mardi 11 août 2026

Bébert se trompe, Frédo le corrige

 

« Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage, ou comme cestuy-là qui conquit la toison...
— Non.
— Comment ça, non ?
— Ce sont deux poëmes différents.
— Comment ça, deux poëmes différents ?
— L'un est d'Alfred de Musset, l'autre de Joachim du Bellay.
— T'es sûr ?
— À quatre-vingt-dix-neuf pour cent. »
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Débuts du Grandiloque

 

Émile Cioran commence sa carrière « au fond du monde ignoble des viscères, des muqueuses et des humeurs, parmi une foisonnante et trouble fermentation ». C'est sa période « fœtus », qui va de juillet 1910 à avril 1911. Le 11 avril 1911, il se retrouve à l'air libre. Très vite, anxieux de s'exhausser à l'impérissable, il se lance dans l'écriture d'aphorismes. Mais ce n'est qu'en 1949, avec la parution de son Précis de décomposition, qu'il s'emparera du titre de « négateur universel » jusque là détenu par l'Argentin Carlos Monzón.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Soumission à l'autorité

 

Dans l'expérience de Milgram, le cobaye doit ajouter des poids sur une balance jusqu'à ce que ça fasse exactement un kilo (d'où le nom). Si à la fin ça ne fait pas exactement un kilo, un acolyte punit le cobaye en lui envoyant des décharges électriques.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)

Devenir Borges sans peine

 

Mettez un tigre dans un labyrinthe, placez-y aussi quelques miroirs et une couple d'épées, vantez le lyrisme d'Hilario Ascasubi et la drôlerie d'Estanislao del Campo, ça y est, vous êtes Borges.
 
(Samuel Slippensohn, Méditations en forme de tourte)