lundi 2 novembre 2026

Méli-mélo

 
 
L'histoire pleine de bruit et de fureur racontée par un idiot ne nous a jamais emballé. À la place, nous proposons ceci : la vie est un méli-mélo de légumes du jardin sur un mesclun de jeunes pousses. Et nous souhaitons bonne chance à celui qui voudra démontrer le contraire : bonne chance !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Glissement spatio-temporel

 
 
À la suite d'on ne sait quel glissement de l'espace-temps riemannien, les vieux de notre enfance, ces vieux que nous pensions être « les vieux » pour l'éternité, ces vieux ont disparu et c'est nous qu'on a mis à leur place ! C'est nous les vieux, maintenant ! N'est-ce pas incroyable ? To jest całkiem niesamowite, po prostu !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Conversation

 
 
« Comment ça va, chez Gallimard ?
— Ça va, ça va, ça va bien.
— Les auteurs sont-ils prospères ?
— Mon Dieu oui, merci bien.
— Et David Foenkinos ?
— Ça flotte.
— Et Christian Bobin ?
— Ça mijote.
— Et la gorgée de bière ?
— Ça s’écoule.
— Et ce con de Pennac ?
— Ça se déroule.
— Et Amélie Nothomb ?
— Elle est malade. Le printemps était trop vert, elle a mangé trop de salade. En plus, elle n'est pas chez Gallimard mais chez Albin Michel.
— Dans ce cas... je ne m'en mêle plus. »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Héroïsme de notre temps

 
 
Prononcer sans se tromper la phrase « W Szczebrzeszynie chrząszcz brzmi w trzcinie », c'est la chose la plus haute, et la plus difficile à réaliser, mais aussi, une fois accomplie, celle qui enchante également le sage et l'écolier, et acquiert de plein droit la qualité de l'épopée.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

dimanche 1 novembre 2026

Un cruel « dilemne »

 

Dans la quatrième partie du Voyage au bout de la nuit, le lecteur se trouve placé devant un cruel « dilemne » : il doit choisir soit de faire du parapente avec Parapine, soit de donner à fond dans le complotisme maccartiste avec l'abbé Protiste. La plupart choisissent le parapente, au risque de se briser tous les os.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Comment que c'est

 

Ami lecteur ! T'est-il déjà arrivé de te sentir en parfaite santé ? Si oui, peux-tu nous dire comment que c'est ? On doit avoir un drôle de traczir, non ? Allez tôpette ! Ne fais pas de bêtises, surtout !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Les Sarre déjeunent et dînent à l'huile

 

Chez les Sarre, on déjeunait et dînait — mais surtout dînait — à l'huile. Georges, l'ancien secrétaire d'État aux Transports routiers et fluviaux de François Mitterrand, avait une aversion pour le beurre ; sa femme Jacqueline également (sans doute par mimétisme).
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Ale jaki bourdelle

 

En polonais, le mot bourdelle ne désigne pas le disciple et ami de Rodin mais le bordel au sens de désordre.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

samedi 31 octobre 2026

Dérèglement de Klíma

 

Le philosophe Ladislav Klíma, auteur du Monde comme conscience et comme rien, avait une vie notoirement déréglée. Il buvait sec et courait le guilledou. Les experts du Giec finirent par s'en émouvoir car sa vie de bâton de chaise provoquait des tornades.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Deux amours

 

Un amateur de fines herbes qui est également féru de doctrines dualistes rejetées comme hérétiques par l'Église, un tel amateur de fines herbes a deux amours : le gnostique Basilide et la farigoulette.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Discuter avec Parapine

 

Arrivé au chapitre vingt-quatre du Voyage au bout de la nuit, notre pensée n'est pas de nous détruire mais de nous asseoir sur un parapet avec Parapine et de discuter avec lui des moyens de sauver le jeune Bébert (le neveu de la concierge). Nous ne savons pas encore que celui-ci mourra au chapitre vingt-cinq, nous plongeant dans une profonde et durable affliction.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Renaissance des forêts

 

Comme les champignons à l'automne, Louis, l'auteur du Bavard, renaissait des forêts. Hélas, ça ne le rendait pas plus intéressant à lire.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

vendredi 30 octobre 2026

La métamorphose

 

