vendredi 6 mars 2026

Hésitation

 

Mort, on est tranquille comme Baptiste, vivant, intranquille comme Pessoa. Le choix devrait être vite fait, pourtant on hésite. Il y a dans la mort quelque chose d'inimaginable, quelque chose de pointu qui nous rentre dans le cul et — c'est terrible à dire — nous empêche de marcher !
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Émétiques

 

Que faire quand votre âme est malade ? Quand, le printemps étant trop vert, elle a mangé trop de salade ? Il faut prendre un vomitif tel que le sirop d'ipéca ou — encore plus efficace — la poésie de Bobin.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Changement de doctrine

 

Nous observons une glace à la pistache, et nous frappe soudain l'évidence que la vie est un cône de Roithamer — alors que nous avions toujours cru que c'était une mansarde Höller. Nous devons sans délai « trier et mettre en ordre ».
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)

Théâtre de l'absurde

 

Beckett, Ionesco et Adamov n'étaient pas emballés par l'expression « théâtre de l'absurde ». Ils ne voyaient pas où était l'absurde dans leurs pièces. Après s'être concertés, ils proposèrent plutôt « pelote de laine à tricoter » ; mais « théâtre de l'absurde » avait déjà pris, c'était trop tard.
 
(Gilbert Garistre, Aveux et anatropes)