mardi 7 avril 2026

Ahurissement dialectique

 

Le monstre bipède a voulu faire le malin et maintenant il est prisonnier du moment dialectique hégélien, où « les déterminations finies se suppriment elles-mêmes et passent dans leurs contraires ». C'est pour cette raison qu'il a l'air si ahuri.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Dernier bien de l'apatride

 

Penser à des « biberons Robert » est tout ce qui reste à celui qui a perdu sa patrie. Mais ces protubérances mammaires, il est vrai, contiennent tout. Pensée renouvelée de Hofmannstahl.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Merci Françoise

 

Nous ne trouverons jamais le livre qui nous donnera le fin mot de l'histoire (sur l'existence, et cætera). Ce livre n'a pas été écrit et ne le sera jamais. La faute en incombe principalement à l'éditrice Françoise Verny. Elle a toujours eu le chic pour décourager les auteurs.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Actes gratuits (au sens gidien)

 

Déclarer que « Guy Debord est un con » est un acte gratuit au sens gidien. On le fait sans raison, motivation ou incitation particulières. Au lieu de Guy Debord, on pourrait dire René Char, Michel Serres ou Christian Bobin, ce serait toujours un acte gratuit au sens gidien. Et comme ce sont tous des cons, on a le plaisir d'être véridique en plus de celui d'accomplir un acte gratuit au sens gidien.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

lundi 6 avril 2026

Centrisme

 

Dans son livre L'Invitation chez les Stirn, Paul Gadenne décrit de façon romancée une visite qu'il a rendue à l'ancien ministre du Tourisme de François Mitterrand. La conversation tourne notamment autour de la création du Carrefour social-démocrate, en juillet 1977, par Stirn, René Lenoir et Lionel Stoléru, qui fut ensuite absorbé dans le Parti radical valoisien de Jean-Jacques Servan-Schreiber. C'est un livre assez prenant, mais il faut s'intéresser au centrisme.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Une irritation

 

Nous aurions mieux fait de ne pas naître. Ç'a été une erreur magistrale que d'accepter l'invitation des époux Auersberger.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

L'individu selon d'Aquin

 

Dans sa Somme théologique, Thomas d'Aquin définit l'individu comme « le mode de subsister d'une substance particulière ». Il précise que cette définition à l'apparence biscornue n'est pas la sienne exactement, mais qu'il l'énonce au nom du Père, du peintre havrais Raoul Dufy (dont il prévoit la venue) et du Saint-Esprit. Amen.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Un impénétrable bovin

 

Le yak méchliche-otém est un bovidé des hauts plateaux de l'Asie centrale qui est si secret, si renfermé, que vous ne pouvez jamais savoir ce qu'il pense de quoi que ce soit.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

dimanche 5 avril 2026

Peyrouton

 

Fugace ministre de l'Intérieur de Vichy, Marcel Peyrouton ne se déplaçait qu'à pied car on lui avait dit qu'en polonais, peyrouton signifie « à pied ». Mais il se fatigua pour rien car en fait c'est piéroton.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Tubards

 

Crevel et Gadenne étaient des « tubards », tout comme Chopin, Tchekhov, Kafka et la dame aux camélias. Oh, le vilain mot que celui de « tubard » !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Ironisme

 

Dure vie que celle du pince-sans-rire. Comme Unamuno, on ne l'invite jamais dans les coquetèles. Lui, ce n'est pas à cause de son sentiment tragique de la vie — s'il en a un, il ne l'affiche pas —, mais c'est cette manie qu'il a de pincer : ça fait mal, merde !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Impensable hypothèque

 

On n'imagine pas les Toltèques prendre une hypothèque sur la pyramide de Chichén Itzá — non plus d'ailleurs que les Zapotèques, même tenaillés par un pressant besoin d'argent.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

samedi 4 avril 2026

Antipathie mutuelle

 

Crisinel trouvait à Crevel une tête de criminel ; Crevel quant à lui jugeait Crisinel cruel. Finalement, de guerre lasse, tous deux se suicidèrent.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Sprints giralduciens

