« Quand j'entends le mot vivre, je sors mon revolver ou du poison. » (Luc Pulflop)
mardi 5 juin 2018
Relativisme et vérité scientifique chez Max Weber
« Un parricide avec des couverts de cuisine. Le procès de Nasr'eddine Zaiani, accusé du meurtre de son père, débute ce matin devant la cour d'assises du Rhône.
Après une dispute anodine, ce soir d'avril 2003, il se saisit d'un couteau peu tranchant puis d'une fourchette pour porter à son père des coups mortels. Un véritable massacre, à la suite duquel le jeune homme se rend au commissariat de Décines pour se dénoncer.
Souffrant de schizophrénie depuis son adolescence, il dit avoir été poussé par des voix qui lui susurraient que "seule une partie finie de la multitude infinie des phénomènes possède une signification". Ses parents envisageaient à l'époque de le faire hospitaliser.
À 32 ans, Nasr'eddine Zaiani encourt la perpétuité. Le verdict est attendu demain soir. » (20 Minutes, 28 septembre 2006)
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)
Préparatifs à la lecture de Fichte
« L'ontologie critique ! Redressons-nous et rectifions notre tenue avant de pénétrer dans cette froide et solennelle enceinte. » (Paul Claudel, Journal, Tome I, p. 737)
(Raymond Doppelchor, Océanographie du Rien)
Corrigez, bon sang !
Dans Objectif Lune, la fusée expérimentale, radioguidée depuis la base, décolle et fait le tour de la lune en photographiant sa face cachée. C'est alors que des « forbans » prennent le contrôle du radioguidage afin de s'emparer de l'engin. Pour les en empêcher, le professeur Tournesol déclenche un système d'explosion à distance dont il avait doté la fusée sur les conseils de Tintin.
Comme Tryphon Tournesol, l'homme du nihil tente désespérément de corriger, mais sans succès, et sa vie s'en va à vau-l'eau. Par chance, il dispose lui aussi d'un système de destruction à distance : le revolver Smith & Wesson qu'il conserve sous son oreiller, symbole de la mort accueillante et seul moyen pour lui de retrouver le calme.
(Hermann von Trobben, Le Monocle du colonel Sponsz)
Inquiétante étrangeté bourboulienne
Il est de fait que l'homme du nihil ressent, quand on le transplante inopinément à La Bourboule, l'aveugle inquiétude de l'araignée arrachée à sa tâche pour être placée au beau milieu d'une toile étrangère.
Ce malaise, né d'une rupture dans la rationalité rassurante de la vie quotidienne, est ce que Sigmund Freud appelle Das Unheimliche. Mais à vrai dire, le premier à avoir étudié ce concept d'« inquiétante étrangeté » est Ernst Jentsch, auteur de Zur Psychologie des Unheimlichen paru en 1906. Celui-ci relie le malaise ressenti par le Dasein au doute que peut susciter un objet apparemment animé dont on ne sait s'il s'agit réellement d'un être vivant, ou encore par un objet sans vie dont on se demande s'il ne pourrait pas s'animer, exempli gratia La Bourboule (mais cela est également vrai de Maubeuge et de Longwy).
(Léon Glapusz, Mélancolie bourboulienne)
Loi d'inertie
En algèbre linéaire, la loi d'inertie de Sylvester, formulée par James Joseph Sylvester en 1852, est un théorème de classification des formes quadratiques réelles.
Mais en philosophie nihilique, la loi d'inertie possède une tout autre signification. Elle prescrit à l'étant existant — le célèbre Dasein — de ne bouger sous aucun prétexte de son « matelas-tombeau » (Matratzengruft), pour échapper autant que faire se peut à la temporalité du temps, contenir les ardeurs de son Moi par trop enclin à « faire le zouave », et éviter l'horreur des rencontres avec le « monstre bipède » — le fameux « autrui » du philosophe Levinas.
(Włodzisław Szczur, Mathématique du néant)
Fiel angoisseux de l'haeccéité
« Quand l'estant existant se vit ainsi agitez, flagellez et humiliez de Dieu et du monde, et que le corps, les membres et le coraige lui commenchoient à deffaillir, pour ce que jamais encore en son vivant n'avoit goustez ainsi le très angoisseux et amer fiel de l'haeccéité, qui lui sembloit estrange et venimeux, il aspira après le bénéfice du Rien. » (Jean Molinet, Chroniques)
(Johannes Zimmerschmühl, Pensées rancies et cramoisies)
Tropismes musicaux
En musique, chaque ton a son caractère particulier et ses adeptes exclusifs. L'« homme de la Nature et de la Vérité », grand amateur de gai, de brillant, de martial, chérit par-dessus tout l'ut, le ré, le mi. Le suicidé philosophique, en revanche, ne se sent bien que dans le fa mineur, cet incomparable truchement du lugubre et de la douleur.
Quant aux timbres, si le zélateur de la mort volontaire ne dédaigne pas le grave et le sévère rendus par le violoncelle, la contrebasse, le cor, le trombone et la voix de baryton, sa prédilection va tout de même au sépulcral et au caverneux, si bien exprimés par les sons voilés, étouffés du tambour, la plainte mugissante et voilée du basson, et les voix de basse à la Chaliapine.
(Robert Férillet, Nostalgie de l'infundibuliforme)
Inscription à :
Commentaires (Atom)







