samedi 21 février 2026

Révélation gastronomico-littéraire

 

Une fois qu'on a expérimenté le Nouveau roman, on ne peut plus manger un véritable sandre du lac Balaton qu'accompagné de pommes de terre en robbe grillée. Toute autre garniture vous semble fade et presque incongrue.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Où s'asseoir

 

Une bonne leçon que vous enseigne la vie est qu'il vaut mieux poser son fiacre sur la banquette de la salle Bordone que dans un affreux fauteuil ottowagnérien — surtout quand ledit fiacre est, comme celui de madame Bovary, « une lourde machine » (les fauteuils ottowagnériens n'étant pas réputés pour leur solidité).
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Un barrage contre le naphtaïsme

 

Dans La Montagne magique, le penchant qu'il éprouve pour l'envoûtante madame Chauchat n'empêche pas Hans Castorp de faire barrage (aux idées extrêmes de Léon Naphta, avec l'aide de Settembrini, dans la salle à manger).
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Un héros modeste

 

Ayant vécu, le poëte Neruda aurait pu prendre des grands airs, mais il n'en fit rien. Qu'il ait vécu, il ne l'avouait d'ailleurs qu'à contrecœur. C'était un héros modeste, comme Jean de Boiboissel.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)