mardi 2 juin 2026

Imprimé tout vif

 

Visitant une imprimerie de Barcelone, nous découvrons sur une machine un livre intitulé Deuxième partie de l'histoire de Maurice Gaber, livre qui relate et anticipe même notre biographie. Nous comprenons alors que nos « sorties », nos aventures, notre équipée héroïque dans le « désert de Gobi de l'existence » n'auront été rien d'autre au fond qu'un suicide longuement différé.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Summum du sinistre

 

Roger Caillois trouve qu'il n'y a rien de plus sinistre que les amours des pieuvres. On en déduit qu'il n'est jamais allé à Bezons, ni probablement à Sartrouville et ne parlons pas de Houilles.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Esprit de corps de Morand

 

C'est avec tout le groupe des Hussards (Nimier, Blondin, etc.) qu'il faisait corps, Morand — quand ils étaient attaqués par les existentialistes sartriens.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Dépression de Marguerite Urcelar

 

Après avoir écrit son Œuvre au noir, Marguerite Urcelar tomba dans une grave dépression. Elle pensait au dramaturge Fonvizine à qui le prince Potemkine avait lancé, après la première de sa pièce Le Mineur : « Maintenant tu peux crever, Denis, tu ne feras jamais rien de mieux ! » C'était peut-être absurde mais elle s'identifiait. Elle aussi pouvait crever. Elle non plus ne ferait jamais rien de mieux. Elle en aurait pleuré.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)