samedi 22 août 2026

Malaise existentiel du clupéidé

 

On peut être pilchard, donc doté de nageoires, d'écailles lisses et d'un filtre branchial, donc tout de même quelque chose — un clupéidé —, et cependant, comme le Don Carlos de Schiller, vivre dans le sentiment térébrant de son propre néant.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Homme de l'Atlantide

 

Comme il avait les doigts anormalement palmés et qu'il ressemblait un peu à l'acteur Patrick Duffy, le négateur Émile Cioran avait dû s'habituer, lorsqu'il était au restaurant, à entendre les gens murmurer : « C'est Mark Harris ! C'est l'Homme de l'Atlantide ! » Cette méprise l'insupportait grandement. Il aurait voulu posséder le cran du peintre Eugène Boudin qui, lorsqu'on essayait de le servir avec de la compote de pomme ou du chou rouge braisé, rugissait : « Je suis Eugène Boudin ! Le peintre des beautés météorologiques ! Pour l'amour de Dieu ! »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

L'invitation chez les Stirn

 

Être invité chez les Stirn — Olivier et Évelyne — était le rêve de Paul Gadenne. Depuis son adolescence, l'écrivain était fasciné par l'ancien ministre du Tourisme de François Mitterrand. Aussi, quand cette invitation finit par arriver et qu'il put passer quelques jours à Vire dans la propriété du ténor centriste, ne put-il faire moins que d'en tirer un livre.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

En vacances avec Philippulus

 

On fait les fous, avec le prophète Philippulus. On s'annonce mutuellement des tremblements de terre, des famines et des épidémies. On réalise le rêve du négateur Émile Cioran : exterminer le genre humain.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)