dimanche 19 juillet 2026

Un monde sans Malraux

 

Si André Malraux n'avait pas existé, l'adjectif malrucien serait inconnu, de même que l'expression « les cris perdus des moutons des tabors » ; et le malheureux Jean Moulin ne saurait pas s'il doit entrer ici ou attendre encore un peu.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

La contrainte du style

 

Une fois devenu écrivain, c'est fini, vous n'avez plus le droit de vous exprimer normalement. La moindre lettre que vous écrivez doit comporter un nombre suffisant d'expressions originales, sinon on va croire que vous êtes « comme tout le monde ». C'est très pénible.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Lecture et hypocondrie

 

Il y a des auteurs qu'on ne peut lire que quand on est en bonne santé, d'autres, seulement quand on est malade. Or nous, il se trouve que nous sommes tout le temps malade — c'est du moins l'impression que nous avons. Conclusion : nous ne lirons jamais les auteurs de la première catégorie.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Un monde sans Kafka

 

Si Kafka n'avait pas existé ou s'il n'avait rien écrit ou si Max Brod avait brûlé ses manuscrits comme il s'était engagé à le faire, l'adjectif kafkaïen n'existerait pas et Marthe Robert aurait dû consacrer sa vie à autre chose. Mais à part ça, tout eût été pareil.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)