vendredi 24 juillet 2026

Cioran et l'irréparable

 

Le négateur Émile Cioran était obsédé par l'irréparable depuis que dans sa jeunesse, il avait eu un problème de « joint spi ». Il disait à Beckett que les garagistes roumains, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Beckett lui répondait : « I feel sorry for you, old chap. »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Alternative peyroutonienne

 

Fugace ministre de l'Intérieur de Vichy, Marcel Peyrouton pose l'alternative en ces termes : soit il y a un Dieu, soit tout est permis.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Absence de sauveur suprême

 

Arrivé sur la place de la Concorde, on espère qu'un sauveur suprême va se présenter et nous sortir de notre panade existentielle, mais va te faire fiche : des sauveurs suprêmes — Dieu, César ou tribun —, il n'y en a pas plus que de beurre au fiacre. Le premier à en avoir eu l'intuition est Eugène Pottier dans sa chanson sur les « damnés de la terre » et les « forçats de la faim ». On ne voulait pas le croire, pourtant c'est vrai.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Discrétion du suicidé philosophique

 

Parfois, en se faisant « sauter le caisson », le suicidé philosophique allume un carmin, prolonge l'écho sec d'un vert Véronèse, mais toujours avec discrétion, car il n'aime pas imposer sa voix en parlant trop fort. Il croit aux vertus du silence.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)