lundi 31 août 2026

Réeis mulier non fit suspecta

 

Hilde Rée, la femme du philosophe Paul Rée, était accusée par ses détracteurs de faire partie de l'archipel charentais.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Dîners-spectacles

 

Dans notre monde, une triste évidence s'impose : les amateurs de « dîners-spectacles » sont, comme tout un chacun, sujets à la maladie, au vieillissement et à la mort. Une fois qu'on a reconnu ce fait, on renonce une fois pour toutes aux « dîners-spectacles ». On ressent même du dégoût pour les « dîners-spectacles ». Comme l'Ecclésiaste, on trouve que tout ce qui se fait sous le soleil est mauvais, car tout est vanité et poursuite du vent.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Horreur et stupéfaction des pioupious

 

En novembre 1892, quand les troupes du général Dodds pénètrent dans le palais du roi Béhanzin à Abomey, elles découvrent que l'édifice est décoré de crânes humains. C'est l'horreur et la stupéfaction parmi les braves pioupious.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Kantisme de Rebatet et de Cousteau

 

À force d'être partout, Lucien Rebatet et Pierre-Antoine Cousteau en étaient venus à penser que l'espace n'est pas un concept empirique mais l'une des formes a priori de notre sensibilité. Dans Dialogue de vaincus, l'ouvrage qu'ils rédigèrent ensemble à Clairvaux, Rebatet dit à Cousteau que « l'espace n'est pas un concept pur, mais une forme de l'intuition pure, car il est infini, tandis qu'on ne peut imaginer un concept qui contiendrait en lui une foule infinie de représentations ». Cousteau répond qu'il n'aurait pas mieux dit et évoque avec une tendresse teintée de mélancolie le mérou Jojo.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

dimanche 30 août 2026

Bémolisation de Rée

 

Mettre un bémol aux propos de Paul Rée, c'est ce à quoi s'employait Lou Andreas-Salomé. Elle craignait que les déclarations incendiaires de Rée ne missent le feu aux poudres.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Gêne

 

C'est le moment crépusculaire. On s'assied sous un portail dans l'espoir d'observer ce reste de jour dont s'éclaire la dernière heure du travail, mais on ne voit rien car il y a gêne. L'autrui lévinassien nous bouche la vue.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Chute dans le temps

 

Depuis que l'homme a chu dans le temps, tout est allé pour lui de mal en pis. Sa vie, où tout était simultané, a pris un caractère chronologique. Elle est devenue une suite (d'emmerdes).
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Décret

 

Si nous étions Président de la République, nous prendrions un décret interdisant de chérir les causes dont on déplore les conséquences, comme ça Bossuet serait content et il arrêterait de nous faire chier.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

samedi 29 août 2026

Bise-moi le cul

 

Dans la pièce de Goethe, le condottiere Götz von Berlichingen, sommé de se rendre, fait dire au capitaine de la troupe qui l'assiège qu'il peut venir lui biser le cul. C'est aussi ce que nous disons à l'autrui lévinassien.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Pas une sinécure

 

Le métier de vivre dont parle Pavese est un métier en tension, plus précisément en tension de Laplace — la fameuse « pression capillaire ».
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Cela suffit

 

Les soi-disant misanthropes qui fréquentent des gens en cachette, cela suffit ! Quand on fait profession de vomir le genre humain, on ne passe pas des soirées entières au téléphone avec Ionesco ou avec Henri Michaux. Cela suffit !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Assez de salamalecs

 

On entend parfois dire que si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main, le bonheur serait sinon pour demain du moins pour la semaine prochaine. C'est possible, mais nous, ce qui nous ferait vraiment plaisir, ce serait que tous les gars du monde disparaissent. Aux chiottes, les gars du monde ! Du balai ! On vous a assez vus ! Assez de salamalecs !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

vendredi 28 août 2026

Apéritifs catégoriques

 

