mardi 21 juillet 2026

Pas de lundi au soleil pour Émile Cioran

 

Le négateur regardait sa montre, il était déjà huit heures. Il embrassait tendrement Simone et un taxi emportait cette dernière. « Tu t'en vas, mon cœur, parmi ces milliers de gens », soupirait-il. Et il se disait que c'était une journée idéale pour marcher dans la forêt. Comme il aurait aimé, le négateur, aller se coucher seul dans les genêts ! Mais il avait des aphorismes à écrire, il n'y avait pas moyen d'y couper. Il fallait bien gagner sa croûte...
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Non-lecture d'Unamuno

 

Si le monstre bipède avait un minimum de sentiment tragique de la vie, il ne vivrait pas comme il vit c'est-à-dire comme un porc. Mais il n'a pas voulu lire Unamuno parce que « c'est écrit trop petit et il y a trop de mots ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

À lurelure

 

On n'imagine pas l'Ecclésiaste allant aux ouataires pour faire la grosse commission, puisque selon lui tout était vain. Sûrement faisait-il sur place, comme ça se trouvait, « à lurelure ».
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)

Écorchons les mimes

 

Quel genre de personne, ou plutôt quel genre de monstre faut-il être pour trouver distrayant ou même simplement supportable un spectacle de mime ? Pour n'avoir jamais caressé l'idée d'écorcher vif le mime Marceau, comme le roi des Perses Sapor Ier fit à l'empereur Valérien, selon la version de Pierre le Patrice ?
 
(Maurice Gaber, Pensées de Pascal et d'ailleurs)