 

L'écrivain Jean Giraudoux aimait couper de sprints sa marche vers la mort. Quand ça le prenait, il fendait l'air, il fallait voir ça. On aurait dit Paavo Nurmi. Ou un Zapotèque courant célébrer le dieu créateur des humains et des animaux, Pitao Cozaana.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Rencontrer « Dig »

 

Si ça continue comme ça, on va faire comme Galtier-Boissière, on va aller dîner chez les Aman-Jean. Il y aura peut-être « Dig » ?
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Philosophie grecque

 

C'est Platon qui interpelle Socrate et qui lui demande : « S'il n'y a pas de bulles dans Banga, alors qu'est-ce qu'il y a ? » Et Socrate répond : « De la merde, voilà ce qu'il y a. T'as compris ? Et bise-moi le cul, pendant que tu y es. »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

vendredi 3 avril 2026

Gazouillis littéraires

 

Le Moi de l'écrivain est tout chamarré, on dirait un martin-pêcheur. Et il chante, il gazouille, ba be bi bo bu !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Geste citoyen

 

Désireux de réduire son « empreinte carbone », le négateur Émile Cioran, à partir d'Aveux et anathèmes, recycle des bouteilles en polyéthylène pour fabriquer ses aphorismes, montrant ainsi qu'il est un homme de bonne volonté de Jules Romains.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Martin des Hauts-de-Seine

 

Un qui s'est bien fichu de nous, c'est Roger Martin, l'auteur des Thibault. Il n'était même pas du Gard, étant né à Neuilly-sur-Seine ! Et c'est à un pareil margoulin qu'on a donné le prix Nobel !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Académie française

 

La rancœur d'Edmond Jaloux n'était rien en regard de l'âcreté de Lacretelle.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

jeudi 2 avril 2026

Théorie douteuse

 

Selon Lacan, « le mot est le meurtre de la chose, on la tue en la symbolisant ». C'est peut-être vrai pour certains vocables, mais une chose est sûre, ça ne l'est ni pour hystricognathe ni pour diptérocarpacée.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

L'action et après

 

Dans les cimetières reposent de nombreux quidams qui furent des fanatiques de l'action. On pourrait s'attendre à ce que cela donne à réfléchir au monstre bipède, mais ce serait trop beau.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Existence de la solitude

 

« Ça n'existe pas ? La solitude ? Comment ça, ça n'existe pas ? Pauvre con ! »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Comble de l'inattendu

 

De toutes les choses qui arrivent à l'homme, la plus inattendue n'est pas la vieillesse, comme le croyait Trotski, mais le panaris (qui surgit on ne sait d'où et vous anéantit alors que tout allait à peu près bien, une fois n'est pas coutume).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mercredi 1 avril 2026

Futurisme

 

Jouer de la flûte sur sa propre colonne vertébrale est un tour de force que Vladimir Maïakovski se vantait de pouvoir réaliser, mais en 1925, le poëte perdit l'équilibre et récolta une vilaine fracture du péroné. Ce fut la fin de ses acrobaties « futuristes ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Froid et dur

 

Depuis que nous avons lu chez Walter Benjamin que « prendre ses repas seul tend à rendre un homme froid et dur », nous ne mangeons pratiquement plus que des nouilles et de la purée (par peur de devenir froid et dur).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Suicide différé

 

Émile Cioran voulait absolument que tout livre fût un suicide différé, mais Simone ne l'entendait pas de cette oreille. Elle, ce qu'elle voulait, c'était de la copie qui rapporte (pour faire retaper sa maison de Dieppe).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Un empoté

 

Le yak tozrobitch est un bovidé des hauts plateaux de l'Asie centrale qui ne sait pas comment faire les choses. C'est, pourrait-on dire, le roi des empotés.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mardi 31 mars 2026

C'est frais, c'est aux fruits

 

Aigri, on ne l'est jamais assez. Seul non plus. L'aigreur, la solitude, c'est comme le Banga : on n'en boit jamais trop — si tant est que l'on puisse parler de boire pour la solitude.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)