« Quand j'entends le mot vivre, je sors mon revolver ou du poison. » (Luc Pulflop)
samedi 9 février 2019
Obsolescence conceptuelle
Qu'entre en scène l'idée du Rien, et celle de l'être paraît soudain un témoin pitoyable de la naïveté de l'esprit humain s'exerçant avec maladresse à pénétrer les secrets de l'univers : un grotesque préjugé, une défroque qui prête à rire. — Au rebut !
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Mission de dépaysement du « Suisse »
En général, les excréments ne sont pas appréciés pour leur utilité ou pour leur grâce. À l'inverse, c'est précisément parce qu'on ne sait ni à quoi ils servent, ni en quoi ils peuvent plaire, qu'ils retiennent l'attention. Ils semblent des intrus dans le décor ordinaire de la vie et invitent la rêverie à les restituer à un autre monde où ils ne paraîtraient pas déplacés. Ils remplissent de cette manière une mission de dépaysement et réjouissent certains cœurs lassés d'une existence qui leur semble, comme par obligation, faussée dans son principe par les rigueurs de la logique ou de la morale. De tels êtres font alors volontiers, par contraste, leurs délices du fécal. — En imagination, il va de soi !
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
vendredi 8 février 2019
Solipsisme encore
Le monde ? Une simple radicelle de mon conscient intérieur. Rien autre chose.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Art impossible
Diffuses et envahissantes, les sensations qui viennent de l'excrément ne sont pas susceptibles d'abstraction. Elles intéressent la muqueuse de trop près et exclusivement. Aucune dissociation ne se produit en elles entre la perception, le plaisir et la représentation. Aussi n'y a-t-il pas d'art qui puisse employer le « cas ».
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Hommage à Auguste Poulet-Malassis
Pour certains esprits chagrins (Ivan Petrovitch Pavlov, Léon Foucault), le véritable tragique de la vie, c'est son absence de confortable.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
jeudi 7 février 2019
Renoncement
Dans la Lettre de Hofmannstahl, Lord Chandos, devant un arrosoir ou des rats qu'il voit fuir dans la cave, se sent en état d'extase et impuissant à exprimer par les mots humains son émotion. Il renonce à écrire. De même, dans le Journal de Gragerfis, l'auteur, paralysé par la trop haute idée qu'il se fait de la défécation, renonce à « faire ». Quant au suicidé philosophique, il « pousse le bouchon » encore plus loin et c'est à « perpétrer de coupables exsufflations » qu'il décide de renoncer, pour devenir — espère-t-il — une « pierre dure rotacée ».
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Oszillation !
Que ne puis-je catapulter mon déséquilibre dans le rhomboèdre de la beauté même !...
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Facilité apparente
Stimulé par le jus de pruneau, le « boyau culier » découvre une adresse souveraine qu'on croirait surnaturelle, pour produire d'emblée des merveilles comme ne parviennent à en concevoir ni l'industrie ni le calcul ni le génie même. Elles n'ont coûté pourtant ni veilles ni sueurs. La mollesse préside à cette prodigalité.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
mercredi 6 février 2019
Scandale
La plus grande provocation au scandale, c'est l'absolue superfluité du vocable reginglette.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Anthropomorphisme fécal
Il semble bien que les hommes aient été généralement impressionnés par l'excrément. Sans doute est-ce là le fait d'une obscure identification facilitée par son aspect remarquablement anthropomorphe. L'aspect anthropomorphique d'un élément paraît en effet une source infaillible de son emprise sur l'affectivité humaine. Ainsi en va-t-il par exemple des vampires et des mandragores. Or l'excrément ne rappelle pas seulement la forme humaine par son aspect général, mais il a, comme l'homme, la faculté de tourner la tête pour suivre des yeux ce qui a fixé son attention !
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Marasme existentiel
Chaque heure qui passe est une nouvelle incitation à l'effondrement.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
mardi 5 février 2019
Suprématie du pachynihil
L'idée du Rien, toujours supérieure en tout point à ce qu'elle explique, ne cesse de porter en soi le caractère fondamental d'une recherche bien fondée, celui qui dans l'épreuve des forces lui assure une prestigieuse suprématie : qu'elle rend compte de tout sans que rien n'en rende compte.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Art poëtique
La lysimaque nummulaire, par sa munificence vocalique, surpasse en euphonie les fastes ordonnés des siphonophores.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
L'homme, prolongement du « cas » ?
« J'ai cessé peu à peu de considérer l'homme comme extérieur à la nature ou comme sa finalité. Il va sans dire que, de la nature, je n'exclus pas, au contraire, l'excrément, dont l'homme me semble le prolongement extrême et dont il continue aux antipodes de l'univers et par d'autres moyens les démarches obscures. » (Stylus Gragerfis, Journal d'un cénobite mondain)
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
lundi 4 février 2019
Adieux à la réalité empirique
« Renonces-y ! Renonces-y ! » — Comme cela est bien dit, vraiment !
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Une idée aux pommes
Ce qui est « rien bath », avec l'idée de l'homicide de soi-même, c'est qu'en même temps qu'elle donne à chacun la certitude de son destin, elle lui est concurremment un impératif moral pour tous les conflits et la solution technique de toutes les difficultés.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
dimanche 3 février 2019
Généralisation radicale et finale
Le procédé de la généralisation, par lequel la géométrie de Riemann a résorbé celle d'Euclide et la physique relativiste celle de Newton en les admettant comme cas particuliers d'une synthèse plus compréhensive, indique au suicidé philosophique la voie à suivre : il doit se généraliser jusqu'à ce que mort s'ensuive.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
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