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vendredi 6 mars 2026

Hésitation

 

Mort, on est tranquille comme Baptiste, vivant, intranquille comme Pessoa. Le choix devrait être vite fait, pourtant on hésite. Il y a dans la mort quelque chose d'inimaginable, quelque chose de pointu qui nous rentre dans le cul et — c'est terrible à dire — nous empêche de marcher !
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

mardi 24 février 2026

Petitesse des grands hommes

 

Keats prenait les vignettes ; Hölderlin prenait les vignettes ; Kierkegaard prenait les vignettes ; Baudelaire prenait les vignettes ; Edgar Poe prenait les vignettes ; Tchekhov prenait les vignettes ; Kafka prenait les vignettes ; Fernando Pessoa prenait les vignettes ; le négateur Émile Cioran prenait les vignettes... Ils prenaient tous les vignettes. Edgar Poe avait même la carte du magasin.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

jeudi 1 janvier 2026

La porte

 

Fernando Pessoa disait qu'il serait toujours celui qui attend qu'on lui ouvre la porte auprès d'un mur sans porte, et comme c'est aussi notre cas, on attendra ensemble, d'accord ? On pourra jouer aux dominos pour passer le temps.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

dimanche 7 décembre 2025

Zinzin

 

Comment, après Kierkegaard, après Fernando Pessoa, après le « philosophe de l'absurde » Albert Camus, se trouve-t-il encore des gens pour se lever le matin ? Ils ne lisent pas ?
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

lundi 17 novembre 2025

Un cocktail fatal

 

« Monsieur Pessoa, la source de tous vos problèmes, c'est que vous êtes intranquille », avait dit son médecin à Fernando Pessoa. Sur le coup, il y avait prêté peu d'attention, mais... son intranquillité, combinée à une mauvaise circulation, avait fini par lui valoir des varices. « Ô roues, ô engrenages, r-r-r-r-r-r-r éternel ! Violent spasme retenu des mécanismes en furie ! », s'était-il alors exclamé.
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

samedi 16 août 2025

Vaca gorda

 

Dans son Livre de l'intranquillité, l'écrivain portugais Fernando Pessoa traite la vie de « grosse vache » — et c'est assez bien trouvé.
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

lundi 28 juillet 2025

Gingerbread sadness

 

Sans se prendre pour le poëte Fernando Pessoa — « Ô roues, ô engrenages, r-r-r-r-r-r-r éternel ! Violent spasme retenu des mécanismes en furie ! » —, on sent que la tristesse est comme le pain d'épice, mais on est incapable d'expliquer pourquoi. L'arrière-goût de cannelle, de muscade et de clou de girofle ? La spongiosité ?
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

lundi 24 mars 2025

Tête de nave

 

À cause de son intranquillité, de son crâne en pain de sucre et de son teint blafard, Fernando Pessoa — Ô roues, ô engrenages, r-r-r-r-r-r-r éternel ! Violent spasme retenu des mécanismes en furie ! — était surnommé « tête de nave » par les habitués du café Martinho da Arcada. Il essayait de faire mine de rien mais cela le courrouçait et le rendait encore plus intranquille.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

vendredi 27 septembre 2024

Thétis

 

Dans son Astronomie poétique, Hygin affirme que Hippé, fille du centaure Chiron, était appelée auparavant Thétis. Sans que l'on puisse s'expliquer pourquoi, ce changement de nom accroît encore notre intranquillité pessoaïenne et notre misanthropie.
 
(Lucien Ganne, Syllogismes de la mer Rouge)

samedi 13 juillet 2024

Absence de gueulement chez Kafka et consorts

 

Les Kafka, les Pessoa, les Kierkegaard, tous ces auteurs geignent mais ils ne gueulent pas. Ils ne traitent pas le réel de pot de pisse ou de grosse vache. Cioran non plus, trop occupé à ramer sur l'étang de Soustons. Ils ont peur de se faire mal voir ou quoi ?
 
