« Quand
vous serez en Syrie, je veux que vous encercliez Tartous et
l'attaquiez. All right, goddam rascals ? C'm on, let's go ! » Ainsi parla
Pilate à ses légionnaires, selon l'historien Josèphe.
L'existentialiste
est un être perpétuellement en chantier : il se définit soi-même en
étant. En étant de Soustons ? Non pas ! Car il ne tient pas à être
foudroyé par une réminiscence de vocabulaire !
Si
l'on ne veut pas se retrouver — métaphysiquement ! — en slip, il
faut mettre au rancart l'existentialisme tant athée que chrétien et
recentrer le débat sur la primauté de la notion d'être — et c'est
justement ce que fait Étienne Gilson. Le néothomisme ! L'être et
l'essence ! L'essence et l'être !
Le
calculateur prodige Jacques Inaudi ne parlait pas assez fort, ce qui
fait que pour les gens situés dans le fond de la salle il était
parfaitement... les gens n'entendaient rien, quoi.
« T'as vu ça, Dédé ? Y a pas d'herméneutique badiousienne, on dirait...
— Ouais mais c'est pas étonnant vu que Badiou peut pas blairer
l’herméneutique. Il dit que ça lui donne de l'urticaire...
l'herméneutique en général et la suture de la philosophie à la poésie en
particulier.
Le
calculateur prodige Jacques Inaudi pouvait vous extraire une racine en
moins de temps qu'il n'en faut pour cuire des asperges. Charcot
lui-même, le Charcot de la « Salpète », en était soufflé et se demandait
s'il n'y avait pas un truc. Quant à Edmond Husserl, il disait qu'il
n'avait jamais vu pareil phénomène.
La
théorie de la glace cosmique de Hanns Hörbiger, qu'il publie en 1912
dans un ouvrage intitulé Hörbigers Glacial-Kosmogonie, énonce que la
plupart des corps de l'univers sont constitués de glace. Hörbiger
recommande à ses contemporains de porter un slip en laine afin de
protéger du froid leurs « parties sacrées », mais sa thèse et sa
suggestion sont rejetées par la communauté scientifique.
Peut
se considérer comme un paria et un handicapé de la vie celui qui non
seulement ne prend pas les vignettes mais porte au front l'opprobre de
n'avoir pas la carte du magasin.
La
bête qu'il faut tuer pour qu'il soit possible de vivre, c'est le
maringouin — le moustique. Dans son Commentaire de l'épitre aux
Galates, Luther dit la raison mais ce n'est pas à proprement parler une
bête.
Les
mésons sont des hadrons, donc des bosons. Ils possèdent un spin entier.
Comme Antonin Artaud mais pour d'autres raisons, ils sont très
instables, leur demi-vie étant inférieure à un dix-millionième de
seconde. Ils s'entendent assez bien avec les gluons et sont, comme ces
derniers, considérés comme des médiateurs de l'interaction forte. Si
l'on voulait les accabler, on pourrait dire qu'en empêchant les quarks
de se disperser, ils permettent l'existence de l'univers tel que nous le
connaissons.
Dans
son ouvrage Des Atomes et des hommes, Louis Leprince-Ringuet raconte
que l'inventeur du compteur Gégère, Hans Gégère, « craignait les
radicelles gamosépales de son humble mucron nodal ». Cette crainte le
rendait mélancolique et faisait qu'il « n'irradiait pas toujours la bonne
humeur ».
Dans
Madame Bovary, le pharmacien Homais est subjugué par le gros fiacre
d'Emma au point d'en perdre le boire et le manger (voir la scène de la
fin du premier chapitre de la troisième partie). Ce fiacre est, nous dit
Flaubert, « une lourde machine » — ce qui peut expliquer l'émoi du
pharmacien.
Espérer
s'entendre avec une personne du sexe est à peu près aussi réaliste que
de vouloir, comme le Mientus de Ferdydurke, fraterniser avec un valet de
ferme.
Rester
au lit n'est pas une attitude responsable. On le fait pourtant, mais
quand on se réveille, on se dit que ça y est : à être aussi peu
productif, on va encore perdre des « points de pibe ».
Il
est dans la nature de l'homme de penser, même dans les circonstances
les plus tragiques, à des calembours stupides tels que Rudol Fesse ou
encore le trou (de mémoire) de Baldur von Schirach. Cette immaturité
gombrowiczienne ne plaide pas en sa faveur.
Spinoza
et après lui Gilles Deleuze enseignent aux hommes comment il faut vivre
au milieu de cette réalité cauchemardesque dont on ne peut se réveiller : le « truc » est de créer des concepts. Plus on crée de concepts, mieux
c'est.
L'ontologie
se propose de mettre un peu de transparence dans ce margouillis
exophtalmique qu'est l'être et, en l'étayant par un appareil compliqué
de concepts, espère l'empêcher de se corrompre. Elle poursuit les mêmes
objectifs que la loi Sapin deux.
Cette
bourgade de la Manche dont Cervantes ne veut pas se rappeler le nom, il
ne fait guère de doute que c'est la ville de Saint-Lô. Où entend-on des
expressions telles que « tu parles d'or, ami Sancho » si ce n'est à
Saint-Lô (ou dans sa vicinité) ?
Sans
se prendre pour un gaz parfait — qui n'a pas ses défauts ? —, on en
a le comportement. On obéit aux lois de Boyle-Mariotte, de Gay-Lussac
et de Clapeyron. On est constitué de particules qui n'ont entre elles
d'autre relation que des chocs parfaitement élastiques. Le réel est
notre enceinte adiabatique.
Quand
Dieu demanda à Ludwig Wittgenstein où il avait planqué l'oseille, le
philosophe répondit d'abord qu'il ne pouvait pas le dire, que c'était
contre ses principes. Mais devant l'insistance du démiurge, il avoua
finalement qu'il avait confié le pacson au « Rouquemoute ».
Sans
le clinamen d'Épicure, nous serions tous des automates de Vaucanson ;
de purs mécanismes : ba, be, bi, bo, bu... Alors qu'avec le clinamen...
on fait ce qu'on veut. C'est « aux pommes », comme la peinture d'Eugène
Boudin.