dimanche 23 décembre 2018

Ambition littéraire


Dire en une prose gloméruleuse toute la souffrance du volucre.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

samedi 22 décembre 2018

Interlude

Jeune fille lisant les Scènes de la vie de Heidegger de Jean-René Vif

Instabilité


Le suicidé philosophique, soumis à l'attraction fatale du nihil, est un être fondamentalement instable : il rappelle ces éléments chimiques, créés en laboratoire, qui se maintiennent seulement quelques centièmes de seconde avant de se désintégrer, et qui avaient pourtant leur case réservée dans le tableau périodique de Mendeleïev 1.

1. Ce dont ne peut se targuer le suicidé philosophique, qui apparaît plutôt — et d'abord à soi-même — comme une « erreur de la nature ».

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Tourbillon de la vie


Autrefois, j'ai connu Ferdousi dans Mysore, mais nous nous sommes, depuis, perdus de vue.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Interlude

Jeune fille lisant la Mathématique du néant de Włodzisław Szczur

Discours silencieux


Un mystérieux isolement, que manifeste jusqu'à leur apparence, met entre les suicidés philosophiques et le vulgum pecus une distance difficile à réduire et qui fait leur force. Ils obligent à l'observation, ils sont par nature « ouverts ». Rien de surnaturel ne les hante. Aucun sacré ne les habite : ils se refusent à tout culte et ne conseillent aucune piété. Ils ne sont pas des symboles : ils ne signifient rien qu'eux-mêmes. Le discours sur le Rien auquel ils invitent reste silencieux ; il naît d'une taciturnité toujours nouvelle, qui surprend d'abord mais qui découle naturellement de ce qu'ils sont, comme qui dirait, « décédés ».

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Grand dessein


Fonder une herméneutique du remords d'être.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

vendredi 21 décembre 2018

Interlude

Jeune fille lisant la Mélancolie bourboulienne de Léon Glapusz

Un ami précieux


Élargissant sans cesse le cercle d'une solitude où il se condense peu à peu en un amas punctiforme, le nihilique en vient à reconnaître dans le taupicide son seul ami véritable. Situé à l'extrême de la taciturnité, le nitrate de baryum qui en constitue la partie principale est placé du même coup aux antipodes de l'homme et de la pensée. On le devine contenir en sa masse impassible la totalité des transformations possibles de la matière, sans rien en exclure — surtout le néant.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Hommage à Jean-Guy Floutier

Nu lisant Philosopher tue de Jean-Guy Floutier

Un magnifique tableau de peinture signé Lucm (exposé sur son blog)

On peut se procurer le livre Philosopher tue ici

Interlude

Jeune femme lisant Forcipressure d'Étienne-Marcel Dussap

Limon noir


Comme le Nil, l'idée du Rien charrie un précieux limon noir : c'est un fleuve nourricier. Et ainsi que l'a souligné Gragerfis : « ce fleuve bienfaiteur, il ne tient qu'à chacun d'en accroître, fût-ce pour une part infinitésimale, les antiques alluvions ». — Comment ? Mais par l'homicide de soi-même !

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Désespérance du peuplier


L'andante convient assez à la désespérance de l'homme du nihil — et à celle, plus feuillue, du peuplier.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

jeudi 20 décembre 2018

Interlude

Jeune femme lisant l'Appel du nihil de Martial Pollosson

Propos d'ivrogne


Quand Parménide affirme qu'il n'est par définition que l'Être, immobile, complet, homogène, et que tout le reste n'est que « variation d'éclat par la surface », on peut à bon droit se demander s'il n'a pas bu. — Et le Rien alors, sentencieux Parménide ? N'est-il pas lui aussi « immobile, complet et homogène » ? — Ô vanité ! ô néant ! « ô aueuglement estrange des hommes, gloriatur in malitia sua ! »

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Déjà jadis


Retiré près d'Antibes à la fin de la guerre, Georges Ribemont-Dessaignes meurt à Saint-Jeannet le 9 juillet 1974.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Interlude

Jeune femme cherchant les Exercices de lypémanie de Marcel Banquine

Diversions


L'homme du nihil arrive parfois à distraire son marasme par la contemplation d'objets insolites ou par des réflexions sur la condition végétale, enfin par la description méticuleuse d'excréments fossiles que les savants nomment coprolithes. De ces divertimenti, il sort pénétré de l'opulente immensité du Rien, mer plate qui recèle un iode puissant dont nul opium ne procure des enchantements aussi variés, aussi recommencés.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Pyrrhonisme malacologique


Échaudé par la félonie du Grand Tout, j'en vins à mettre en doute la réalité de ce mollusque que les naturalistes nomment térébratule.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

mercredi 19 décembre 2018

Interlude

Jeune femme lisant la Nostalgie de l'infundibuliforme de Robert Férillet

L'incertitude qui vient des rêves


D'une indécision maladive, l'homme du nihil, bien souvent, n'est pas capable de statuer s'il est Tchouang-tseu rêvant qu'il est un papillon, ou un papillon rêvant qu'il est Tchouang-tseu, ou encore — hypothèse sans doute la plus probable — s'il n'y a pas plus de Tchouang-tseu ni de papillon que, révérence parler, de beurre au prose.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Règle numéro 13


Camper aux confins du grotesque et de l'arabesque.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Interlude

Jeune femme lisant Prière d'incinérer. Dégoût de Luc Pulflop

Servitude


Le joug de l'haeccéité, qui écrase et oppresse le Dasein, permet à celui-ci d'assez bien imaginer ce que pouvaient ressentir les Poméraniens, les Finnois et les autres races autochtones des contrées soumises au sceptre des Wasa.

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Hypèthre


Hypèthre, du grec hupaithros, découvert, signifie à ciel ouvert, sans toit, en parlant d'un édifice : des temples hypèthres.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

mardi 18 décembre 2018

Interlude

Jeune fille lisant l'Océanographie du Rien de Raymond Doppelchor

Paradoxe


Un jour qu'il était « gonflé à bloc », Lao Tseu aurait, d'après Gragerfis, prétendu que « la vérité c'est l'être, l'erreur le néant ». — Problème de cohabitation avec une belle-mère envahissante ? Fragilité psychologique ? Besoin compulsif d'« épater le bourgeois » ? Peut-on jamais savoir avec certitude ce qui pousse un homme à énoncer un paradoxe ?

(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)

Théorie du pachynihil


La sémantique de l'ennui est dénotationnelle à la Tarski.

(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)

Interlude

Jeune femme lisant les Pensées rancies et cramoisies de J. Zimmerschmühl