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mardi 20 octobre 2026

Épreuve de vérité

 

« Arrière, poussière !... Laissez-moi !... Je fais le zouave, entendez-vous ?... Je fais le zouave !... » —  Pour pénétrer quelqu'un, pour le connaître vraiment, il suffit de voir comment il réagit à cet aveu de Tryphon Tournesol. S'il ne comprend pas tout de suite, inutile de continuer : c'est un disciple de Derrida qui, comme son mentor, cherche à théoriser le concept d'écriture comme force intra-discursive capable de dénoncer les effets de vérité dans le discours métaphysique.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

mardi 28 juillet 2026

Psaume 91

 

Pour ne pas craindre les terreurs de la nuit, la flèche qui vole au grand jour, la peste qui rôde dans le noir et le fléau qui frappe à midi, une solution qui a fait ses preuves, meilleure que celle consistant à s'abriter auprès du Très-Haut, est de lire du Jackie Derrida (surtout De la grammatologie).
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

lundi 27 juillet 2026

Radicalité transcendantale du suicide

 

L'homicide de soi-même est une solution radicale, mais sa radicalité n'est pas valoisienne à la André Rossinot, elle ne porte pas sur la transformation des services publics, elle est plutôt transcendantale comme l'était celle de Husserl selon Derrida.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

dimanche 8 mars 2026

Antimodernes

 

Il est inconcevable qu'à notre époque moderne et même postmoderne, des individus s'autorisent encore à « faire chabrot ». Il est à croire que ces sinistres individus n'ont lu ni Deleuze, ni Foucault, ni Derrida. Sinon, l'envie leur serait passée de « faire chabrot ». On n'a jamais vu ça.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

samedi 3 janvier 2026

Pénibilité post-mortem

 

Tel l'Indien du général Sheridan, un être humain n'est « bon » que quand il est mort. Et encore, il y en a qui trouvent le moyen d'être pénibles même après leur mort — par exemple le philosophe Jackie Derrida.
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

vendredi 12 décembre 2025

Déconstruire

 

Soi aussi, on veut déconstruire ! On veut fouquer comme Foucault, dérider comme Derrida, faire du boucan comme Jacques Lacan et avoir une tête d'ahuri comme Guattari !
 
(Fernand Delaunay, Glomérules)

vendredi 11 juillet 2025

Déconstructionnisme

 

Lire du Derrida à Excideuil (en Dordogne), c'est s'exposer à ressentir des émotions contradictoires : on est excédé par Derrida et déridé par Excideuil (à cause de sa fontaine Bugeaud, notamment).
 
(Jean-Guy Floutier, Philosopher tue)

mardi 25 février 2025

Verdict

 

Constat ayant été fait que l'œuvre de Michel Foucault constitue pour lui une référence ; qu'il a par ailleurs été influencé par Derrida, Guy Debord, Hannah Arendt, Carl Schmitt et l'historien de l'art Aby Warburg ; le sieur Agamben Giorgio est condamné à recevoir les verges « cul nu ».
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

vendredi 21 février 2025

Quiproquo comique

 

Michel Foucault avait une élocution tellement embarrassée qu'il se vit un jour remettre du Débridat en lieu et place du Derrida qu'il avait demandé. À quelque chose malheur est bon et sa motricité intestinale en fut extraordinairement régulée.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Sémiologie de la métaphore

 

Quand Vico dit que « la philosophie de l'histoire est une pomme chip », il se place dans la lignée d'Aristote qui définit la métaphore comme une analogie rapprochant deux objets sémantiques en apparence opposés. Derrida contestera ce point de vue, prétendant qu'il est impossible d'unifier une métaphore en une analogie réglée, et que les métaphores se produisent au hasard et à l'infini (ce qui a pour effet de dérégler le langage et le domaine du sens).
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

samedi 1 février 2025

Impensable


L'histoire de la métaphysique se présente à Derrida non pas en petite tenue mais comme l'histoire du refus de comprendre l'écriture dans son extériorité irréductible à l'élément de la phônè. En petite tenue ç'eût été véritablement inouï. Pensez, l'histoire de la métaphysique !
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Dernier avertissement

 

