mardi 19 septembre 2023

Un pas grand chose

 

À la question « Qui suis-je ? », le nihilique n'apporte pas exactement la même réponse qu'Oberman. La sienne est : « Pour l'univers, rien ; pour moi, rien non plus. En résumé : pas grand chose. » Pour un peu, il s'identifierait au Rien, n'était ce panaris qui le fait cruellement souffrir !
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Gueule asymétrique

 

À la fin de sa vie, Joris-Karl Huysmans se plaignait d'avoir « une gueule asymétrique ». Il avait une grosseur à la joue due à son cancer de la mâchoire. « Dieu m'a sapé », soupirait-il. Dieu... la vie... mieux vaut ne rien dire, on risquerait d'être grossier.
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Sens de la vie

 

On se plaint de ce que la vie n'a pas de sens, mais quand on essaie d'imaginer quel sens elle pourrait avoir, on sèche. Alors autant faire « jore » que ça n'a pas d'importance...
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

lundi 18 septembre 2023

Catéchisme

 

« Alors Judas a fait la poucave et les Romains ont arrêté Jésus. Mais ensuite, Judas n'a pas pu supporter la gênance et il s'est pendu.
— Oh, fan de chichourle ! Pécaïre ! Des bartavelles, tu dis ? »
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Biographie du Grandiloque

 

Émile Cioran commence sa carrière « au fond du monde ignoble des viscères, des muqueuses et des humeurs, parmi une foisonnante et trouble fermentation ». C'est sa période « fœtus », qui va de fin 1910 à début 1911. Le 11 avril 1911, il se retrouve à l'air libre. Très vite, anxieux de s'exhausser à l'impérissable et de faire oublier son origine immonde, il se lance dans l'écriture d'aphorismes, encouragé en cela par sa « muse » Simone Boué. En 1949, avec la parution de son Précis de décomposition, il s'empare du titre de « négateur universel » jusque-là détenu par le grec Pyrrhon. Mais ce n'est qu'en 1986, avec ses Exercices d'admiration, qu'il devient véritablement célèbre. « J'ai connu toutes les formes de déchéance, y compris le succès », confie-t-il au professeur Basile Munteanu. Son œuvre, ironique et apocalyptique, est marquée du sceau du pessimisme, du scepticisme et de la désillusion.
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Magie de la poésie

 

Les poëmes, ça va quand on est bien disposé, mais quand on est d'humeur caustique c'est une autre histoire. Tout vous paraît alors d'un niais... Ainsi, Apollinaire avec son pharaon et ses vagues de briques. Carre-les-toi dans le fiak, tes vagues de briques, hé, pot de pisse !
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

dimanche 17 septembre 2023

Un gars sensé

 

Le philosophe Wittgenstein n'était pas tellement partisan qu'on cherche à exprimer l'ineffable. Face à l'ineffable, il trouvait qu'il valait mieux « fermer sa boîte à camembert ».
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Le nihilique, un éternel adolescent ?

 

Si vous saupoudrez vos commentaires désabusés (sur l'être et tout ce qui s'ensuit) de références à Joseph de Maistre et à Tacite, on ne vous taxera pas d'immaturité car « ça fait sérieux », et pourtant... Qui, sinon un éternel adolescent, pourrait soutenir sérieusement que « rien n'est » ou — variante — que « tout pue » ? On peut supposer que, vers l'âge de dix-sept ans, quand il a vu à quoi ressemblait le « monde des adultes », le nihilique a été victime d'un « choc septique », et que sa croissance intellectuelle s'en est trouvée bloquée. Mais attention ! Ce n'est qu'une hypothèse ! Il est possible après tout qu'il dise vrai, que rien ne soit et que tout pue !
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Méditation cartésienne

 

Quand on visite un aquarium, on en vient fatalement à se poser la question : « Pourquoi les poissons ont-ils tous des gueules de con ? Serait-ce une preuve de l'existence de Dieu ? »
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

Encore une belle journée

 

Le soleil vient de se lever. On attend l'ami Ricoré, avec son pain et ses croissants, mais au lieu de l'ami Ricoré, c'est la pensée que « rien n'est » qui surgit — suivie immédiatement par la pensée que tout est vain, que l'homme vit isolé dans un univers de menace et de désolation sans autre perspective que la mort. Alors on suit le conseil du « négateur universel » Émile Cioran, on se recouche et on gémit. Tout ça ne va donc jamais finir, sacré nom d'une pipe ?
 