Kant fait la distinction entre les apéritifs discutables (par exemple le pastis) et les apéritifs qu'il nomme catégoriques (guignolet, pineau des Charentes, etc). Il dit ne boire que des seconds, les seuls selon lui à même de constituer le principe de vérité d'une philosophie morale.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Voix intérieure

 

« On se souvient de Goethe mais on ne se souviendra pas de toi. Tu n'as écrit ni Faust ni les Souffrances du jeune Werther. En d'autres termes, tu es un raté, mon pauvre cher vieux.
— Oh, ça va, ferme ta boîte à fromage, un peu, dis ! »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Question à ne pas poser selon Donne

 

Le poëte Donne dit qu'il ne faut pas demander pour qui le glas sonne — non pas le glaçon mais bien le glas sonne — parce qu'on va être déçu du voyage : c'est pour soi-même qu'il sonne. Mais il faut prendre ça avec des pincettes, ce ne serait pas la première fois qu'il raconte des bourres.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Solitude circulaire

 

Le Sphairos d'Empédocle « exulte dans sa solitude circulaire », mais nous ne savons pas comment il fait, car nous, dans la nôtre, nous nous ferions plutôt caguer.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

jeudi 27 août 2026

Hasard ou quoi

 

Les stoïciens tiennent pour absurde l'idée que les dieux interviennent en toute fissure du foie et en tout chant d'oiseau. Ils pensent que les dieux ont mieux à faire et que le hasard existe. De la part de stoïciens, cela peut se comprendre, mais tout le monde n'est pas stoïcien. On aimerait savoir ce qu'en pense le pauvre Jeander Cader, lui qui a perdu son dentier dans un accident de scooter au rond-point de Perros. Son dentier lui a littéralement sauté de la mâchoire. À ce jour, il a été incapable de le retrouver.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Fichte m'a tuer

 

Enfant, on n'a pas encore découvert que « rien n'est ». On prend le monde pour argent comptant. C'est le temps béni de l'insouciance. Mais ensuite, on lit les idéalistes allemands, on reconnaît avec eux le caractère hallucinatoire de la réalité empirique, et c'en est fait de notre bonheur.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Un Bourdelle déconcertant

 

Au musée, de façon complètement inattendue, vous vous trouvez incapable d'identifier certaine œuvre du sculpteur Bourdelle. Alors, prenant une voix de basse à la Chaliapine, vous demandez à la personne qui vous accompagne : « Qu'est-ce que c'est que ce Bourdelle ? »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Trier et mettre en ordre

 

Avant d'avoir le droit de mourir, l'homme doit mettre en ordre ses affaires. Il doit « trier et mettre en ordre », comme le narrateur de Corrections fait avec les papiers de son ami Roithamer (le constructeur du cône d'habitation). Pour cela, l'homme doit s'installer dans la mansarde Höller, située à l'emplacement le plus invraisemblable de la gorge d'un torrent autrichien. C'est l'endroit le plus adéquat car on peut être sûr que nul instinct, nulle pulsion — et a fortiori nul paysan tchèque — ne viendra vous y déranger.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

mercredi 26 août 2026

Proverbe pictural

 

Cimabue boira.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

De la nécessité de relativiser

 

Pouchkine : Dieu, comme elle est triste, notre Russie !
Gogol : Dis pas ça, vieux. Ça pourrait être pire. On pourrait être à Sartrouville. Faut relativiser.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Écrivains

 

On trouve de tout, dans la littérature. On y trouve et l'austère Caillois et le pédant Borges. Sans oublier l'intranquille Pessoa.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Bobina nie ma

 

Alors qu'on a atteint le seuil du désespoir, on entre dans une librairie de Poznań et on demande à la pani si elle a du Bobin. Mais la série noire continue car la pani répond : « Przykro mi ale niestety, Bobina nie ma. »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

mardi 25 août 2026

Hadamard m'a tuer

 

Avec ses nombres premiers, ses matrices, ses transformées et ses fonctions méromorphes, le mathématicien Jacques Hadamard nous a tuer.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Ainsi parlait

 

