dimanche 24 mai 2026

Académiciens en goguette

 

Jean d'Ormesson de lâcher un bon mot et Michel Mohrt de rire. Puis les deux d'aller casser une bonne graine et faire une ribouldingue à tout casser.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Imposture littéraire

 

Le livre dans lequel l'oulipiste Bénabou explique pourquoi il n'a écrit aucun de ses livres serait en fait l'œuvre d'un certain Papavoine.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Mal au fiacre

 

Hanuš de Lipa était un chef militaire de Bohême. Il fut seigneur par intérim de Rataje nad Sázavou avant que l'héritier Jan Ptáček de Pirkstein n'atteigne sa majorité. Dans sa Chronica Boemorum, Johannes Marignola dit qu'il était sujet aux hémorroïdes.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Cinq pour Josèphe

 

Quand Macrobe lui demanda combien de cartes il voulait, Quinte-Curce répondit « aucune », comme on pouvait s'y attendre. Polybe en demanda deux, ayant en main un brelan. Josèphe en réclama cinq car il n'avait, dit-il, « que de la daube ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

samedi 23 mai 2026

Saucisses à la pragoise

 

De novembre 1938 à mars 1939, c'est une demi-tonne de viande de porc que le président tchécoslovaque Emil Hácha. Pas moins.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Vieux motard que Jammes hait

 

Le poëte Francis Jammes poursuivait un motocycliste de sa détestation, un motocycliste assez âgé. C'est Paul-Jean Toulet qui le raconte.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Un gland

 

Maurice Barrès vouait au Moi un véritable culte. Il lui arrivait de rester pendant des heures sous la pluie pour simplement le voir passer. Mais il était trop timide pour l'aborder et se contentait de l'observer de loin avec des jumelles de théâtre. Anna de Noailles en faisait des gorges chaudes et lui disait qu'il était « un gland ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Hanussen préfère les loochs

 

Le mage Hanussen n'était pas fanatique des suppositoires, qu'il accusait de nuire à son dynamisme fluidique.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

vendredi 22 mai 2026

Discours de réception de Roger Caillois à l'Académie française et réponse de René Huyghe

 

Chez nous, à la maison, c'est moi le grand garçon. J'aime toucher à tout. Je m'appelle Caillois. Même si je suis grand, je pleure de temps en temps, mais ça ne dure jamais longtemps. J'ai écrit des livres sur les pierres, sur le mimétisme animal, sur la dissymétrie. J'ai traduit Borges. Je m'appelle Caillois. Caillois c'est moi. Voilà.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Pastis à l'Académie

 

Persuadé — bien à tort — que l'auteur morlaisien l'avait mal regardé, Jean d'Ormesson lui lança « tête de Mohrt » et lui demanda s'il avait un souci.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Écrasement par Borges du Port-Salut de l'existence

 

Quoiqu'il s'en défendît, sa cécité avait rendu Borges amer et il lui arrivait de trop écraser le Port-Salut de l'existence — au grand dam de Victoria Ocampo, de sa sœur Silvina et du peintre Xul Solar. Il faisait des sorties grinçantes telles que : « Cet exercice continuel, impossible à ajourner, qui s'appelle vivre ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Max fait le pet

 

C'est Heisenberg qui l'affirme (et il dit en avoir la quasi certitude) : quand Schrödinger faisait ses expériences avec des chats, son ami Max planquait — au cas où la police aurait été alertée par des voisins choqués du traitement infligé aux félins. Chez Max, c'était comme qui dirait une constante de planquer.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

jeudi 21 mai 2026

Un disciple idéal

 

On appelle pongistes les disciples de Francis Ponge. Comme leur maître, ils prennent le parti des choses. Jacques Secrétin, au sourire si doux, montra une fidélité si parfaite à l'auteur des Proêmes qu'il fut élu « meilleur pongiste français du siècle ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Fuite à mobylette du vocable homard

 

L'ignominie de ce mot-là : homard. Traqué par les Américains à Baghran, il réussit in extremis à s'enfuir à mobylette.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Projet de décret

