Luc Pulflop
dit que personne ne veut être Soupault, et c'est exact mais il y a pis :
personne ne veut être soi-même. Dans les deux cas — être Soupault ou
être soi-même — cela signifie trop de déconvenues, d'humiliations et de
souffrances.
Marguerite
Duras trouvait Soupault laid, Cassou laid, tout le monde laid. Elle
n'aimait personne. Vous pouviez lui dire que Cassou, quand même, était
un poëte de l'essentiel (c'est-à-dire de l'immédiat et du spontané), et
que quant à Soupault, ses romans étaient de grandes proses lyriques où
évoluent des êtres transparents dans une atmosphère étrange, elle
rétorquait qu'elle s'en « battait l'œil ».
Luc
Pulflop dit que personne ne veut être Soupault, et c'est exact mais il y
a pis : personne ne veut être soi-même. Dans les deux cas — être
Soupault ou être soi-même — cela signifie trop de déconvenues,
d'humiliations et de souffrances.
Nous nous réunîmes à l'heure habituelle, et le Bohémien, étant de loisir, continua sa narration en ces termes :
« Né à Chaville le 2 août 1897, Philippe Soupault rencontre Aragon et Breton avec qui il fonde la revue Littérature en 1919. » Lorsque le Bohémien en fut à cet endroit de sa narration, on vint lui dire que les affaires de sa horde exigeaient sa présence. Je me tournai vers Rébecca et lui dis que nous avions entendu le récit d'aventures extraordinaires qui cependant avaient toutes été expliquées d'une manière naturelle. (Jean-Paul Toqué, Manuscrit trouvé dans Montcuq)