jeudi 2 juin 2022

Être « comme tout le monde »

 

Vivre comme un cloporte, ça peut toujours se faire (il suffit de faire « jore » qu'on possède un exosquelette rigide et segmenté, et de se blottir sous des pierres ou dans des endroits sombres). Mais réussir à faire semblant de trouver ça coquet, alors là, c'est une autre paire de manches.

(Fernand Delaunay, Glomérules)

Heimat

 

L'homme du nihil peut dire de Bezons ce qu'Akhmatova a dit de Leningrad : « Mon ombre reste sur tes murs. »

(Fernand Delaunay, Glomérules)

Une bien bonne

 

« Nous, les vivants. »

(Fernand Delaunay, Glomérules)

Le grand bluff du nihil

 

Il n'y a rien de tel que le Rien pour donner une apparence de profondeur à des ratiocinations puériles.

(Fernand Delaunay, Glomérules)

Inimaginable encore

 

Anachronisme mis à part, on n'imagine pas Raskolnikov, en route pour commettre son forfait, s'arrêter pour feuilleter la Phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponty. Et on ne se le représente pas non plus chercher l'inspiration dans La Méthode d'Edgar Morin (ce continuateur de Merleau-Ponty et de Foucault, en particulier pour ce qui concerne le rapport entre le pensé et l'impensé).

(Fernand Delaunay, Glomérules)

Paysages

 

Plutôt le néant horizontal de la Beauce gréseuse que ce promontoire guindé, l'existence.

(Fernand Delaunay, Glomérules)

Du courroux

 

Le courroux est un indice de vitalité. Quelqu'un qui n'est pas courroucé, c'est mauvais signe. C'est signe qu'il est comme qui dirait « décédé » — ce qui, à la réflexion, est peut-être préférable pour tout le monde.

(Fernand Delaunay, Glomérules)