samedi 18 juillet 2026

Jacques non plus

 

Depuis l'époque où l'homme de Cro-Magnon s'est mis à réfléchir aux choses (au monde, à la mer, aux forêts ; aux roses que l'hiver prépare en secret), personne n'a été capable de comprendre à quoi rimait l'existence, le « réel » et tout le tralala. Pas même le grand savant Jacques Monod qui, sur son lit de mort, faisait encore cet aveu déchirant : « Je cherche à comprendre. »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Une expérience décevante

 

L'écrivain Claudio Magris fut un temps doyen mais son décanat le laissa déconfit.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Pas de hibou pour l'idéalisme transcendantal

 

Parce qu'il peut s'acclimater dans des cervelles situées en tout point du globe, l'idéalisme kantien est cosmopolite, mais sa famille habite dans le Loir-et-Cher. Ces gens-là ne font pas de manières, ils passent l'automne à creuser des sillons. Comme on peut le penser, ils sont contents de la réussite de l'idéalisme kantien, mais ils ont un regret, c'est qu'il vive sans jamais voir un cheval, un hibou (ce ne sont pas des « choses en soi »).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Oubli du bonheur et précipitations

 

C'est au moment précis où l'on s'aperçoit qu'on a tout oublié du bonheur qu'il se met à neiger sur le lac Majeur — comme par un fait exprès, comme si on n'était pas déjà assez accablé.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)