« Quand j'entends le mot vivre, je sors mon revolver ou du poison. » (Luc Pulflop)
lundi 3 décembre 2018
Tragédie lyrique
Étang de Soustons, deux heures de l'après-midi. On entend au lointain un son funèbre de trompettes mêlé de cris de douleur. Tout le monde est saisi d'un terrible pressentiment.
Alamire. Pleurez tous : je vous apporte une terrible nouvelle.
Irène. Eh bien ? Parle vite !
Antonine. Comme mon cœur bat !
Alamire. Voilà : rien n'a de sens. Dois-je le répéter ? Rien n'a de sens. — Pis encore : rien ne sert à rien.
Irène. Hélas !
Antonine. Quel coup !
Justinien. Si j'étais seul, je me jetterais instantanément à l'eau. Jamais je n'ai ressenti avec une telle violence le besoin de mettre un terme à tout ça.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Une idée vorace
L'idée du Rien est carnivore. Les êtres dont la pachyméninge s'ouvrent à cette idée sarcophage sont dévorés par elle en quarante jours, les dents exceptées. Elle boulotte aussi les miroirs, les brosses, les vêtements et les chaussures de l'infortuné. C'est Thrasylle le Mendésien qui l'affirme.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Solipsisme (en manchettes)
Encellulé dans l'icosaèdre du Moi, où toute « réalité empirique » se dilue.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Ornement de la vie
L'idée du Rien se dresse sur les escarpements de la montagne Ling-nan, élégante et belle, bien qu'elle n'ait pas subi l'action du ciseau ou de la doloire. On l'emploie comme ornement et comme remède aux innombrables horreurs de l'existence. C'est une panacée. Elle guérit les ulcères malins, les fistules ; elle chasse les fantômes, les mauvais esprits. Elle éloigne les miasmes. Cette idée est chose merveilleuse.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Phatique
Tout discours parlant d'autre chose que du Rien relève de la fonction phatique du langage.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
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