« Quand j'entends le mot vivre, je sors mon revolver ou du poison. » (Luc Pulflop)
dimanche 30 décembre 2018
Une différence de taille
Un jour qu'il avait été frappé par l'ordonnance des branches bifides du dragonnier des Canaries, Gragerfis écrivit dans son Journal : « Le Rien est un arbre pareil. » Mais dans l'arbre, la plus fine brindille est encore l'aboutissement d'un fût puissant qui, régulièrement, de carrefours en carrefours sans cesse simples et identiques, s'épanouit en dôme de feuilles minuscules. Tandis que dans le Rien... — Après réflexion, il biffa.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Nuit noire de l'âme
« À l'étang de Soustons, il est toujours deux heures de l'après-midi. » (Francis Scott Fitzgerald)
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Conversation avec Peter Handke
Étang de Soustons, deux heures de l'après-midi. Sur son pliant, solitaire, un quidam est là qui contemple l'eau et semble ruminer de noirs pensers. Après un instant d'hésitation, Marcel Jutique prend son courage à deux mains et l'aborde.
Marcel Jutique : Monsieur, pardonnez-moi de troubler votre méditation. Ne seriez-vous pas l'écrivain Peter Handke ?
Peter Handke : Jawohl.
Marcel Jutique : Puis-je vous demander ce que vous faites ici, à l'étang de Soustons ? Un pélerinage à la mémoire d'Emil Cioran, peut-être ?
Peter Handke : J'ai tout dit.
Marcel Jutique : Vous étoudiez ?
Peter Handke : Non. J'ai tout dit.
Marcel Jutique : Je ne m'en mêle plus.
Il prend son chapeau et sort.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Acédie
En désespoir de découvrir un remède autre que le suicide à cette typhose existentielle, je m'installe dans une indifférence douloureusement phrastique, placée sous le vocable du Rien.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Inscription à :
Commentaires (Atom)




