Dans son
traité Sur le non-étant, Gorgias a démontré que : premièrement, rien
n'existe ; deuxièmement, même s'il existe quelque chose, l'homme ne peut
l'appréhender ; troisièmement, même si on pouvait l'appréhender, on ne
pourrait ni le formuler ni l'expliquer aux autres. Et cela paraît sensé,
mais puisque rien n'existe, l'argumentation de Gorgias n'existe pas non
plus, ce qui explique que le monstre bipède continue de faire des
tableaux de peinture comme si de rien n'était. Il faut dire que peindre,
c'est sa passion.
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)