lundi 22 avril 2019

Interlude

Jeune fille lisant l'Océanographie du Rien de Raymond Doppelchor

Étonnement


À chaque instant, l'étonnement rajeunit le regard : « rester là comme un enfant à m'étonner et me réjouir en silence quand je suis dehors sur la plus proche colline » : telle est pour Hölderlin l'attitude du poëte. Et de même l'homme du nihil :

      « n'importe quoi me surprend : une touffe d'herbe sous des
      arbres, l'ombre, la couleur pâle, presque surnaturelle, du
      pachynihil, la temporalité du temps, la mortalité de
      l'être mortel, l'haeccéité... »


Eh oui, cher homme du nihil. L'idée du Rien a le pouvoir de nous faire redevenir des enfants émerveillés et joyeux. Mais il arrive que s'y mêle le sentiment du mystère, et même la sorte de crainte qu'inspire toute rencontre authentique avec l'« absolu ténébreux ». Alors... achtung bicyclette !

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Cœnure


Au dire de Gragerfis, le cœnure serait la larve d'une espèce de ténia vivant dans le cerveau des moutons et dans la cavité viscérale des lapins.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Garum


8 mai. — Rondelet (De piscibus marinis, p. 141) parle d'une espèce de garum que l'on préparait de son temps, en laissant fondre des picarels dans la saumure, et dont il avait goûté d'excellent chez le célèbre évêque de Montpellier, Guillaume Pélicier ; mais on n'en trouve pas mention dans les auteurs plus modernes, et il ne semble pas que l'usage s'en soit conservé.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

dimanche 21 avril 2019

Interlude

Jeune fille lisant les Pensées rancies et cramoisies de J. Zimmerschmühl

Questions de granit


La constatation du Rien (Claudel l'a dit en termes inoubliables) est en relation avec une certaine réalité démesurée, non mesurable, qui échappe aux « mouches molles du savoir » (Jutique). Toute révélation du pachynihil naît de la rencontre avec une démesure qui déchire le Dasein et l'ouvre à l'« infini infundibuliforme » (Banquine) ; elle naît de l'étonnement et de l'incertitude. C'est pourquoi la « philosophie » de l'homme du nihil est toute pleine de points d'interrogation, de ces questions à la fois frivoles et pondéreuses — que Gragerfis appelle des « questions de granit » — celles que posent à la fois les fous et les métaphysiciens et auxquelles il n'y a de réponse qu'ailleurs.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Fatalitas !


Le boyau culier est comme une antichambre de l'inéluctable.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Page de journal


7 mai. — Sous Psamménit, fils d'Amasis et son successeur, le cruel Cambyse, roi de Perse, envahit l'Égypte, tua le roi et les principaux citoyens, exerça partout une égale fureur et y mit le comble par le meurtre sacrilège du bœuf Apis.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant Georges Sim et le Dasein de Maurice Cucq

     Dans cet opus, le pénétrant Maurice Cucq éclaire d’un
     radical quinquet la passion que nourrissait Simenon pour
     la philosophie, et tout particulièrement pour l’infernale
     créature heideggérienne, le fameux « Dasein ».

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     « A real page-turner ! » (The New York Review of Books)


Une idée vivifiante


L'idée du Rien n'est pas un jeu, un divertissement en marge de la vie : elle nous est indispensable ; elle nous ranime en débrouillant nos relations avec la « réalité empirique ». Bref, elle nous rend à nous-mêmes en même temps qu'elle nous ramène à notre vraie patrie : le pachynihil.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Bouffonnerie de l'ipséité


Être ceci ou cela, quel grotesque !

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Un « roi de la déconne »


6 mai. — Xénophane croit que, par ses parties inférieures, la terre a jeté des racines à une profondeur infinie, et qu'elle est un composé d'air et de feu.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

samedi 20 avril 2019

Interlude

Jeune femme lisant le Monocle du colonel Sponsz de Hermann von Trobben

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Phares


Les suicidés philosophiques sont les médiateurs du « lointain » ; ils ont, comme disait Vigny, le « regard tourné vers l'horizon [du Rien] » ; ils nous entraînent ainsi au-delà de nous-mêmes. Leurs œuvres fulgurantes et brutales sont « de petites lanternes où brille le reflet du pachynihil » (Gragerfis), lumière qui nous attire, nous appelle parce qu'elle est accordée à ce qu'il y a en nous de plus secret. C'est pourquoi « tout homicide de soi-même s'ouvre comme une porte, comme une fenêtre », nous aidant à respirer mieux.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Acétabule


