« Quand j'entends le mot vivre, je sors mon revolver ou du poison. » (Luc Pulflop)
jeudi 31 mai 2018
Puissance du zéro
René Guénon, dans son article Les dualités cosmiques, notait qu'« il est étrange que les mathématiciens aient l'habitude d'envisager le zéro comme un pur néant, et que cependant il leur soit impossible de ne pas le regarder comme doué d'une puissance indéfinie, puisque, placé à la droite d'un autre chiffre dit significatif, il contribue à former la représentation d'un nombre qui, par la répétition de ce même zéro, peut croître indéfiniment ».
Et il poursuivait son apologie du zéro en disant que « si on le regarde comme représentant le Non-Être, envisagé comme possibilité d'être, donc comme contenant l'Être en puissance, on peut alors dire que le Non-Être est supérieur à l'Être, ou, ce qui revient au même, que le non-manifesté est supérieur au manifesté, puisqu'il en est le principe ».
Ce à quoi Gragerfis aurait rétorqué : « Oh ! Oh ! Comme tu y vas, mon ami ! Il y a zéro et zéro ! Et tous ne sont pas "doués d'une puissance indéfinie". Regarde Michel Onfray : tu parles comme il est "supérieur au manifesté" ! »
(Léon Glapusz, Mélancolie bourboulienne)
Totalisation impossible de l'infini
En février 1964, Gabriel Marcel accompagne Emmanuel Levinas dans un voyage en ballon au-dessus de la Belgique. L'imagination la plus habile doit renoncer à se figurer ces deux philosophes, l'un existentialiste chrétien, l'autre métaphysicien d'autrui, perdus au milieu d'un épais brouillard, rendu d'autant plus triste par le silence de mort qui l'accompagne. Le froid est si considérable que, pénétrés par l'humidité, leurs vêtements sont gelés ; les cheveux et la barbe sont blanchis par le givre qui tombe en abondance et dont il faut constamment débarrasser la nacelle.
(Marcel Banquine, Exercices de lypémanie)
Utilité pratique
Contrairement à l'homme du nihil qui n'attend de son exploration du Rien aucune retombée concrète, le grand géomètre Bossut a constamment pris soin de diriger ses recherches vers des objets d'utilité pratique. Ainsi, dans sa Mécanique, on trouve un Traité sur la poussée des voûtes, où ce sujet important et difficile est développé avec autant de profondeur que de clarté.
(Raymond Doppelchor, Océanographie du Rien)
Rétro défectueux
À Marbourg, Heidegger se remet au billard, mais il y joue désormais au club de l'université. Il travaille surtout son rétro, qu'il juge un peu faible.
Un soir, alors qu'il dispute une partie avec Hannah Arendt dans le club déserté, l'ambitieuse étudiante demande à son professeur de la « prendre comme un pécari ». Il s'exécute — avec un peu de mal car ses connaissances en zoologie sont modestes.
C'est le début d'une histoire d'amour tumultueuse, qui mettra le Dasein du philosophe à rude épreuve.
(Jean-René Vif, Scènes de la vie de Heidegger)
Le compostage partagé prend racine
« Saumur Habitat et Saumur Agglopropreté ont inauguré, ce jeudi 22 février, deux composteurs partagés dans le quartier des Violettes. Ils sont installés rue Louvet. Un troisième sera prochainement implanté dans un jardin près du 71, rue des Violettes.
Le principe s'appuie sur l'apport volontaire — qu'il ne faut pas confondre avec la mort volontaire — des habitants qui peuvent y déposer des épluchures de légumes, de fruits ou le marc de café. Ensuite, le produit du compostage sera redistribué aux habitants "qui pourront en faire, ma foi, ce qu'ils voudront, et même se le mettre dans le c..." indique Jean-Guy Pouliquen de Saumur Agglopropreté.
L'objectif est de "diminuer les quantités de déchets mis à la collecte en valorisant la partie organique des ordures ménagères, ainsi que de créer du lien social et de la convivialité dans le quartier", explique le responsable du projet qui ajoute : "Y a-t-il rien de plus convivial que de déposer ses épluchures de légumes dans le même composteur, en une sorte de communion dans le dépôt de déchet ? Cela ne donne-t-il pas au Dasein l'impression de participer à une grande œuvre collective ?"
Nous lui répondons que cela est indéniable, prenons notre chapeau et sortons. » (Le Courrier de l'Ouest, 22 février 2018)
(Francis Muflier, L'Apothéose du décervellement)
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