Un matin, au sortir d'un rêve agité, on s'éveille transformé dans son lit en un quidam féru de poststructuralisme. On est avide de lire du Foucault, du Deleuze et du Derrida. C'est excessivement embarrassant. On voudrait se cacher sous un canapé. D'ici à ce qu'on se fasse bombarder de pommes pourries par Alain Badiou... Il ne manquerait plus que ça.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Avant de mourir

 

Le poëte et trompettiste Boris Vian ne voulait pas « crever » avant d'avoir connu les chiens noirs du Mexique qui dorment sans rêver, et aussi, tant qu'à faire, les singes à cul nu dévoreurs de tropiques. Nous n'y voyons rien à redire, mais nous, ce qui nous aurait vraiment plu avant de mourir, ç'aurait été de faire la tenaille avec le chef Chaudard, Pithivier et Tassin.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Calme-toi, Georges

 

« Et remarquez que dans le titre non plus, il n'y a pas la lettre e : La Disparition ! Alors ? Qu'est-ce que vous dites de ça ?
— Mais oui. C'est très bien. Calme-toi, maintenant. »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Baleine doit changer de paradigme


« Engagé volontaire Baleine, il faut que tu changes de paradigme, c'est compris ?
— Chef, oui, chef ! 
— Et efface ce sourire de ta gueule de con ou je te fais gicler les yeux des orbites ! »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

jeudi 29 octobre 2026

Omission du pharmacien

 

L'homme ne possède pas seulement un corps mais aussi une âme. C'est cela que dans son raisonnement platement scientiste le pharmacien omet (quand il discute avec l'abbé Bournisien).
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Réponse à Verlaine

 

À la question du poëte « Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà, de ta jeunesse ? », nous répondons : « Nous avons fait des conneries à Béhuard avec Henri Serin. »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Bonnard est occupé

 

C'est Toulouse-Lautrec qui dit à Bonnard : « Pierrot, il y a là Degas qui voudrait te parler. » Et alors Bonnard répond : « Dis-leur qu'ils repassent plus tard. Je suis occupé. »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Retour à Gargilesse

 

Ce qu'Héraclite a dit du fleuve, on peut le dire aussi de Gargilesse. On n'y retourne pas. La maison de George Sand, la voir une fois ça suffit. C'est même déjà trop.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

mercredi 28 octobre 2026

Un imbroglio

 

Le philosophe Heidegger accusait l'animal d'être « pauvre en monde », mais en retour, l'animal accusait Heidegger d'être un « pot de pisse certifié ». La situation était sans issue.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Dépêche, Saint-John !

 

Quand Saint-John Perse était à la traîne, son épouse lui criait : « Tu viens, Saint-John ? Allez, active un peu ! » Et alors le poëte poulopait pour la rattraper.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Césaire coupé par Char

 

Un jour, René Char coupa Aimé Césaire à l'Hémistiche (un bar de Cavaillon où ils avaient coutume de jouer à la belote). Le poëte martiniquais en resta « comme deux ronds de flan ».
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Un fanatique de la « 3 CV »

 

Dans la biographie que Paolo Pillitteri a consacrée à Edmondo de Amicis, on apprend que ce dernier ne se déplaçait qu'en « 3 CV ».
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

mardi 27 octobre 2026

Inexistence du Moi

 

Le cri poignant de McDermott, « Pas de notation sans dénotation ! » — le monstre bipède ferait bien de s'en souvenir avant de dire « je ».
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Les barbares

 

« Plus on pense, moins on existe. Or nous, ce que nous voulons, c'est exister. La pensée, c'est pour les caves. De l'être ! De l'être !
— Parfaitement ! Nous sommes des barbares et nous voulons être des barbares !
— Bou-ou-ouh !
— Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as cassé ta biscotte ? Oh mon pauvre cher vieux ! »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

La connaissance inutile

 

Savoir que la casquette du père Bugeaud est faite de poil de chameau... et cependant devoir mourir !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Métabolisme déficient de Malachie

 

Voilà qui est étrange : le prophète Malachie mange comme quatre mais il ne profite jamais. Il doit souffrir d'hyperthyroïdie, ce n'est pas possible autrement.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

lundi 26 octobre 2026

Du Boudin

 

« Tiens, dit Baudelaire à Poulet-Malassis qui visitait avec lui le Salon, voilà du Boudin. » Et en effet, c'était le tableau Un pardon à Sainte-Anne-la-Palud.
 
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)