Si Nietzsche, au lieu de faire parler Zarathoustra, avait fait parler le professeur Léon Schwartzenberg, il lui aurait fait dire qu'il allait falloir être très courageux.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Logique modale

 

Il est tout aussi faux de dire « j'ai un corps » que « je suis mon corps ». Par contre, si vous dites « je crois qu'il est possible qu'il pleuve plus tard », alors là, c'est autre chose. On est en pleine logique modale. Ce n'est plus du tout la même chose.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Sauf Bobin

 

Si l'on pouvait mettre fin à ses jours en appuyant sur un simple bitoniau et en ayant l'assurance de ne pas dérouiller, tout le monde se tuerait sauf Christian Bobin.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

lundi 24 août 2026

Sociopathie des décédés

 

Les morts n'ont aucun respect humain. Leur hygiène est déplorable. En se décomposant, ils dégagent une odeur à vous rendre malade. Ils manquent d'empathie et se comportent de manière antisociale. Ce sont des sociopathes.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Le Port-Salut n'a pas voulu

 

Le sentiment de solitude qui vous étreint quand, dans un autocar, un groupe de voyageurs se met à chanter Un Régiment de fromages blancs, ce sentiment de solitude ne peut se comparer qu'à la quatrième déréliction du Christ lorsqu'il laissa huit de ses apôtres en Gethsémani pour aller prier au jardin des Olives.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

De la connaissance

 

Kant pense qu'il est impossible de savoir si quelque chose existe en dehors de nous (de nos représentations). Il prend l'exemple d'un quidam qui cherche une pharmacie de garde un dimanche à Santiago du Chili, et qui se casse le nez d'abord à la pharmacie Lopez puis à la pharmacie Gomez.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Mystère de Paris

 

Comment les gens qui aujourd'hui publient des livres ont réussi à se faire passer pour des écrivains, c'est un vrai mystère de Paris d'Eugène Sue.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

dimanche 23 août 2026

Cossardise wittgensteinienne

 

Lisez le Tractatus ou les Investigations philosophiques, vous verrez que Wittgenstein n'a pas créé un seul concept. De son propre aveu, il était trop cossard. À Cambridge, George Edward Moore l'appelait Toto la rame au soleil.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Pour un scepticisme civilisé


Suspendre son jugement, oui, mais à un portemanteau. On n'est pas des bêtes ! On ne va pas le suspendre avec une ficelle !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Tout comme Giacomo

 

Ayant décidé de tout faire comme Leopardi, nous nous enfermons dans la bibliothèque familiale et nous en ressortons dix ans plus tard malingre, déprimé et atteint de spondylarthrite ankylosante. Cerise sur le gâteau, notre méditation métaphysique et lyrique sur le tragique de l'existence fait de nous un précurseur de Schopenhauer, de Nietzsche, de Freud et de Cioran.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Arnaque à la vie

 

On nous avait promis que la vie ne serait qu'amour, jeux et ris, mais tout ce que nous avons trouvé, c'est incommunicabilité, solitude, ennui, morosité et dégoût. On s'est encore fait avoir.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

samedi 22 août 2026

Malaise existentiel du clupéidé

 

On peut être pilchard, donc doté de nageoires, d'écailles lisses et d'un filtre branchial, donc tout de même quelque chose — un clupéidé —, et cependant, comme le Don Carlos de Schiller, vivre dans le sentiment térébrant de son propre néant.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Homme de l'Atlantide

 

Comme il avait les doigts anormalement palmés et qu'il ressemblait un peu à l'acteur Patrick Duffy, le négateur Émile Cioran avait dû s'habituer, lorsqu'il était au restaurant, à entendre les gens murmurer : « C'est Mark Harris ! C'est l'Homme de l'Atlantide ! » Cette méprise l'insupportait grandement. Il aurait voulu posséder le cran du peintre Eugène Boudin qui, lorsqu'on essayait de le servir avec de la compote de pomme ou du chou rouge braisé, rugissait : « Je suis Eugène Boudin ! Le peintre des beautés météorologiques ! Pour l'amour de Dieu ! »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

