dimanche 4 décembre 2022

Béatitude de l'inhumé

 

Dans son Prologue de Madame Putiphar, Pétrus Borel remarque avec justesse que le bonheur vrai n'existe que dans la tombe. Le « décédé » fait fi des plaisirs rongeurs et des amitiés fausses. L'ambition et les espoirs déçus ont cessé de le tenailler. Le poëte résume tout cela en un vers aussi contondant qu'un marteau de vitrier : « Sur la terre on est mal, sous la terre on est bien ».

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)

Aveuglement

 

Un humoriste a dit que « Beethoven était tellement sourd que toute sa vie il a cru qu'il faisait de la peinture ». Eh bien, René Char, c'est un peu pareil. Il était tellement con que toute sa vie il a cru qu'il faisait de la poésie.

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)

Tant qu'à choisir

 

Quand on visite un cimetière, on croise des morts et des vivants ; ces derniers, inutile de se le cacher, puent atrocement des pieds « et c'est encore avec les morts qu'on préfèrerait être ».

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)

Salop de Marchandot

 

La vie, ce n'est pas marrant. Après une quantité effarante de tribulations, on arrive enfin rue Lepic devant chez Marchandot mais le salop n'ouvre pas, il se terre, il a la trouille, et on est obligé de gueuler : « Marchandot ! Marchandot ! Debout là-dedans ! Ton cochon, Marchandot ! Marchandot ! Marchandot ! » au risque de se faire arrêter par une patrouille (et bien sûr, ça ne manque pas).

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)