jeudi 27 septembre 2018

Discours pour soi seul


Diogène Laërce nous rapporte que Pyrrhon « gardait constamment la même manière d'être, en sorte que si on le quittait au milieu d'un entretien, il continuait son discours pour lui seul ». Le suicidé philosophique, lui, ne discourt pas, même pour lui seul — il croit aux vertus du silence —, et c'est muettement qu'il concasse la « réalité empirique » pour en extraire un désespoir véliforme et zingibéracé dont il sert comme d'un cheval-vélo.

(Johannes Zimmerschmühl, Pensées rancies et cramoisies)

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