbutique, la brassica nigra (moutarde noire) est, comme l'idée du Rien, un bon stimulant de la nutrition.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Archives muettes
Dédaigneux des annales, le sage contemple en silence les excréments qu'il a semés derrière soi au cours de son périple dans le « désert de Gobi de l'existence », archives muettes où aucun mot ne relate aucun événement.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
samedi 5 janvier 2019
Viduité du vocable
Par cette péripétie triviale qu'est l'acte de déféquer, la révélation soudaine de la condition de tout ce qui vit, condition à la fois tragique, inévitable, inexprimable, déchire le rideau emphatique qui cachait au Dasein une réalité sans issue. Elle lui rend manifeste l'inanité de tout commentaire et de toute rhétorique. Même la pitié ne survit pas à l'implacable lucidité que fait naître la vision d'un « cigare japonais » expulsé dans l'Ouvert.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Dérive sectaire
« Parurent des religions vénérant l'adjectif pultacé au nom d'un apaisement éternel dans le Rien. »
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Romance sans paroles
Les émotions qui gagnent le nihilique à la vue d'un flacon de taupicide ne sont pas comme les tourbillons de mots qui naguère le précipitaient dans l'insaisissable, elles l'introduisent au sein d'une simplicité profonde. La majesté du taupicide ne saurait lui faire oublier l'inutilité essentielle des choses. L'effusion qu'il éprouve ne présente aucun caractère positif, elle n'est qu'une heureuse acceptation du néant, et que la résignation morose qui la suit.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
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