(Lucien Ganne, Syllogismes de la mer Rouge)

vendredi 12 juillet 2024

Un boute-en-train

 

Retranché dans ses rêveries, l'écrivain Pessoa rédigeait le journal de bord fragmenté d'une collection de sensations qu'il se risquait parfois à appeler existence. Le problème est que chaque fois qu'il le faisait — chaque fois qu'il appelait existence cette collection de sensations —, cela provoquait l'hilarité de ses copains de bistrot : « Sacré Fernando, va, toujours le mot pour rire. »
 
(Lucien Ganne, Syllogismes de la mer Rouge)

jeudi 4 juillet 2024

L'anti-Pessoa

 

Dans le Lotus Bleu, l'infâme Mitsuhirato, personnage antipessoaïen par excellence, habite rue de la Tranquillité.
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

lundi 24 juin 2024

Vaincre l'intranquillité

 

Avec la vie déprimante qu'il menait, comment Pessoa a-t-il fait pour tenir le coup ? Est-ce l'écriture de sonnets élisabéthains, qui l'a aidé ? Entretenait-il une liaison secrète avec un « cougar » cuissu et fessu ? Cela ne serait pas pour nous surprendre. Son pseudonyme le plus connu, Bernardo Soares, est presque l'anagramme exacte du mot cougar.
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

dimanche 9 juin 2024

Remords du Grandiloque

 

Comme Fernando Pessoa, le négateur Émile Cioran était intranquille. Chaque jour, une voix intérieure lui disait : « Polygnote de Thase, Arcésilas de Paros, Lysippe, Pausias de Sicyone, tous peignirent sur émail ou sur verre ; et toi, tout ce que tu fais, c'est te lamenter et gémir. Peins donc sur émail ! Ou si tu préfères, sur verre, ce sera peut-être plus facile ! »
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

samedi 18 mai 2024

Peu pour être heureux

 

L'ours Baloo dit qu'il en faut peu pour être heureux ; qu'il faut se satisfaire du nécessaire (un peu d'eau fraîche et de verdure que nous procure la nature, etc.). Mais le philosophe Kierkegaard, en plus d'eau fraîche et de verdure, avait besoin de possible, faute de quoi, affirmait-il, il étoufferait.
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

vendredi 10 mai 2024

Lectures nocives

 

Pour le chat, vivre consiste à faire de longues siestes au soleil et à dévorer de succulentes croquettes Canaillou, tandis que pour l'homme, ainsi que l'a noté le « romancier de l'absurde » Albert Camus, la vie est faite d'ennuyeuse monotonie, de paroles superflues et de solitude. Pourquoi ? Le chat n'a pas lu Dostoïevski ni Schopenhauer ni Fernando Pessoa, voilà pourquoi.
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

vendredi 22 mars 2024

Intranquillité pessoaïenne

 

L'écrivain portugais Fernando Pessoa souffrait de cénestopathie. Quand il avait une crise, il ne sentait plus ses doigts de pied. Or les crises pouvaient lui tomber dessus à tout moment. Alors il était assez intranquille, ça se conçoit.
 
 (Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

jeudi 15 février 2024

Auteurs facultatifs

 

À quoi bon lire du Pessoa ou du Luc Pulflop, puisque tout ce qu'ils disent, on l'a déjà constaté par soi-même ? Ils le disent de façon amusante, c'est vrai, mais enfin... c'est seulement si on a du temps à perdre.
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

mercredi 12 octobre 2022

Un croisement

 

Le difficile est de réunir en soi deux sortes d'inquiétude : celle du ver de terre — qui attend que l'écrase le pied du voyageur — et celle du poëte portugais Fernando Pessoa — « Ô roues, ô engrenages, r-r-r-r-r-r-r éternel ! Violent spasme retenu des mécanismes en furie ! ». C'est difficile, mais avec un peu de persévérance, on y arrive.

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)

jeudi 29 septembre 2022

Inquiétude pessoaïenne

 

Aussi obtus soit-il, l'homme conçoit vaguement qu'il va mourir, c'est probablement ce qui explique qu'il n'a pas la placidité joyeuse du chien.

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)