mardi 4 août 2026

Priez pour nous pauvres pécheurs

 

L'expression « le fruit de vos entrailles » est totalement répugnante et quand on l'entend, c'est instantané, on est guéri à tout jamais de l'envie d'avoir des « entrailles ».
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Fréquentations


Les seules personnes à peu près fréquentables sont celles qui ont le sentiment d'avoir échoué en tout. Mais même elles, on s'en passe.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Aux chiottes les cabossés de la vie

 

Les individus qui s'affichent comme des « cabossés de la vie » sont particulièrement horripilants. Ce sont sans exception des imposteurs. Le véritable « cabossé de la vie » n'exhibe pas son cabossage. Personne ne sait qu'il est un « cabossé de la vie ». Il vit dans une casemate côtière, mange des nouilles, et ingurgite un grand bol de Ricoré au petit-déjeuner.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Un pifasse

 

Rimbaud, archétype des « écorchés vifs », termine son poëme Qu'est-ce pour nous, mon cœur par cette exclamation : « J'y suis ! J'y suis toujours ! » Selon Edmond Jaloux, ce vers mime l'interruption brutale de la fiction héroïque qui emportait l'esprit du poëte. Possible, mais ce qui est sûr c'est qu'on eût préféré qu'il n'y fût plus car il nous court sur le haricot, avec ses simagrées. Polluant éternel, Rimbaud appartient à la famille des « pifasses ».
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)