Les bonnes femmes et leurs manigances... Si ça continue, on va faire comme Derrida, on va théoriser le concept d'écriture comme force intra-discursive capable de dénoncer les effets de vérité dans le discours métaphysique. Ça ne servira peut-être à rien mais on va le faire. Si ça continue, on va le faire. Alors attention, hein !
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

vendredi 25 octobre 2024

Indifférence derridienne

 

Quand on demandait à Derrida ce qu'il pensait de la mort de l'homme, il répondait : « Je m'en Foucault plètement. »
 
(Lucien Ganne, Syllogismes de la mer Rouge)

mardi 15 octobre 2024

Un champion du concept


Les bonnes années, le philosophe Gilles Deleuze pouvait produire jusqu'à une grosse de concepts, ce qui correspond à une moyenne de presque trois concepts par semaine. Foucault, Derrida, Lyotard, Kristeva étaient loin, très loin derrière. Et attention : que du fait main, pas du made in China. Du solide, du qui vous fait de l'usage. Le rhizome, le pli, la machine-organe... Des concepts comme ça, on n'en fait plus, ce ne serait pas rentable.
 
(Lucien Ganne, Syllogismes de la mer Rouge)

mercredi 6 mars 2024

Goûts musicaux du postmoderne

 

« Tu préfères écouter de Lacan trimusique ou Deleuze i Osbourne ?
— N'importe. Je m'en Foucault plètement.
— Formi Derrida ble. »
 
(Henri-Marcel Chissant, Hippocastanacées)

dimanche 13 novembre 2022

À bas Barthes

 

L'idée du Rien mérite mieux que les singeries poststructuralistes. Nous avons été patients mais la plaisanterie a assez duré. Contre le déconstructionnisme derridien et foucaldien, jetzt wollen wir den totalen Krieg !

(Louis Ribémont, Mémoires d'un gluon)

mardi 26 avril 2022

Calembour

 

L'homme du nihil, qui goûte peu le poststructuralisme, n'aurait jamais cru possible que la lecture de Foucault le déridât. Et pourtant...

(Fernand Delaunay, Glomérules)

mardi 17 décembre 2019

Un peu de bienveillance


L'homme du nihil conseille de faire preuve de bienveillance en toute chose et de ne pas juger l'humanité à partir des disciples de Derrida.

(Lucien Pellepan, Énantioses profectives)

dimanche 17 novembre 2019

Vie nocturne (Larry Brown)


Je suis arrivé à la conclusion, il y a déjà longtemps, qu'entrer en contact avec elles n'est pas chose facile, du moins pour moi. Il y a des mecs qui peuvent aborder une femme tout simplement, se mettre à lui parler, dire n'importe quoi. Moi pas. Il faut que j'attende, que je rassemble mon courage, que je boive d'abord quelques bières. Il faut que je m'assoie un moment à une table ou au bar, que je regarde bien et que je déniche celle qui me semble ne pas devoir rabrouer un homme tel que moi. Ce qui signifie parfois choisir celle qui est assise toute seule, ou qui est un peu plus âgée que la moyenne, ou même celle qui n'est pas très jolie.
   Ce vendredi soir, je me trouve dans un bar juste au delà des limites de la ville. Je commande une autre bière et, du regard, je parcours la foule, l'orchestre, les couples qui se sont trouvés et qui glissent sur la piste comme de la fumée. Quelques tables sont occupées par trois ou quatre femmes, d'autres par des couples, d'autres par des hommes, et il y en a une où se trouve une fille toute seule. Je l'examine.
   Elle porte une robe noire et des bas blancs. Elle a posé sur la table une bouteille dans un sac en papier brun, et elle a entouré son unique verre de ses deux mains. Elle ne semble avoir d'yeux que pour ce verre. Je sirote ma bière un moment, je jette un coup d'œil à l'horloge qui avance si lentement au-dessus des pompes à bière, et je finis par y aller. Elle lève la tête, me vois venir vers elle et détourne son regard.
   « Salut, dis-je en m'arrêtant près de sa chaise. Je m'appelle Étienne-Marcel Dussap. Pourriez-vous me dire quelque chose de plus ou moins philosophique ? Quelque chose à propos de Derrida, peut-être ? »
   Elle me sourit, mais elle ne répond rien. Je vais me faire descendre.
   Je me penche et je crie par-dessus la musique : « Le questionnement derridien sur l'écriture, peut-être ? » Je me sens tout à fait bête à me pencher comme ça vers elle. Elle me donne l'impression de souhaiter juste que je me casse vite et que je la laisse tranquille. Je ne vais pas marquer de points. Elle ne va pas me parler de Derrida. Ma soirée du vendredi s'en va à tire d'aile.
   « Allez, un petit effort ! », je lui crie à l'oreille. Mais je sens ma confiance — pour ce que j'en avais au départ — se réduire à néant. Elles sont toutes comme ça. Elles ne vous parleront pas de Derrida. Pourquoi viennent-elles dans un endroit comme celui-ci si elles ne veulent pas parler de Derrida ? Et je lui dis : « Je ne vais pas vous mordre. »
   Elle ôte une main de son verre et se penche légèrement vers moi. « Bon, très bien, dit-elle. L'histoire de la métaphysique se présente à Derrida comme l'histoire d'une inertie conceptuelle, comme l'histoire du refus de comprendre l'écriture dans son extériorité irréductible à l'élément de la phônè. Le projet de Derrida prend pour visée la reconsidération du concept d'écriture, en proposant de comprendre le mouvement réfractaire de celle-ci à tout traitement phonétique, à toute approche réduisant celle-ci à un succédané de la parole. Et maintenant, s'il vous plaît, laissez-moi tranquille. »
   Je pars. Elle a de la chance, c'est tout. Elle ne sait pas quelle putain de chance elle a. Ce qui me reste de Budweiser étant presque tiède, je lève la boîte de bière et je fais signe à la barmaid, une nana renfrognée, de m'en servir une autre.