(Marcel Rocabois, Le Néant et l'être)

dimanche 16 juillet 2023

Ce qui serait bath

 

Être né à Melo, ville aux coloniales maisons, au milieu de cette panique plaine qui a la double et terrifiante caractéristique d'être interminable et proche du Brésil, c'est ça qui serait bath. On serait comme le poëte Emilio Oribe, un peu.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

jeudi 13 juillet 2023

Une inquiétante hypothèse

 

Et si Bergson avait raison ? Si la durée n'était rien d'autre que la pénétration mutuelle d'états de conscience hétérogènes, ainsi que leur apparition continue sans ordre ni interruption ? On serait dans de beaux draps et même dans de beaux drillards !
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

lundi 10 juillet 2023

Dévitalisation du Grandiloque

 

Dans ses Cahiers, le négateur Émile Cioran dit que la mort de son ennemi juré Lucien Goldmann lui inspira des sentiments contradictoires où se trouvait de tout, même du regret. Sa rancune était devenue sans vigueur. Le négateur était victime d'un phénomène de dévitalisation !
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

lundi 26 juin 2023

Gigot glacé

 

En mourant, le négateur Émile Cioran nous a laissés dans une solitude existentielle, une finitude et un absurde assez semblables à ceux d'un gigot glacé.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

samedi 17 juin 2023

Ce cher visage du passé

 

Des billets doux, des mois d'avril, des rendez-vous, ne reste rien que l'impression hautement « malaisante » d'avoir été pris pour une poire.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

samedi 13 mai 2023

Follicules palingénésiques, by Samuel Slippensohn

 

“Achingly beautiful! Coruscating! Wickedly funny! Slippensohn's Follicules palingénésiques holds the reader's attention in an iron grip. It will appeal to the serious scholar and general reader alike. A stunning debut!”
 
(The Montcuq Review of Books)

vendredi 12 mai 2023

Follicules palingénésiques, by Samuel Slippensohn

 

Follicules palingénésiques is a groundbreaking achievement, impeccably researched and brilliantly argued. Samuel Slippensohn's work is accessible but also comprehensive, really turning the topic on its head and taking an unflinching look at the concept of monstre bipède. This is an ambitious and timely piece that absolutely cannot be ignored.”
 
(The Paris Review)

mercredi 10 mai 2023

Follicules palingénésiques, by Samuel Slippensohn

 

“A rollicking good time! Samuel Slippensohn is known for his razor-sharp wit, and Follicules palingénésiques is no exception. Hilarious and thought-provoking, this book had me laughing out loud from beginning to end. An absolute delight, compulsively readable. I can't wait to see what Samuel Slippensohn does next.”
 
(The Alaska Quarterly Review)

jeudi 20 avril 2023

Un frénétique de la création

 

Ce besoin, chez l'homme, de « créer » (des concepts ou autre chose)... Déjà l'ineffable homme des cavernes... Avec ses bouts de silex et ses « peintures rupestres »... Après, il ne faut pas s'étonner de la mauvaise tournure qu'a prise la « réalité empirique ». Il y avait déjà assez d'horreurs comme ça dans le « réel », pourtant. Ne serait-ce que les insectes...
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

L'homicide de soi-même, c'est beaucoup plus que l'amour

 

Si l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches (comme le définissait Louis-Ferdinand Céline), que dire alors de l'homicide de soi-même ! C'est l'infini infundibuliforme mis à la portée des... des... des concierges, mettons. Ou des garagistes de La Bouboule. Oui, c'est ça : des garagistes de La Bourboule.
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

Propre de l'homme

 

La différence majeure entre l'homme et l'animal, c'est que contrairement à l'animal, l'homme se demande ce qu'il fait là. On pourrait ajouter qu'il ne mange pas de croquettes « Canaillou » (sauf dérogation).
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

Légèreté du Grandiloque et dépit de Michaux

 

Le « négateur universel » Émile Cioran ne prenait rien au sérieux. « Tous nos maux sont couleur de poilade », disait-il à son ami Henri Michaux. Mais ce dernier, qui souffrait de rhumatismes dès qu'il y avait un changement de temps, trouvait ce genre de déclaration d'un goût douteux. (Anecdote rapportée par Gabriel Marcel dans ses Entretiens avec Paul Ricœur)
 
 (Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

mercredi 19 avril 2023

Omniprésence du merveilleux

 

« Le merveilleux, je le répète, est partout, de tous les temps, de tous les instants. On peut même le trouver dans une... tête de chien couché ! Mais oui ! » (Benjamin Péret, Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d'Amérique)
 
 (Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

Tou(te)s coupables

 

S'il faut en croire Léonard de Vinci, « passé quarante ans, un homme est responsable de son visage, et une femme de sa connerie ».
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

On demande un yak

 

Le nihilique, parfois son Moi lui pèse tellement qu'il souhaiterait d'avoir un ruminant à poils longs de l'Himalaya pour le porter (ficelé à un bât).
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

mardi 18 avril 2023

Métopomancie

 

Le passé d'un homme est en général difficile à deviner, mais son avenir nullement. Il est inscrit sur son front d'ancêtre préhistorique. À quelques variations de détail près — et sauf cas d'homicide de soi-même ou de chute mortelle dans un escalier —, il est radiologique, échographique, chirurgical, médicamenteux et moussu.
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

Importance de l'équipement

 

En tant qu'ancien uhlan, le nihilique sait le prix d'un sabre bien trempé — son préféré est le Blücher 1811 — et d'un véloce bourrineau.
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

lundi 17 avril 2023

Douleur à l'Union

 

Selon le témoignage de Louis Mermaz, Jacques Delors avait mal à l'Union quand il mentait, Kohl.
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)

Manque de finesse d'Helmut la Poire

 

D'après Jacques Delors, ça ne sentait pas la ruse quand il mentait, Kohl.
 
(Samuel Slippensohn, Follicules palingénésiques)