L'invitation chez les Stirn

 

Être invité chez les Stirn — Olivier et Évelyne — était le rêve de Paul Gadenne. Depuis son adolescence, l'écrivain était fasciné par l'ancien ministre du Tourisme de François Mitterrand. Aussi, quand cette invitation finit par arriver et qu'il put passer quelques jours à Vire dans la propriété du ténor centriste, ne put-il faire moins que d'en tirer un livre.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

En vacances avec Philippulus

 

On fait les fous, avec le prophète Philippulus. On s'annonce mutuellement des tremblements de terre, des famines et des épidémies. On réalise le rêve du négateur Émile Cioran : exterminer le genre humain.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

vendredi 21 août 2026

De ce qu'être homme, c'est s'éprendre de grosses mochetés

 

Dans le roman de Cervantes, Don Quichotte est tellement « à l'ouest » qu'il se convainc que Dulcinée est une beauté alors que c'est un trumeau certifié, un thon, un cageot, un boudin, une grosse mocheté. Mais n'est-ce pas le cas de tout homme ? Qui pense et qui sent ? Être homme, n'est-ce pas s'éprendre de grosses mochetés ?
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Plaidoyer pro domo de Sabato

 

L'écrivain argentin Sabato affirme que l'univers réel forme un tout comportant des horloges, des bicyclettes et — il faut se pincer — des écrivains latino-américains. Il prêche pour sa paroisse !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Memento mori

 

À partir d'un certain âge, étant décatie, la femme n'évoque plus une rose, un blanc flocon de neige ou du pain d'épice mais une réalité beaucoup plus lugubre : la mort. Il faut fuir sa présence si l'on ne veut pas être envahi par des idées noires.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Traduction de l'Edda

 

Avez-vous jamais essayé de traduire l'Edda prosaïque de Snorri Sturluson ? Pour y parvenir, la technique consiste à lui tirer l'oreille pour l'obliger à desserrer la mâchoire. La saga islandaise ne récrimine guère, c'est tout juste si elle maugrée vaguement, heureuse de s'en tirer — pense-t-elle — à si bon compte. Son éloquence ravalée avec le pharmakon, elle n'émet que des borborygmes avant de se taire à jamais.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

jeudi 20 août 2026

Arthur Rimbaud, 12 rue Napoléon, Charleville-Mézières

 

Cher monsieur,
Je suis au regret de devoir vous informer que quoique âgé de dix-sept ans, je suis sérieux et je vous emmerde. Vous pouvez me biser le cul par-dessus le marché.
Bien à vous,
Bigeard.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Dégonflement de Nizan

 

Vingt ans est le plus bel âge de la vie. Nous répétons : vingt ans est le plus bel âge de la vie. T'entends, Nizan ? Tu vois, tu ne nous fais pas peur !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Il pleure dans notre cœur

 

Écouter le bruit doux de la pluie par terre et sur les toits, au début ça va, c'est agréable, mais au bout d'un moment on sent comme une langueur qui pénètre son cœur et c'est un peu « malaisant ». On a le cœur qui s'écœure et le pis, c'est que ce deuil est sans raison.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Exactement ça

 

Borges raconte que c'est après s'être cogné la tête contre un volet métallique qu'il entreprit d'écrire des contes fantastiques. Et c'est ça ! C'est exactement ça !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

mercredi 19 août 2026

Période ermanesse

 

Il est assez courant que le monstre bipède passe par une « période ermanesse » durant laquelle il lit Le Loup des steppes, Siddhartha ou tout autre roman d'Hermann Hesse. Mais le moins qu'on puisse dire est que ça ne le rend pas plus intelligent (plutôt le contraire).
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Ressentir

 

Avant de mourir, le monstre bipède s'efforce de ressentir un maximum de choses. « Allez, on ressent, on ressent, on se dépêche ! Tu m'entends, Baleine ? Et efface ce sourire de ta gueule de con ou je te fais gicler les yeux des orbites ! »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)