lundi 4 mai 2026

Dac expliqué

 

Le nom Baillémir Bistouquette n'est pas une référence au prince Branimir de Croatie mais à la chanson Bei Mir Bist Du Schön.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

 

Ce qui serait bath

 

Comme le négateur Émile Cioran, produire une œuvre ironique et apocalyptique, marquée du sceau du pessimisme, du scepticisme et de la désillusion, c'est ça qui serait bath.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Bernanosisme charcutier

 

On peut, comme Bernanos, être obsédé par le problème du mal tout en étant par ailleurs grand amateur de charcuterie. On écrit alors le Journal d'un pâté de campagne (un roman du nihilisme et de la grâce).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Compulsion rilkienne

 

Chaque fois qu'il se trouvait en présence de la princesse von Thurn und Taxis, le poëte Rilke brûlait de lui dire : « Suivez cette voiture ! » Mais timide comme il l'était, il n'osa jamais.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

dimanche 3 mai 2026

Une spécialiste du contre-la-montre

 

Dans son Dictionnaire hagiographique, l'abbé Pétin affirme que la bienheureuse Marie Alacoque n'était à l'aise que sur le plat. Elle appréhendait les étapes de montagne.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

À quoi joue l'imberbe

 

Que le barbu sonne quand il a besoin de quelque chose, cela peut se concevoir, mais on se demande pourquoi — et surtout pour qui ! — sonne le glabre. Hemingway se le demandait aussi, il paraît.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Impotence géographique

 

On voudrait, comme le Fortore, séparer le Molise des Pouilles, ou comme le Prout, marquer la frontière entre la Moldavie et la Roumanie, mais on est faible, on est chétif, et au final on ne fait rien.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Alerte orange chez Henry Chinaski

 

Le domicile de l'écrivain Charles Bukowski était constamment en vigilance orange pour risque non pas de crue — il habitait assez loin de la Los Angeles River — mais de cuite, bel et bien.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

samedi 2 mai 2026

Proverbe poilu

 

Il vaut mieux passer chez Soches (au lieu-dit les Soches, à Colondannes, dans la Creuse) qu'être un empaffé chez Foch.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Tout pue

 

Pour ne pas être taxé d'immaturité, il faut saupoudrer ses réflexions amères de références à Tacite, à Joseph de Maistre et à Thérèse d'Avila. Sinon, dès qu'on dit que tout pue, on est un « adolescent attardé ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Encore une belle journée

 

Le soleil vient de se lever. On attend l'ami Ricoré, avec son pain et ses croissants, mais c'est la pensée que « rien n'est » qui surgit. Alors on suit le conseil du négateur Émile Cioran, on se recouche et on gémit.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Jours tranquilles à Chamouny

 

Devenu vieux, le chroniqueur de cinéma François Chalais élut domicile là-haut sur la montagne : murs blancs, toit de bardeaux, devant la porte un vieux bouleau... Qu'il était loin, le temps de Je suis partout !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

vendredi 1 mai 2026

Nécropole austère

 

Le monde est une nécropole austère. Y vivre ressemble (en pis) à une trilogie new-yorkaise. C'est lugubre, po prostu.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Surnoms

 

Émile dit Mimile, d'accord, André dit Dédé, admettons, Gustave dit Tatave, ça peut encore se comprendre, mais Simon dit Pierre???
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Morale de l'inconfort

 

Comme le fakir hindou, le sceptique adhère à une morale de l'inconfort. Il est capable de rester une vie entière le fiacre entre deux chaises, entre l'être et le néant, ni ceci ni cela.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Angoisse de Boulle

 

L'écrivain Pierre Boulle fit établir son arbre généalogique afin de s'assurer qu'il n'avait aucun lien de parenté avec le dignitaire nazi Rudol Fesse.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

jeudi 30 avril 2026

Tribulations météorologico-existentielles

 

Comme celle du « señor Météo » de la chanson, la grenouille du philosophe Heidegger était malade. Elle annonçait du beau temps et il pleuvait des cordes. Heidegger en était désespéré. Il avait déjà du mal avec l'être, maintenant c'était avec le temps !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Conversion de Sembat

 

Ce furent la stupeur et les tremblements chez les socialistes de tendance blanquiste quand leur leader Marcel Sembat se mit à la bossa nova. Ils avaient peur de ne jamais attraper le rythme.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Chefs communistes

 

