jeudi 22 octobre 2026

Un chef-d'œuvre incompris

 

Le palindrome « Tu l'as trop écrasé, César, ce Port-Salut » : plus profond et plus exhaustif qu'aucun des drames de Shakespeare, bien au-dessus même du Faust de Goethe, proche des sommets wagnériens Tristan et Parsifal. Mais aussi : la plus grande et la moins comprise des créations de l'homme.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Avec le temps qu'arbre défeuille...

 

Moulinot... Son magasin d'articles de pêche sur la place du Marché à Cajarc... Sa faconde méridionale... La fierté modeste qui ennoblissait ses traits quand il parlait des « vers de terre de chez Moulinot »... Où t'es-tu en allé, cher Moulinot ? Qu'ils sont loin, les jours de notre innocence ! Jeunesse, belle jeunesse, reviens !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Wou-Wei

 

Les taoïstes font leurs courses, mangent et vont aux ouataires comme tout un chacun. Leur doctrine du « non-agir » n'est pas excessivement sévère. C'est une chance pour eux, parce que sinon... nous ne disons rien mais nous savons ce que nous savons.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Ravage de Barjavel de l'intranquillité

 

En octobre 1984, Fernando Pessoa passe ses vacances dans les Vosges quand éclate l'affaire dite « du petit Grégory ». Bien que parfaitement innocent, le poëte, intranquille de nature, est transi d'angoisse à l'idée d'être mis en examen par le juge Jean-Michel Lambert. Pour échapper à cet opprobre, il bourre ses poches de petits cailloux et va chercher la mort dans le crépuscule liquide du fond de la Vologne. Ravage de Barjavel de l'intranquillité !
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)