L'acétabule, cette cavité où s'insère la patte de derrière des insectes, a elle aussi sa place dans la réalité empirique, immense capharnaüm de tous les déclassés.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Crocus


5 mai. — Selon Idace, c'est au début du cinquième siècle que Crocus, roi des Vandales, fit irruption dans les Gaules. Grégoire de Tours, cependant, place cette irruption dans le troisième siècle. Se peut-il qu'il ait confondu avec un autre Crocus ?

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant l'Apothéose du décervellement de Francis Muflier

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Positivisme logique


« L'homicide de soi-même, écrivait en 1932 Rudolf Carnap, est le moyen d'expression adéquat, la métaphysique le moyen d'expression inadéquat d'un sentiment de l'existence. » Pour surprenante qu'elle puisse paraitre, cette déclaration n'a rien que de logique venant du flambeur invétéré du Cercle de Vienne. On sait à quel point Carnap a réduit l'aire de pertinence du langage, évacuant les énoncés non vérifiables, les concepts sans fondement « positif », toutes les facilités de l'expression abstraite qui font illusion et encombrent. Or, une fois mis au rancart tout ce « saint-frusquin » (Gragerfis), que reste-t-il pour exprimer son sentiment de l'existence sinon le taupicide ?

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

vendredi 19 avril 2019

Révulsif


Les vésicatoires, les sinapismes et les rubéfiants agissent assez souvent comme des révulsifs. Le monstre bipède — le fameux « autrui » du philosophe Levinas — également.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Tonnerre


4 mai. — Le vénérable Bède dit que saint Ceadde, qui fut évêque d'York au septième siècle, avait une peur effroyable du tonnerre ; et que quand il s'élevait quelque orage, il se mettait en prières et rassemblait le peuple à l'église pour apaiser la colère divine.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant Philosopher tue de Jean-Guy Floutier

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Mutisme intempestif de l'étant existant


Qui sait si le Dasein n'est pas à chaque instant spectateur de la procession sacrée du Graal ? Pareil à Parsifal, il regarde sans comprendre et demeure muet. Il ne prononce pas la question salvatrice qui abolirait le sortilège : « Pourquoi y a-t-il en général de l'étant, et non pas plutôt rien ? » Hypnotisé par les « structures empaillées de la raison pure », il passe à côté de ce qui lui rendrait la vraie vie : le pachynihil.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Outrage


La matière fécale — la « merdre » — est, comme le furent jadis les magasins Dufayel (selon Léon Bloy), « un outrage et un défi permanent à la vie surnaturelle ».

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Fèves


3 mai. — Parmi les Anciens, Aristoxène est le seul qui ait dit que Pythagore mangeait souvent des fèves.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

jeudi 18 avril 2019

Interlude

Jeune femme lisant les Scènes de la vie de Heidegger de Jean-René Vif

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Interrogatoire


Le gendarme : « Alors, mon petit père ? Il paraît qu'on est un homme solitaire, en quête de soi-même, ardent à deviner le secret de sa propre charade ?
 

L'homme du nihil : Ça se peut. Et alors ? C'est interdit ?
 

Le gendarme : Et à part ça, qu'est-ce qu'on fait dans la vie ?
 

L'homme du nihil : Ce ne sont pas vos oignons, mais je vous le dis quand même : je dénombre au jour le jour les vicissitudes lassantes et monotones de mon néant.
 

Le gendarme : C'est bon. Je ferme les yeux pour cette fois. Mais n'y reviens pas. »

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Irréalité du « Suisse »


L'excrément ressemble au Léviathan de qui une nageoire ou quelques écailles émergent seules des flots : la matière en est trop compacte pour que le regard puisse l'interpréter, et il en résulte une impression d'irréalité.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Prémonition


2 mai. — Valère Maxime raconte que Brutus eut le triste présage du sort qui l'attendait à la bataille de Philippes.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune fille lisant la Mathématique du néant de Włodzisław Szczur

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