 

Si nous étions Président de la République, nous prendrions un décret interdisant de dire : premièrement, qu'un homme ça s'empêche ; deuxièmement, qu'il faut que tout change pour que rien ne change ; troisièmement, qu'il ne suffit pas de dire ce l'on voit mais qu'il faut encore voir ce que l'on voit ; quatrièmement, que mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. Sous peine de recevoir un certain nombre de coups de chicote.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Coulage latéral des livres et de la solitude

 

Seuls les solitaires lisent véritablement. Le choix de la solitude s'explique d'ailleurs souvent par le désir de lire tranquille. Mais ça ne sert à rien, c'est un leurre. Car aussi bien les livres que la solitude coulent par les côtés.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mercredi 20 mai 2026

Un grossium

 

Tous les philosophes vous le diront, l'Être n'est pas un type dont on peut faire fi. Il possède beaucoup d'influence dans son milieu. C'est un grossium.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Carco refuse de cotiser

 

S'il ne voulait plus agir, Carco, c'est parce qu'il trouvait qu'il avait assez cotisé. Dès qu'il bougeait le petit doigt, on l'obligeait à cotiser. Ça n'allait pas, cette histoire.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Quand je me compare...

 

Le ministre Mexandeau eût aimé rencontrer un mec sans cul ; cela, pensait-il, eût atténué son malheur (ou tout au moins le sentiment qu'il en avait).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Vita brevis

 

Si l'art est long, la vie est brève, nous prévient Hippocrate. Se démenât-on comme un beau diable, on n'a aucune chance de réaliser dans le laps de temps qui nous est imparti toutes les choses possibles et imaginables (comme de disputer une course de vélosolex avec Oualid Djoumblatt dans la plaine de la Bekaa, ou de manger une galette des rois avec Soleimane Frangié — même en faisant abstraction du fait que ce dernier est mort).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mardi 19 mai 2026

Va-et-vient de Bashô

 

S'il faut en croire Maupassant, le poëte japonais Bashô allait sans fin d'une rive à l'autre, déchargeant dans l'île ses voyageurs.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Cheval de Turin

 

En lisant la biographie que Daniel Halévy a consacrée à Nietzsche, on apprend que le cheval qu'embrassa le philosophe avant de sombrer dans la démence devint ensuite artisan pâtissier. Il travailla jusqu'à la fin de sa vie à la pâtisserie Bella, à Turin, où il confectionnait de délicieux canistrelli.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Échec de Bashô

 

Le poëte japonais Bashô avait échoué à la seconde partie de soi-même, et il en avait conçu une grande amertume.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Proverbe slovaque

 

Il vaut mieux « tiser » avec Mgr Tiso que manger un quarter pounder with cheese avec Adolf Burger — si le but est d'être pompette le plus vite possible.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

lundi 18 mai 2026

Caillot

 

Parmi les mots hideux, il y a celui caillot. Avoir commis tous les crimes, hormis celui de dire caillot.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Abraham refuse d'abouler

 

Le kabbaliste Abraham Aboulafia, il n'y avait pas besoin de le forcer pour qu'il boive du gris de Boulaouane, mais pour ce qui était d'abouler, zéro : Joseph Gikatilla ne put jamais recouvrer les sommes qu'il lui avait prêtées. Aboulafia prétendait que c'était « de la faute des éons ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Deux écoles

 

Le credo de Foucault était surveiller et punir, celui de Thomas Bernhard, trier et mettre en ordre. Qu'est-ce qui vaut le mieux, on se le demande. Peut-être trier et mettre en ordre ? À tout prendre et tout bien considéré ? 
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Gris de Boulaouane

 

Le « conceptus inféré » de boire du « gris de Boulaouane ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

dimanche 17 mai 2026

Œil américain de Paulhan

 

Déceler dans le regard de Brasillach un brasillement de maniaque, c'est ce que parvint à faire Jean Paulhan (avec quelque difficulté car l'écrivain collaborationniste, très myope, portait de grosses lunettes).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)