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lundi 9 février 2026

Penser printemps

 

Si le poëte Nerval avait été un tant soit peu raisonnable, ce n'est pas de se détruire qu'il aurait eu la pensée en arrivant sur la place de la Concorde, mais d'épouser la fille du consul Olsen dit Olsen-au-gruau.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

dimanche 8 février 2026

Didactisme de Meaulnes

 

« Apprends-le, Seurel : les poissons sont des bêtes qui vivent dans les remous. »
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

dimanche 1 février 2026

Notre rêve familier

 

Cette femme inconnue et qu'on aime et qui nous aime, ce n'est pas du tout une inconnue, c'est Ylajali, la fille de l'agent d'affaires Happolati !
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

samedi 24 janvier 2026

Un pernicieux Lapon


Et si l'irréversibilité du temps n'était qu'une rumeur inventée et colportée par le Lapon Gilbert ?
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

vendredi 23 janvier 2026

Familiarité de la Camarde

 

La mort est d'une familiarité incroyable. Quand elle vient vous chercher, elle ne vous appelle pas Hartvigsen mais simplement Benoni, comme si vous aviez gardé les vaches ensemble. Elle dit : « Toi, là, Benoni. Viens donc un peu par ici. »
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

mercredi 21 janvier 2026

Appartenance aux forêts

 

Comme le lieutenant Glahn de Hamsun, nous appartenons aux forêts et à la solitude. Mais surtout à la solitude parce que les forêts... pas tant que ça, en fait.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

mardi 20 janvier 2026

Voyeurisme hippomobile

 

Dans le roman La Faim de Knut Hamsun, on trouve, page 186, la phrase suivante : « Je m'arrête brusquement et regarde les fiacres avec attention. »
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

lundi 22 septembre 2025

État de fait

 

Dans le roman Mystères de Knut Hamsun, le personnage principal, lorsqu'on lui demande qui il est, répond simplement : « Je suis un état de fait. » Cette définition nous convient intégralement et épuiserait presque notre nature (si nous avions une nature à épuiser).
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

mercredi 25 juin 2025

Kuboa

 

Dans son roman La Faim, Knut Hamsun fait inventer à son héros le mot kuboa. Le génial inventeur précise aussitôt que ce vocable ne signifie ni exposition de bétail ni manufacture de tabac ni laine à tricoter. Mais alors ? Serait-il possible qu'il désigne un... mégalithe pellucide ? C'est-à-dire un mégalithe fait d'une matière transmettant la lumière d'une façon diffuse ?
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

dimanche 22 juin 2025

La dernière joie

 

Il arrive un moment dans la vie où l'on n'a plus pour seul plaisir que d'aller de la mairie de Bezons à la gare de Houilles (douze minutes en passant par la rue Albert 1er quand le trafic est fluide). Tout le reste... pouah.
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

jeudi 20 septembre 2018

Un velléitaire


« Le lendemain soir, il était sur son perchoir et dormait. Alors, une main s'empara de lui et fit le noir, fit le noir immense. »

Exaspéré par l'haeccéité, cette camisole qui l'étouffe et l'écorche jusqu'au sang, l'homme du nihil envie parfois le sort du coq évoqué par Knut Hamsun. Faute de main secourable, une fiole de taupicide fera très bien l'affaire, pense-t-il. Mais ce « noir immense » a tout de même quelque chose d'effrayant... Comme il est un peu lâche, il se recouche, gémit... et le matin suivant, il reste assis en robe de chambre, à la terrasse de la taverne, sur la place du Marché, à boire des verres de « casse-patte », à ruminer la temporalité du temps, la mortalité de l'être mortel... Et puis : « le soir tombe, on n'est plus très jeune ».


(Johannes Zimmerschmühl, Pensées rancies et cramoisies)