vendredi 5 juin 2026

Suprématisme

 

Comme Malevitch, le suicidé philosophique est un suprématiste. Son vocabulaire de formes, plus restreint encore que celui de Malevitch, se limite au cylindre-ogive d'une munition pour Webley-Fosbery, un revolver .45 semi-automatique à la détente garnie de plaques caoutchoutées.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Châtiment de Verlaine

 

« L'ennui de vivre avec les gens et dans les choses font souvent ma parole et mon regard moroses », a dit Verlaine. Et il semble que le destin ait voulu le punir de cette morosité puisqu'en 1890, à peine sorti de Broussais, le poëte est victime d'une crise de rhumatisme qui le contraint à un nouveau séjour hospitalier, à Saint-Antoine cette fois, où il reçoit la visite de son « amie », la fille Philomène Boudin.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Compacité et homicide de soi-même

 

Pour algébriser le réel, le suicidé philosophique, en général, mobilise des structures topologiques ou semi-topologiques telles qu'un revolver Smith & Wesson, un rasoir ou une corde en polypropylène. Mais une autre solution est d'exploiter la compacité locale. Un fameux théorème de Stone sur les représentations des algèbres de Boole ne dit-il pas que toute mesure abstraite est isomorphe à une mesure définie sur un espace localement compact ?
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Stupéfaction de Plutarque

 

Plutarque, au Livre II de ses Paradoxes, assure avoir appris d'Aristote que le fils de Démostrate, Aristonyme Éphésien, avait une si grande aversion pour les femmes qu'il s'accoupla avec une ânesse, qui mit plus tard au monde une fort belle fille qu'on nomma Onoscelis, c'est-à-dire « qui a des jambes d'âne ». Plutarque assure en être resté « comme deux ronds de flan » quand il a lu cette histoire. Il aurait tout cru possible sauf ça.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)