L'homme politique Marcel Cachin était communiste et paimpolais. Il était donc en quelque sorte un « coco » de Paimpol. En revanche, Jacques Duclos n'était pas de Vougeot (Côte-d'Or) ni Thorez de Rodez.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Cacher Cachin

 

Qui n'a jamais rêvé de faire comme Anatole de Monzie durant l'Occupation ? Cacher Cachin ? Dans une cache ? Aux environs de Cahors ?
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mercredi 29 avril 2026

Inexorabilité de la mort

 

Malgré l'effort surhumain qu'il fit de « penser la mort », le philosophe Jankélévitch y passa comme les copains. La mort se fiche qu'on la pense, elle ne se laisse fléchir par rien. Elle est inexorable. Philosophe ou pas, pour elle c'est pareil.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Un dur à cuire

 

Un qui ne prenait pas les vignettes, c'est Georg Lukács. Même pour obtenir des draps de bain à moitié prix. À la suite de Marx, il critiquait le « fétichisme de la marchandise ». Il avait la carte non pas du magasin mais du parti.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Apprendre à vivre


« Qu'ils s'appellent Platon, Hegel ou Bergson, les philosophes vont vous apprendre à vivre, vous allez voir, tas de salops ! »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Progrès encore insuffisant


Quelqu'un qui comprendrait à fond une biscotte confiturée aurait fait un grand pas vers la compréhension de l'être et du temps. Mais pour ce qui est de « savoir y faire avec les gonzesses », il aurait fait du surplace, purement et simplement.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mardi 28 avril 2026

Le mythe du passé

 

Nous n'avons pas d'histoire. Nos souvenirs sont apocryphes. Le passé n'a jamais eu lieu. Nous avons tout inventé. La terre est creuse et nous vivons à l'intérieur.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Comme Maritain

 

Ce n'est pas seulement notre philosophie, c'est notre vie même que nous devons placer sous le signe du thomisme. Sinon à quoi bon ? L'être et l'essence ! L'essence et l'être ! Comme Maritain ! Comme Étienne Gilson !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Tous de La Bourboule

 

Matérialistes dialectiques, personnalistes mouniériens, empiristes logiques, sceptiques grecs, existentialistes chrétiens, tous ces amis de la sagesse ont une chose en commun : ils sont tous du Puy-de-Dôme ; ils sont tous de La Bourboule.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Pas d'appeau pour Giuseppe

 

Chaque fois que Giuseppe Ungaretti allait à la chasse au canard, il essayait d'emprunter l'appeau de Malaparte mais celui-ci ne voulait pas s'en séparer, il avait peur qu'on ne le lui rapportât « kaputt ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

lundi 27 avril 2026

Histoire des escargots

 

Un poëme de Jacques Prévert raconte l'histoire de deux escargots qui s'en vont aux obsèques d'une feuille morte. Ils ont, nous dit le poëte, « la coquille noire et du crêpe autour des cornes ». Les deux compères se mettent en route par un soir d'automne, mais ils sont tellement lents que quand ils arrivent à destination, c'est déjà le printemps et « les feuilles qui étaient mortes sont toutes ressuscitées ». Les escargots sont très déçus, comme on peut l'imaginer. Alors pour se consoler, ils font une ribouldingue à tout casser. Ce beau poëme est aussi une leçon de vie.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Bataille, Blanchot et l'existentialisme

 

Maurice Blanchot : Georges, est-ce que tu as remarqué que l'attente commence quand il n'y a plus rien à attendre, pas même la fin de l'attente ? L'attente ignore et détruit ce qu'elle attend. L'attente n'attend rien.
Georges Bataille : Tu ne parlerais pas ainsi si tu avais vu le nouveau chapeau de...
Maurice Blanchot : de Zozo ?
Georges Bataille : Oui.
Maurice Blanchot : C'est exact, je ne l'ai pas vu.
Georges Bataille : Pour être original, il l'est, ça je te le jure.
Maurice Blanchot : Pas la peine de jurer, je te crois.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

À vérifier


Est-il vrai, comme l'affirment Schopenhauer et Folantin, que seul le pire arrive ? Ce serait une chose à vérifier, si on avait le temps et l'opiniâtreté nécessaires.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Une chose à ne pas dire

 

Il est fortement conseillé de taire que ce qu'on ne peut dire il faut le taire. Le dire serait un coup à s'attirer des ennuis, et sérieux.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

dimanche 26 avril 2026

L'annonce faite à Marcel

 

