samedi 3 octobre 2026

Un Dacier du pinceau

 

Matisse est le Robert Dacier de la peinture. Comme le célèbre détective, il se déplace en fauteuil roulant ; toujours comme le limier franciscanais, il est joué par Raymond Burr, affiche une sagesse cynique et émet des remarques désabusées sur la nature humaine ; mais lui, c'est à l'aide d'un pinceau en poil de raton-laveur et d'une paire de ciseaux qu'il attrape les brigands — si l'on peut nommer ainsi les amateurs de natures mortes et de papiers découpés.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Un poëme qui y va à fond

 

Le poëme Les Douze, dont l'écriture est violemment secouée de syncopes et de ruptures, ne pouvait pas accélérer car il était déjà à Blok. S'il avait été à Mandelstam, il y aurait peut-être eu moyen, mais ce n'était pas le cas.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Le destin a déjà tout

 

Le destin ne prend pas les vignettes. Il n'a pas besoin de draps de bain à prix coûtant. C'est malheureux à dire mais il a déjà tout.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Interjection intempestive

 

Se réfugier dans la... Sacristi !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)