vendredi 27 mars 2026

Un gros con : le videur du Panthéon

 

« Toi, tu peux entrer ; mais ton terrible cortège, là, ça ne va pas être possible.
— Pourtant, M. Malraux a dit...
— Je me fiche de ce qu'a dit M. Malraux. Ils n'entrent pas. T'as vu comment ils sont nippés ? »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Monet get away

 

On veut bien qu'il n'y ait pas de sot métier, mais tout de même, peindre des nymphéas... Qu'est-ce que cela veut dire ? Le monde n'est pas assez absurde ? Il faut lui ajouter des nymphéas ? Monet ! Get away ! Get a good job with more pay and you're okay !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Bananages en série

 

« Il faut croire que ce n'était pas assez de se faire bananer par toutes les choses, le monde, la mer, les forêts ; il fallait encore se faire bananer par toutes les roses que l'hiver prépare en secret.
— Mon pauvre vieux. Je te plains. »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Bien cachée

 

À l'intérieur de toute mégère difforme au faciès d'hippopotame se cache une jeune fille giralducienne. Mais pour la retrouver dans tout ce gras...
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

jeudi 26 mars 2026

Peindre malgré tout

 

Dans son traité Sur le non-étant, Gorgias a démontré que : premièrement, rien n'existe ; deuxièmement, même s'il existe quelque chose, l'homme ne peut l'appréhender ; troisièmement, même si on pouvait l'appréhender, on ne pourrait ni le formuler ni l'expliquer aux autres. Et cela paraît sensé, mais puisque rien n'existe, l'argumentation de Gorgias n'existe pas non plus, ce qui explique que le monstre bipède continue de faire des tableaux de peinture comme si de rien n'était. Il faut dire que peindre, c'est sa passion.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Henry Chinaski's lesson of life

 

Charles Bukowski a réussi à tenir soixante-treize ans et demi, malgré cet effrayant pichtegorne dont il s'imbibait sans interruption ou quasi. Son incroyable longévité est aussi une magnifique leçon de vie.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Inventivité du lypémane

 

Que peut-on faire ? On ne sait pas quoi faire. Alors on s'invente des occupations, comme de dormir sur un canapé en laine, la casquette rabattue sur le nez.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

L'art n'empêche rien

 

« Avoir tout l'œuvre de Callot et cependant commettre l'homicide de soi-même », a écrit Luc Pulflop. Et en effet, l'art n'empêche rien. Exemples : Jules Pascin (pendaison) ; Nicolas de Staël (défenestration) ; Mark Rothko (vénisection) ; le Parmesan (éparpillement dans un plat de linguine à la crème).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mercredi 25 mars 2026

Acrophobie

 

Les stylites étaient des gars qui n'avaient pas le vertige, il faut leur reconnaître ça.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Le destin attendra

 

En supposant même que notre destin nous attende à Pouldreuzic ou à Piatigorsk sous la forme d'une merveilleuse beauté bigoudène ou nord-caucasienne, tant pis, il attendra. Pour la différence que cela fait... On sait déjà comment ça se termine, le destin.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Le gouffre

 

Pour cent personnes qui sortent du lot, il n'y en a pas une qui méritait de sortir du lot. Comme disait Baudelaire, tout est abîme. En haut, en bas, partout, la médiocrité. Le vide affreux et captivant. Il faudrait ne jamais sortir des nombres. Parce que les êtres...
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Prévisions météorologiques

 

Les expressions de « ciel de traîne » et de « couloir rhodanien » nous courroucent. Assez de ciels de traîne ! Assez de couloirs rhodaniens ! Du possible ! Du possible, sinon nous étouffons !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mardi 24 mars 2026

Lassitude de Giacometti

 

Le 11 janvier 1966, en fin de matinée, le peintre et sculpteur Alberto Giacometti regagne à pied son domicile en suivant la rue de la Gaîté. Il vient d'acheter de la charcuterie. Tout à coup il s'arrête, pose à terre son paquet, s'assied sur le trottoir et meurt. Comme l'architecte David Vincent, il était « un homme trop las pour continuer sa route ». Si un vaisseau spatial s'était posé dans les parages quelques minutes après, ç'eût été le bouquet — mais non.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Cruauté de la vie

 

Son terrible handicap n'empêcha pas Louis Mexandeau de devenir ministre, mais il ne pouvait pas porter une hotte et était obligé de dormir sur le ventre.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Bric-à-brac philosophique