« Frère, il faut mourir.
— Quoi ? Maintenant ?
— Peut-être pas maintenant mais bientôt. Dans une couple de semaines, mettons.
— Sacré nom d'une pipe. T'as bien fait de me prévenir. »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Superficialité de l'autrui lévinassien

 

Chez l'autrui lévinassien, ce n'est pas comme chez le laboureur de La Fontaine : c'est le fond qui manque le plus. Il est tout en surface, le gus.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal)

Méditation cartésienne

 

Quand on visite un aquarium, on en vient fatalement à se poser la question : « Pourquoi les poissons ont-ils tous des gueules de con ? » On aimerait trouver mieux en fait de « méditation cartésienne », mais ce n'est pas de veine, on manque complètement d'inspiration.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Faire les courses par temps d'acédie

 

Il ne faut pas aller dans un supermarché quand on est frappé d'acédie monastique. Il vaut mieux fréquenter les commerces de proximité. Ces derniers ont moins de chalands et de marchandises, et sont donc moins susceptibles d'entretenir la lassitude et l'amertume de l'âme. Par ailleurs, on contribue à revitaliser les centres-villes.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

samedi 25 avril 2026

Une ou deux choses que nous savons


Nous savons que la capitale du Guatemala est la capitale du Guatemala ; c'est Leibniz qui nous l'a dit et il n'est pas le gars à raconter des craques. Grâce à Ludwig Wittgenstein, nous savons aussi que ceci est notre main.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

À la pharmacie

 

« Catherine ! Une barquette de triazolobenzodiazépines pour monsieur Cioran !
— J'apporte ça tout de suite ! »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Peur irraisonnée

 

Quand on a passé la moitié de sa vie à dormir et l'autre moitié à ruminer (sur l'être, le néant, etc.), mourir ne devrait pas poser de problème. Et pourtant si. C'est plus fort que soi, on a le trac.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Bourlet

 

L'histoire des mathématiques ne nous dit pas si la femme du mathématicien Carlo Bourlet en avait — et si oui, s'ils affectaient la forme d'une clothoïde.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

vendredi 24 avril 2026

Theres's the rub

 

Hamlet était d'accord pour mourir, mais à la condition signée Couasnon de ne pas rêver. Il avait peur de faire des cauchemars.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Sens de la vie

 

On se plaint de ce que la vie n'a pas de sens, mais quand on essaie d'imaginer quel sens elle pourrait avoir, on sèche.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Questionnement mimétique

 

Pourquoi l'homme fait-il le mal ? Pourquoi, autrement dit, est-il un « pot de pisse certifié » ? C'est la question que se pose Primo Levi dans son livre Si c'est un homme. Et nous nous la posons aussi, forcément, ne serait-ce que par mimétisme.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Gran hombre de la literatura argentina

 

Il est difficile de trancher si le grand homme de la littérature argentine est Almafuerte ou Sarmiento quand on ne connaît ni l'un ni l'autre. Disons Sarmiento, alors — mais sans garantie.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

jeudi 23 avril 2026

Visitation

 

On est allongé sur un canapé en laine, abruti de fatigue existentielle et de dégoût, quand soudain on entend un léger grouillement. Il est là ! Il est vivant ! Le Rien !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Monotonie de l'échec

 

La solitude annule le présent et fait remonter le passé à la surface. On revit ses échecs antérieurs au lieu d'en fabriquer de nouveaux. Mais comme c'est toujours plus ou moins la même chose, ça n'a pas d'importance.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Comment vivre

 

Passé un certain âge, il devient ridicule de se poser encore la question « comment vivre ». Mais ridicule ou non, on attend toujours l'illumination.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Régicide fluide

 

L'assassinat de Dieu par l'homme, Frédéric Nietzsche l'appelle « le régicide fluide du mésomorphe phasitron » — considérant qu'il fut perpétré sans à-coups et que Dieu, avec son ossature forte, ses muscles solides et sa capacité de ventiler les patients, était un mésomorphe phasitron.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mercredi 22 avril 2026

Système chinois

 

La Chine a un système purement décimal dont l'origine se perd, au choix, dans Ravages de Barjavel ou dans La Nuit des temps du même auteur.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Camion sur Levi

 

L'écrivain Ferdinando Camion, poids-lourd s'il en est des lettres italiennes, dit de Primo Levi qu'il ne crie pas, qu'il veut faire crier. Et c'est tout à fait ça !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)