mercredi 20 mars 2019

Une vraie boucherie


La prismatique idée du Rien décompose le tangible et en expose les viscères exulcérés sous le portique alogique et ô combien branlant de la raison pure.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Inqualifiable perfidie de Ricimer


9 mars. — « Je n'aurois pas parlé d'un animal aussi connu que le sont les marmottes, si elles n'avoient eu quelque chose de relatif à la rhubarbe. Quand on aperçoit vingt ou trente pieds de cette plante, on est sûr de trouver plusieurs terriers de marmottes sous leurs larges feuilles ; peut-être la mangent-elles, ainsi que la racine ; toujours est-il probable que l'engrais qu'elles déposent autour ne contribue pas peu à sa vigueur, et que la terre qu'elles jettent dessus lui fait pousser de nouveaux jets et se multiplier. » (John Barrow, Voyage en Chine, formant le complément du voyage de Lord Macartney, Trad. J. Castéra, Paris, Buisson, 1805)

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

mardi 19 mars 2019

Interlude

Jeune femme lisant les Pensées rancies et cramoisies de J. Zimmerschmühl

Contre la psychanalyse


Gragerfis appelle les psychanalystes « une triste engeance ». Selon lui, tout est bon à ces « scélérats » pour substituer le pathologique au tragique. Ainsi, la psychanalyse étudie l'homme du nihil comme s'il était mû par son inconscient, conditionné par son passé vécu, alors qu'il est aux prises avec le pachynihil ! « Voilà qui est tout de même, déclare l'acide Stylus, un peu fort de café ! »

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Soupe au lait


Les suicidés philosophiques, à l'instar des dérivés nitrés du phénol, détonent quand on les chauffe brusquement.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Glands


14 mars. — Strabon, parlant des Gaulois, met au nombre de leurs récoltes les glands, par lesquels il faut entendre, comme les Grecs et les Latins, tous les fruits des arbres glandifères.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant Georges Sim et le Dasein de Maurice Cucq

Causalité synergique


Non seulement le suicidé philosophique, à l'instar d'un Némésius d'Émèse, reprend la theoria porphyrienne de l'interaction entre intelligible et sensible appliquée à l'action nihilique, mais il intègre les analyses de Simplicius et de Jean Philopon sur les processus de causalité synergique !

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

lundi 18 mars 2019

Écartèlement


Partagé entre la frénésie lacrymale d'un Héraclite et le ricanement sardonique du protèle.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Sagesse des Anciens


19 mars. — Valère Maxime, II, 6, 7, nous fait connaître un singulier usage des anciens Marseillais : « On garde, dit-il, dans un dépôt public de la ville de Marseille, une potion mêlée de ciguë et destinée à quiconque justifie devant le conseil des Six-Cents (tel est le nom de son sénat) des motifs qui lui font désirer la mort. »

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant le Monocle du colonel Sponsz de Hermann von Trobben

Guérisseur souffrant


Pour le nihilique, le « spectacle de la nature » ne signifie qu'un apaisement passager de ses inquiétudes : il lui faut écouter la « voix du pachynihil » pour rencontrer la certitude (que rien n'est). Or l'autorité du Rien dont il ne prétend d'abord que transmettre fidèlement l'évidence l'investit lui-même d'une surprenante autorité personnelle : on l'appelle à l'aide, il prend la figure d'un « demi-dieu » (Gragerfis) : il est le guérisseur souffrant.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Dandysme


Répondre aux horreurs de l'existence par une apologétique de la redingote.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Doute térébrant


8 mars. — On ne sait trop si l'on doit classer Georges Chœroboscus parmi les rhéteurs.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

dimanche 17 mars 2019

Interlude

Jeune femme lisant l'Apothéose du décervellement de Francis Muflier

Un exilé de l'infini


Chez l'homme du nihil, tout est éloignement, absence. Comme l'infortuné Bellérophon, il erre dans le vide, loin des dieux, loin des hommes, dans le stérile « désert de Gobi de l'existence ».