(Étienne-Marcel Dussap, Forcipressure)

mercredi 30 octobre 2019

Une ville satanique (Charles Bukowski)


Frank descendit par l'escalier. Il n'aimait pas les ascenseurs.
Il n'aimait pas grand chose mais il détestait moins l'escalier que l'ascenseur.
Le réceptionniste l'appela :
« Monsieur Evans ! Voulez-vous venir ici, s'il vous plaît ? »
Le réceptionniste avait une gueule en bouillie de maïs. Frank devait déjà se retenir pour ne pas taper dessus. Le réceptionniste jeta un œil dans le hall et se pencha vers Frank.
« Monsieur Evans, nous vous avons à l'œil. Nous avons remarqué que, comme Derrida, vous cherchez à théoriser le concept d'écriture comme force intra-discursive capable de dénoncer les effets de vérité dans le discours métaphysique, et de déjouer le sens plein et l'écriture naturelle. Ce n'est pas bien, monsieur Evans... Pas bien du tout. À ce jeu-là, vous risquez de retourner le langage sur lui-même jusqu'à en épaissir les implications en une substance hallucinatoire. »
Le réceptionniste se redressa et regarda Frank droit dans les yeux.
« Je crois que je vais aller au cinéma, dit Frank. Ils jouent de bons films, en ville ?
— Ne nous écartons pas du sujet, monsieur Evans.
— D'accord, je déconstruis le langage, je désubstantialise la présence par l'absence, par le jeu du retrait de l'être et du retardement d'origine, et après ?
— Nous voulons vous aider, monsieur Evans. Je crois que nous avons retrouvé un morceau de votre cerveau. Vous voulez que je vous le rende ?
— C'est ça, rendez-le-moi, ce morceau. »
Le réceptionniste plongea la main sous le comptoir et sortit quelque chose enveloppé dans de la cellophane.
« Tenez, monsieur Evans.
— Merci. »
Frank glissa le paquet dans la poche de son manteau et s'en alla. Il faisait bon en ce soir d'automne, et il descendit la rue, vers l'ouest. La question du langage semblait s'être fondue dans le paysage — dans la contrée ontologique du « en général », où tout ce qui est d'ordre sémantique devient moment du rythme de l'être. Il entra dans une impasse, et il plongea la main dans son manteau, prit le paquet et défit la cellophane. On aurait dit du fromage. Ça sentait le fromage. Il en mâcha un bout. Ça avait le goût de fromage. Il mangea tout et revint dans la rue où il continua son chemin.


(Étienne-Marcel Dussap, Forcipressure)