« Quand j'entends le mot vivre, je sors mon revolver ou du poison. » (Luc Pulflop)
dimanche 25 novembre 2018
Vert dans le sens des départs
Pour atteindre la pureté du vide, il faut suivre un chemin « sinueux comme les intestins d'un mouton » — et cela en rebute plus d'un. Au grand soulagement de l'homme du nihil, la voie du Grand Rien n'est pas encombrée.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Symbolisme du « Suisse »
La Bérézina de l'être ; la grande débâcle du vouloir-vivre... Tout cela dans un peu de matière fécale moulée.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Grand projet
Entassons les suicidés sur le plateau d'une balance et comparons leur poids à celui du sable de la mer. Ou mieux encore : assommons les suicidés !
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Retraite anticipée
Se retirer dans une île, au sommet d'une montagne, dans une caverne en forme de gourde ; quitter le monde des variations fugaces et vaines pour regagner la source universelle, pour participer à la permanence incorruptible du Rien ; devenir immortel, silencieux, insensible à la façon des pierres... Ah, quel délice ! (Les trente-trois délices de Théasar du Jin, Traduction de Simon Leys)
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
samedi 24 novembre 2018
Chante, Déesse, l’ire d’Achille Péléiade !
La mort n'est que le juste châtiment d'une scansion fautive.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Résistance phénoménale de l'homme du nihil
L'homme du nihil est, de tous les corps connus, l'un des plus proches du diamant dans l'échelle de la dureté. Pour transpercer sa carapace nihilique, il faudrait une force plus puissante encore que celles que mettent en jeu les bombardements de particules et que, dans les laboratoires, des savants téméraires et hirsutes descendent puiser au barycentre même de la récalcitrante matière.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Trémolite
Silicate naturel du genre amphibole, la trémolite illustre avec éclat la prééminence de l'inerte.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Ô miracle ! ô merveille ! ô spectacle effrayant !
À Rio Marina, dans l'Île d'Elbe, il arrive qu'un constipé, alors qu'il avait presque atteint le seuil du désespoir, mette au jour un « cigare japonais » à forte proportion de fer. Il y court parfois un reflet vert intense, tout chargé de ténèbres, mais sans les irisations viles des oligistes de même provenance, lesquels sont fissurés et crevassés comme par une monstrueuse dessication.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Au fou !
L'ambition de vivre est déjà démesurée. Que dire alors de celle de « créer des concepts » !
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
vendredi 23 novembre 2018
Germe
L'expansion de l'idée du Rien dans la pachyméninge, comme la croissance du « cas » dans le boyau culier, imposent avec insistance l'idée d'un développement personnel, qui obéit, dans un univers qui l'exclut, à l'impérieuse fatalité d'un germe.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Angoisse
Je ne sais rien d'angoissant comme le sérieux de l'excrément et du temps qui passe.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Le choix du silence
Tant est féroce la lutte que se livrent le syntagme et l'idée que je préfère revêtir la robe jaune des ascètes et me taire.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Suprématie de l'idée du Rien
Les concepts qui furent jadis façonnés par les philosophes grecs, comme ceux qui sont aujourd'hui forgés par les phénoménologues et les empiristes logiques, ont assurément plus de prestance et d'éclat que l'humble idée du Rien. Mais il leur manque cette beauté d'astre ouvert, de corolle en expansion.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Art abstrait
Le Doryphore de Polyclète ne produit pas de matière fécale. Il ne concerne pas l'excrément.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
jeudi 22 novembre 2018
Accipitre
Je suis le volucre que craignent les gens. Mon bec crochu, mes serres acérées, réduisent en charpie leurs livres et leurs idées, leur prétention à « être quelqu'un ».
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Entre deux règnes
Le « Suisse », une fois extrait de la sombre geôle du « boyau culier » et projeté dans l'Ouvert rilkien, exulte dans sa solitude cylindrique. Affichant une si parfaite simulation du minéral, il avertit l'esprit qu'il est de plus vastes lois qui gouvernent en même temps l'inerte et l'organique.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Sus à Calchas !
Dépeindre le soleil comme un furieux ringard. Organiser une Saint-Barthélemy de la raison pure.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Saison des semailles. Le soir
C'est le moment crépusculaire : blotti sous l'auvent du pachynihil, j'admire ce reste de jour dont s'éclaire l'ultime étape de ma désagrégation.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Quand il faut, il faut
L'urgence de la mort ne doit pas occulter celle, plus alogique encore, de l'étron.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
mercredi 21 novembre 2018
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