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Ruine


Ce « temple qui fut » — mon conscient intérieur.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Caghuse


26 mars. — Pour parvenir à l'ataraxie, le philosophe Ptolémée de Cyrène (qui fut le maître de Sarpédon et d'Héraclite) recommande de « graisser largement de saindoux un faitout ; d'y mettre un jarret de porc ; de l'entourer d'oignons entassés ; de saler et poivrer ; de fermer hermétiquement et de cuire pendant une heure et demie à feu moyen. » Comme l'a remarqué Gragerfis, cette « recette de vie » n'est pas sans présenter des ressemblances avec celle de la caghuse picarde.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune femme lisant Philosopher tue de Jean-Guy Floutier

Faut s'y faire


De longues années de cohabitation avec une « mégère difforme au faciès d'hippopotame » avaient convaincu l'homme du nihil de la véracité de cet axiome dostoïevskien : l'homme est un être qui s'habitue à tout.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

samedi 16 mars 2019

Un moderne Tchitchikov


Cadavre entre les cadavres, je dissimule ma putréfaction dans les plis d'un habit zinzolin moucheté.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Coup de sirop


7 mars. — Dans le trente et unième chapitre des Cestes, Jules Africain enseigne l'art de donner au vin la faculté de faire dormir trois jours de suite ceux qui en boivent. Il propose de le mêler avec certaine quantité d'opium et de suc de la jusquiame ou de l'Hyoscyamus des Anciens. Il croit que pour réveiller un homme endormi par cette boisson, on n'aurait qu'à lui faire entrer beaucoup de vinaigre par le nez.

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

Interlude

Jeune fille lisant les Scènes de la vie de Heidegger de Jean-René Vif

Triumph des Pachynihils


Dans l'acte fulgurant du suicidé philosophique, ce qui triomphe, c'est l'envers de l'être, autrement dit le pachynihil. Tout se passe alors comme si la vérité dernière n'appartenait pas à la « vie de tous les jours » ni aux coquetèles mondains, mais au fond nocturne sur lequel cette « vie » et ces coquetèles se déroulent. Quand se taisent l'artifice et la fiction, quand la « réalité empirique » elle-même est dénoncée, quand le Moi ne produit plus ses décrets absolus et ineptes, seule demeure l'obscurité du Rien : un froid mortel se produit.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

L'énigmatique « gruère »


Sur l'hermétisme en littérature : le gruère.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérér. Dégoût)

La bon diousse de matière


6 mars. — C'est, selon Hermogène, dans la matière qu'on trouve la cause de tous les maux ; toutes les sensations qui nous affligent, les passions qui nous tyrannisent, ont leur source dans la matière. Dans la doctrine d'Hermogène, la matière est incréée, sans mouvement, sans principe, coéternelle à Dieu, et ce dernier s'en est servi pour former le monde. Le système d'Hermogène a été combattu avec la dernière énergie par le pénible Tertullien (« credo quia absurdum »).

(Barzelus Foukizarian, Journal ontologique critique)

vendredi 15 mars 2019

Interlude

Jeune femme lisant la Mathématique du néant de Włodzisław Szczur

Méthode nihilique


Dans son Traité de la vérité du Rien, le théologien genevois Jean-Alphonse Turrettini indique les précautions nécessaires pour parvenir sans risque d'erreur à la conclusion que rien n'est. Ces précautions consistent à se défier de la spéculation et à rester au plus près de l'observable : « ... Si nous n'affirmons rien avec précipitation, avec témérité, si nous retenons notre adhésion jusqu'au moment où celle-ci nous est arrachée par l'évidence même de la vacuité des choses, si enfin nous n'affirmons rien que ce qu'il nous est impossible de ne pas affirmer (règle très certaine pour la recherche de la vérité), il n'y aura nul risque d'erreur : nous pourrons conclure avec une entière certitude que rien n'est. »

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Un « mégacéros de facto »


Le mégacéros était un grand ruminant du quaternaire, de la famille des cervidés, aux bois immenses (jusqu'à trois mètres d'envergure).

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)