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samedi 11 avril 2026

Information troublante

 

Il n'est pas si sûr, finalement, que le réel n'appartienne pas à la Cagoule de Deloncle. Il aurait été vu en compagnie du boucher Filiol.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Voix intérieure

 

« Je ne fréquente pas Beckett, moi ! Je ne converse pas avec Ionesco, moi ! Je ne discute pas de mythes avec Eliade, moi ! Je ne veux pas qu'on me martyrise avec des couteaux empoisonnés, moi ! Et surtout, surtout : je ne veux pas que le néant me regarde avec ses yeux ! »
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Noir, blanc, nié

 

Nonobstant la rumeur et la contre-rumeur, le pessimisme n'est pas un anti-inflammatoire non stéroïdien. Voir tout en noir ne soulages pas — tout le contraire, même.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

À la Stevenson

 

On aurait bien besoin d'aide pour affronter tout ça — la vie c'est-à-dire —, mais de l'aide, autant en demander à un âne dans les Cévennes ou à un canoë sur les rivières du Nord.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

vendredi 10 avril 2026

Solitude

 

L'une des incongruités de la vie est qu'on se sent moins seul quand on l'est réellement que quand on est avec des gens qui prétendent vous connaître mais qui en fait n'ont pas idée.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Reproche infondé

 

On peut reprocher bien des choses à la « réalité empirique » — au monde, à la mer, aux forêts —, mais pas d'appartenir à la Cagoule de Deloncle.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal)

Style fautif du réel

 

À mille signes, on reconnaît que le réel n'a pas été traduit par Boris de Schlœzer mais par un gougnafier. Tous ces solécismes !
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Bien peint

 

Visiter seul un musée de peinture est une expérience traumatisante. N'avoir personne à qui dire que tel tableau est « bien peint », cela fait naître en soi un sentiment de déréliction.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

jeudi 9 avril 2026

Diarisme

 

Si les individus qui tiennent un journal étaient honnêtes, ils se borneraient à écrire « Aujourd'hui : rien ». Car c'est bien de cela qu'il s'agit. C'est bien à cela que tout se résume.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Instant fatidique

 

C'est au moment où le capitaine Achab perd son foc que l'on comprend que son sort est scellé. Le Pequod n'étant plus manœuvrable, le diabolique cétacé va avoir beau jeu de l'envoyer par le fond.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Risque de pinçon

 

La vie est pleine de déboires, de déceptions et de portes coulissantes. À chaque instant, dans la rue, au bistrot, dans sa salle de bain, on risque se faire pincer très fort (comme Serge le lapin). Il faut être constamment sur le qui-vive.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Reconnaissance

 

Aussi bizarre que cela puisse paraître, il y a des gens qui éprouvent le besoin d'être reconnus — et peu importe par qui.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mercredi 8 avril 2026

Misère existentielle de Kafka

 

Kafka était trop bien élevé pour se suicider, mais l'être n'était pas son fort. Il s'est forcé à écrire une couple de romans, mais il a fallu qu'il prenne terriblement sur soi. Car tout le faisait suer à un point qu'on n'imagine pas (ou difficilement).
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Contingence du Moi

 

Tout individu est le produit d'une suite de hasards plus ou moins malencontreux. Il n'y a pas de quoi pavoiser ni ramener sa fraise. Et pourtant...
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Nombres premiers

 

Dans ses Entretiens avec Pierre Jouve, Mgr Vingt-Trois dit que le plus grand scandale est qu'on ne puisse intégrer les nombres premiers dans un système radial.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Pour l'amour que je te porte

 

Selon le capitaine Oscar Pilli — qui s'oppose sur ce point à Heidegger et à Leibniz — la question centrale n'est pas tant de savoir « pourquoi il y a en général de l'étant et non pas plutôt rien » que de découvrir « qui a tué le chacal ami de l'homme ». Après enquête, il apparaîtra que c'est un Sarde, un ami des bêtes, le soldat Efisio Puddu.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

mardi 7 avril 2026

Ahurissement dialectique

 

Le monstre bipède a voulu faire le malin et maintenant il est prisonnier du moment dialectique hégélien, où « les déterminations finies se suppriment elles-mêmes et passent dans leurs contraires ». C'est pour cette raison qu'il a l'air si ahuri.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Dernier bien de l'apatride

 

Penser à des « biberons Robert » est tout ce qui reste à celui qui a perdu sa patrie. Mais ces protubérances mammaires, il est vrai, contiennent tout. Pensée renouvelée de Hofmannstahl.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Merci Françoise

 

Nous ne trouverons jamais le livre qui nous donnera le fin mot de l'histoire (sur l'existence, et cætera). Ce livre n'a pas été écrit et ne le sera jamais. La faute en incombe principalement à l'éditrice Françoise Verny. Elle a toujours eu le chic pour décourager les auteurs.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Actes gratuits (au sens gidien)

 

Déclarer que « Guy Debord est un con » est un acte gratuit au sens gidien. On le fait sans raison, motivation ou incitation particulières. Au lieu de Guy Debord, on pourrait dire René Char, Michel Serres ou Christian Bobin, ce serait toujours un acte gratuit au sens gidien. Et comme ce sont tous des cons, on a le plaisir d'être véridique en plus de celui d'accomplir un acte gratuit au sens gidien.
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)