 

Deleuze et ses rhizomes... Lacan et ses mathèmes... Heidegger et ses être-quelque-chose... La philosophie est un véritable bric-à-brac. Pour reprendre l'expression de Lichtenberg, il n'y manque que la chaise percée du Dalaï-Lama.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Idéal philosophique grec

 

Les philosophes grecs, les Socrate, les Platon, les Aristote, n'oubliaient pas leur idéal quand ils prenaient l'apéritif. Encore et toujours, ils voulaient du beau, du bon, parfois même du bonnet (pour avoir bien chaud à la tête).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

lundi 23 mars 2026

Combinaisons péguyiennes

 

Péguy nous exhorte à dire ce que l'on voit, à voir ce que l'on voit et à dire ce que l'on dit. La seule combinaison qu'il exclut est de voir ce que l'on dit, on ne sait pas pourquoi.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Aux champignons avec le Dante

 

Ayant parcouru environ la moitié du chemin de notre vie, nous entrons avec le Dante dans une forêt obscure. Nous allons aux champignons. Il a l'air de s'y connaître et dit que c'est un bon coin pour les cèpes, alors... ce serait bête de ne pas y aller.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Amnésie volontaire

 

Les bourgades de la Manche, Cherbourg, Saint-Lô, Avranches, etc., sont si lugubres que Cervantès ne veut pas s'en rappeler le nom. C'est lui-même qui le dit au début du Quichotte. Il ne fait grâce qu'à Ducey, à cause de son vieux pont sur la Sélune.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

La métamorphose

 

Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa se découvrit frappé d'alopécie. Il n'avait plus un poil sur le caillou. « La journée commence bien », se dit-il. Il regarda par la fenêtre ; on entendait des gouttes de pluie sur le zinc. Ce temps brouillé aggrava sa mélancolie ; déjà qu'il avait la boule à zéro, et maintenant la pluie.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

dimanche 22 mars 2026

Yeux au cul de Chagall

 

D'après son ami Blaise Cendrars, le peintre Chagall peignait avec une sardine, parfois même avec une vache, suivant ce qui lui tombait sous la main. Cendrars affirme également que Chagall avait « les yeux au cul » mais cela paraît trop extraordinaire pour être vrai.
 
Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

 

À Pouldreuzic

 

Il y a des endroits où l'on n'ira jamais, par exemple Pouldreuzic. Et pourtant, c'est peut-être justement là qu'on aurait dû aller. C'est peut-être justement là que nous attendait notre destin.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Sagesse de Palivec

 

L'art, la science, la philosophie, la religion, l'amour, les bonnes femmes, tout ça ne vaut pas tripette. D'accord avec Palivec, le patron de la brasserie Au Calice, nous répétons après lui : « Autant vaut la merde. »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Présence de Virgile

 

Dans l'étude qu'il a consacrée à Virgile, Sainte-Beuve révèle que le poëte, en panne d'inspiration et à court de moyens, dut travailler un temps comme agent de sécurité dans un hypermarché des environs de Mantoue.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

samedi 21 mars 2026

Omniprésence divine

 

S'il faut en croire le vénérable Bède, le démiurge possède un trait en commun avec Lucien Rebatet et Pierre-Antoine Cousteau : il est partout.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Rien que du mou

 

Comme le peintre Grandgil lorsqu'il prend à partie le bistrotier Alfred Couronne, nous demandons à l'autrui lévinassien ce qu'il est venu foutre sur terre, nom de Dieu. Nous lui demandons s'il n'a pas honte d'exister et s'il ne va pas changer de gueule un jour. Nous ajoutons « saloperie, va ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Barbecue scolastique

 

Manger des chipos avec Guillaume de Champeaux ; discuter avec lui de réalisme et de nominalisme ; pour le faire bisquer, affirmer après Roscelin que les universaux sont des abstractions qui n'existent que dans l'esprit de celui qui les forme.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Cocuage inéluctable

 

Dans la vie, on peut être de bonne foy autant que le poëte des Planches courbes, on peut avoir des principes autant que Gavrilo, on ne s'en retrouve pas moins cocu comme Phillip.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

vendredi 20 mars 2026

Règle de conduite

 

On croit qu'un assassin n'a pas de principes, mais Gavrilo en avait : il ne tuait que les archiducs (et leur bonne femme, si elle avait le malheur d'être dans les parages).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)